‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 96 sur 460 · Jac , V · texte numérisé non relu

Jac , V

sance de la vie présente ; mais personne ne leur a encore contesté l'avantage de l'espérance.

Comparons à cela, je vous prie, les folles espérances du monde : dites-moi, en vérité, chrétiens, avez-vous jamais rien trouvé qui satisfît pleinement votre esprit^? Nous prenons tous les jours de nouveaux desseins, espérant que les derniers réussiront mieux; et partout notre espérance est frustrée. De là l'inégalité de notre vie, qui ne trouve rien de fixe ni de solide, et, par conséquent, ne pouvant avoir aucune conduite arrêtée, devient un mélange d'aventures diverses et de diverses prétentions, qui toutes nous ont trompés : ou nous les manquons (a), ou elles noué manquent [b); nous les^ manquons (c) lorsque nous ne pouvons pas {d) parvenir au but que nous prétendions; elles nous ont manqué [e], lorsque, ayant obtenu ce que nous voulons, nous n'y trouvons pas ce que nous cherchons ; si bien que les plus sages, après que cette première ardeur, qui donne l'agrément aux choses du monde, est un peu ralentie par le temps, s'étonnent le plus souvent de s'être si fort travaillés pour rien.

Et par conséquent, chrétiens, que pouvons-nous faire de mieux que de nous reposer en Dieu seul, que de vouloir ce que Dieu ordonne, et attendre ce qu'il prépare? Pourquoi donc ne cherchons-nous pas cet immobile repos ? pourquoi sommes-nous si aveugles que de mettre ailleurs notre béatitude? Ah f voici, mes frères, ce qui nous trompe; je vous demande, s'il vous plaît, encore

Var. (n) Avons manqiiécs. — {b) Ont manqué. — (c) Avons manquées. — (rf) N'avons pas pu. — (c) Manquent,

1. Déf. continue : « Les hommes acquièrent avec plus de joie qu'ils ne possèdent ; [le dégoût suit bientôt la jouissance. Ain.-i.,.] « Vo^ez à la suite du discours les fragments d'une secomle rédaction.

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