‹ Choix de sermonsChapitre 11 sur 79 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Vous ne l'avez apparemment, chrétiens, jamais bien compris ce désordre dont je parle, vous n'en avez jamais bien connu ni rétendue ni les conséquences : mais je m'assure que vous serez touchés de la simple exposition que j'en vais faire, et qu'elle suffira pour vous en donner une éternelle horreur. Car je prétends que dans Tordre du salut, il n'est rien de plus pernicieux, rien de plus damnable, rien de plus opposé à la loi de Dieu, ni de plus digne des vengeances de Dieu, que le respect humain. Pourquoi cela? Redoublez, s'il vous plait, votre attention. C'est que le respect humain détruit dans le cœur de l'homme le fondement essentiel de toute la religion, qui est l'amour de préférence que nous devons à Dieu. C'est que le respect humain fait tomber l'homme dans des apostasies peut-être plus condamnables que celles des apostats des premiers siècles, contre qui l'Église exerçait avec tant de zèle la sévérité de sa discipline. C'est que le respect humain est une tentation qui arrête dans l'homme l'effet des grâces les plus puissantes que Dieu emploie communément pour le porter au bien, et pour le détourner du mal. Enfin, c'est que le respect humain est l'obstacle le plus fatal à la conversion de l'homme mondain, celui qu'il surmonte le moins, et auque l'expérience nous fait voir que notre faiblesse est plus sujette à succomber. Ai-je eu raison de vous proposer ces quatre articles comme le> plus propres à faire impression sur vos esprits? Quand je n'en apporterais point d'autre preuve que le seul usage di monde, ne suffirait-il pas pour vous en convaincre? Ecoutezmoi, et n'oubliez jamais de si salutaires instructions.

Préférer Dieu à la créature, et. quand il s'agit, non pas dam la spéculation, mais dans la pratique, de faire comparaison m l'un et de l'autre, quand ils se trouvent l'un et l'autre compromis: fouler aux pieds la créature pour rendre à Dieu l'honneii qui est dû. c'est sur quoi roule toute la religion, et c'est d'aborc ce que renverse le respect humain. Car, pourquoi l'appelonsnous respect humain, sinon, dit l'ange de l'école, saint Thomas parce qu'en mille rencontres il nous fait respecter la créature plu: que Dieu? Dieu me fait connaître ses volontés, il me fait intime:

ses ordres; niais l'homme à qui je veux plaire, ou a qui je crains de déplaire, ne les approuve pas; et moi qui dois alors décider, dans la seule vue de plaire ou de ne pas déplaire à l'homme, je deviens rebelle à Dieu : j'ai donc, en effet, plus de respect pour l'homme que pour Dieu ; et quoique je sois convaincu de l'excellence et de la souveraineté de l'être de Dieu, c'est une conviction en idée qui n'empêche pas que réellement et actuellement je ne préfère l'homme à Dieu, Or, dès là je n'ai plus de religion, ou je n'en ai plus que l'ombre et que l'apparence. Et voilà ce que ïertullien reprochait aux païens de Rome par ces paroles si énergiques et si dignes de lui, quand il leur disait : Majori formidi ne Cœsarem observatis guam ipsiim de cœlo Jovem- et citius apud vos per omnes Deos quam per unum Cœsaris gentil m pejeratur. (Tertull) Jupiter est le Dieu que vous servez; mais votre désordre , et de quoi vous n'oseriez pas vous-même disconvenir, c'est que vous considérez bien moins ce Jupiter régnant dans le ciel que les puissances dont vous dépendez sur la terre; et que parmi vous on craint bien plus de s'attirer la disgrâce de César que d'offenser toutes les divinités du Capitale. Reproche mille fois plus capable de confondre un chrétien quand il se l'applique à lui-même, et dont il devrait être effrayé et consterné. Cependant, à combien de chrétiens ce reproche, pris à la lettre, ne convient-il pas? et quel droit n'aurais-je pas aujourd'hui de dire encore dans cet auditoire : Majori for midi ne Cxsarem observatis?

Grâces au Seigneur, qui, par une providence particulière, nous a donné un roi fidèle et déclaré contre le libertinage et l'impiété, un roi qui sait honorer sa religion et qui veut qu'elle soit honorée, un roi dont le premier zèle , en se faisant obéir et servir luimême, est que Dieu soit servi et obéi. Mais si, par un de ces châtiments terribles dont Dieu punit quelquefois les peuples, le ciel nous avait fait naître sous la domination d'un prince moins religieux, combien verrions-nous de courtisans tels que les concevait Tertullien, qui ne balanceraient pas sur le parti qu'ils auraient à prendre, et qui, sans hésiter, et aux dépens de Dieu, rechercheraient la faveur de César? Majori formidine C&sarem observatis.

Sans faire nulle supposition, combien en voyons-nous dès maintenant disposés de la sorte, c'est-à-dire, non pas impies et scélérats, mais prêts à l'être s'il ie fallait être, et si l'être en ef-

fet était une marque qu'on exigeât d'eux , de leur complaisance et de leur attachement? Auraient-ils là-dessus quelque scrupule, ou écouteraient-ils leurs remords et leurs scrupules? la concurrence de la créature et de Dieu les arrêterait-elle? et, emportés par l'habitude où ils sont élevés de se conformer en tout aux inclinations du maître de qui ils dépendent, ne se feraient-ils pas un principe , s'il était libertin, de l'être avec lui, et, s'il méprisait Dieu, de le mépriser comme lui?

Ne remontons pas même jusqu'à celui qui, entre tous les autres maîtres, tient après Dieu le premier rang. A combien de puissances du monde inférieures et subalternes , si j'ose ainsi m'exprimer, ce malheureux respect humain n'est-il pas en possession de rendre, surtout à la cour, une espèce de culte? Et ce culte, qu'est-ce dans le fond, qu'une idolâtrie raffinée, d'autant plus dangereuse qu'elle est plus proportionnée à nos mœurs? Puissance, quoique subalterne, à qui, sans l'apercevoir, on est dévoué beaucoup plus qu'à Dieu, dont on redoute l'indignation beaucoup plus que celle de Dieu, par conséquent, à qui l'on donne cette continuelle mais criminelle préférence qui , dans le cœur de l'homme, élève la créature au-dessus de Dieu. Or, il n'en faut pas davantage pour détruire toute la religion, et, selon la parole du prophète royal , pour l'anéantir jusque dans ses fondements : Exinanite , exinanite usque ad fundamentum in ea. (Psalm. 136.)

Le désordre va encore plus loin-, et, sans demeurer dans le cœur, il se déclare plus ouvertement. Car je dis que le respect humain fait tomber l'homme dans des apostasies , non plus seulement intérieures et secrètes, mais qui, tous les jours, à la honte du nom chrétien , ne sont que trop éclatantes et que trop publiques. Qu'il me soit permis de m'expliquer. Souvenez-vous des irrévérences que vous a fait commettre tant de fois, en présence de cet autel, la crainte d'y passer, ou pour hypocrites, ou pour chrétiens. C'est l'autel du Dieu vivant, mais qui, bien mieux que celui dont parla saint Paul dans l'aréopage, pourrait porter pour inscription : l'autel du Dieu inconnu : Ignoto Deo (Jet., 17), ou, ce qui est encore plus affreux, l'autel du Dieu désho-, noré, du Dieu renoncé. Le voilà cet autel qui demandera vengeance contre vous. Celui que trouva saint Paul dans Athènes, il eut la consolation de ne le trouver que parmi des idolâtres, et celui que je trouve ici, j'ai la douleur de le trouver dans le sein

du christianisme. Saint Paul leur dit : Vous adorez le vrai Dieu , mais vous ne le connaissez pas : Ignorantes colitis; (Act. , 17) et moi je vous dis : Vous connaissez le vrai Dieu , mais vous ne l'adorez pas. Que dis-je? le vrai Dieu, que vous connaissez, vous l'outragez, vous l'insultez ! Ne pas connaître le vrai Dieu que l'on adore, c'est une ignorance en quelque sorte pardonnable, ou du moins plus excusable : mais n'adorer pas le vrai Dieu que l'on connaît, non seulement ne l'adorer pas, mais le connaître et l'outrager, mais le connaître et l'insulter, c'est un sacrilège, une profanation digne de tous les anathèmes. Or, n'est-ce pas là que vous a portés tant de fois le respect humain? n'est-ce pas ainsi, pour parler avec l'apôtre, qu'il a retenu votre religion dans l'injustice? n'est-ce pas ainsi qu'il vous a fait renoncer à Dieu et à son culte?

Car j'appelle renoncer à Dieu et à son culte, assister à l'auguste sacrifice de nos autels en courtisan et en mondain, y assister avec des immodesties dont les plus infidèles mahométans ne seraient pas capables dans leurs mosquées, y assister comme si l'on n'y croyait pas, en faire un terme d'assignation et de rendezvous, en interrompre les sacrés mystères par des entretiens scandaleux. En tout cela, je soutiens, avec saint Cyprien, qu'il y a au moins une apostasie d'action : In his omnibus quxdam apostasia fidei est. (Cyprian. ) Voilà toutefois à quoi vous engage la vue du monde; je dis d'un certain monde impie, dont le dérèglement et la licence vous tiennent lieu de règle. Peut-être en gémissez-vous, car il y en a parmi vous qui ont de la religion : peutêtre, au moment que vous vous laissez aller à ces impiétés, êtesvous les premiers à les condamner, à les détester, à vous dire intérieurement à vous-mêmes, et malgré vous-mêmes, que par là vous vous rendez indignes du nom et de la qualité de chrétiens. Mais parce que le monde vous entraîne, et que vous voulez vous conformer aux usages du monde, vous profanez avec le monde ce qu'il y a dans la religion déplus adorable et de plus divin, \postasies, je l'ai dit et je le répète, qui, comparées à celles des premiers siècles, sont, dans un sens, plus criminelles et moins excusables. Appliquez-vous, et vous en allez être convaincus.

Quand on nous parle de ces malheureux qui, dans les persécutions, oubliaient le serment de leur baptême, et renonçaient extérieurement à Jésus-Christ, nous en avons horreur; et quand

oïi nous dit que l'Eglise , pour punir leur prévarication, les excommuniait, nous ne trouvons pas qu'elle usât contre eux d'une discipline trop rigoureuse. Pourquoi? parce que leur infidélité, répondent les Pères , était un opprobre pour Jésus-Christ même, dont il le fallait venger. Ah ! mes chers auditeurs, faisons-nous justice. Il est vrai, ces faibles et lâches chrétiens qui se pervertissaient à la vue des tourments, et qui feignaient de renoncer à Jésus-Christ, tombaient dans l'apostasie, mais leur apostasie méritait quelque compassion; et quand, touchés de repentir, ils venaient publiquement reconnaître leur crime , et dire chacun ces paroles, que saint Cyprien leur mettait dans la bouche : Caro me in colluctatione deseruit. (Cyprian.) : Je suis un perfide, et je le confesse, mais c'est la chair, et non pas l'esprit, qui a succombé dans moi : Infirmitas viscerum cessit; la délicatesse de mon corps n'a pu seconder l'ardeur de mon courage, et c'est ce qui m'a perdu. Quand ils s'accusaient de la sorte , les larmes aux yeux et le regret dans l'âme, je ne m'étonne pas que l'Église, par une condescendance maternelle, après les avoir éprouvés, leur accordât leur grâce, malgré les maximes sévères des schismatiques de ces premiers temps. Mais aujourd'hui , quand nous renonçons notre Dieu par notre libertinage et nos scandales, qu'avons-nous à dire pour notre défense? et quoi que nous disions, ne peut-on pas nous répondre ce qu'ajoutait saint Cyprien en parlant aux apostats volontaires : Nec prostratus est persecutionis impetu, sed voluntario lapsu se ipse prostravit? (Cyprian.) Car enfin, il ne s'agit plus d'éviter les tourments ni la mort : ce n'est plus qu'un respect humain qui nous gouverne, mais à qui nous voulons bien nous livrer, et qui , par l'ascendant que nous lui donnons sur nous nous fait paraître devant les hommes et par conséquent être devant Dieu des déserteurs de notre religion : In his omnibus quxdam apostasia fidei est.

De là même qu'arrive-t-il? c'est que le respect humain nous rend inutiles les grâces de Dieu les plus puissantes, et les moyens de salut les plus efficaces. Voici ma pensée. On se sent des dispositions à une vie plus réglée et plus chrétienne, mais on n'a pas le courage de se déclarer, et par là ces dispositions demeurent sans effet. On forme des désirs et des projets de conversion , mais on craint les discours des hommes, et par là ces désirs avortent. On conçoit la nécessité de la pénitence, et on se résout

à la faire, mais on ne veut pas que le monde s'en aperçoive-, et parce qu'il faudrait pour la bien faire qu'il s'en aperçut , on ne [a fait jamais. On sort d'une prédication bien persuadé, mais on ne le veut pas paraître; et ne le vouloir pas paraître, c'est dans hi pratique ne l'être point du tout. On fait dans une maladie de sages réflexions, on prend même pour l'avenir de saintes mesures : mais dans l'exécution on croit devoir se ménager à l'égard du public, et par là l'on n'exécute rien. Cette maladie, cette prédication, ces résolutions, ces désirs, ce sont des grâces, soit intérieures, soit extérieures, à quoi , dans le cours ordinaire de la Providence, le salut est attaché; mais une fausse crainte du monde en arrête toute la vertu.

\ est-ce pas là ce qui suspend dans les âmes les opérations divines, et dans les âmes les plus criminelles? n'est-ce pas là l'obstacle le plus ordinaire à mille conversions, qui seraient, par exemple, les fruits salutaires de la parole de Dieu? Un homme dit : Si je m'engage une fois , que n'aurai-je point à essuyer de l,i part de telles et de telles personnes? Une femme dit : Si je romps certains commerces, dangereux pour moi et peu édifiants pour le prochain, quels raisonnements ne fera-t-on pas? On se donne à soi-même de vaines alarmes : si je change de conduite, (pie pensera-t-on, et que dira-t-on? Or, avec cela, il n'y a point de si saintes entreprises qui n'échouent, point de ferveur qui ne si1 démente, point de contrition, de confession, qui ne soient infructueuses. On voudrait bien que le monde fut plus équitable, et qu'il y eût même selon le monde de l'avantage à paraître converti et h l'être; car on sait que c'est le parti le plus sûr, et l'on se tiendrait heureux de l'embrasser : mais la loi tyrannique et impérieuse du respect humain s'y oppose; c'est assez : on aime mieux, en perdant son âme, suivre cette loi, que de s'en affranchir en se sauvant.

Jusqu'à la mort même, ne voyons-nous pas des hommes combattus de cette tentation du respect humain y succomber et s'en raire un dernier prétexte contre tout ce que leur prescrit alors la religion? des hommes prêts à quitter la vie, et sur le point d'aller subir le jugement de Dieu, encore esclaves du monde? des hommes assiégés, comme parle l'Écriture, des périls de l'enfer, et tout occupés encore des jugements du monde; négligeant, rejetant même les derniers secours que l'Église leur présente, difit au moins à s'en servir, parce qu'ils ne veulent pas qu'on

les croie si mol, parce qu'ils comptent pour quelque chose de ne passer pas pour désespérés; et résistant ainsi aux dernières grâces du Saint-Esprit, parce qu'ils ne peuvent gagner sur eux-mêmes, en se séparant du monde, de mépriser et d'oublier le monde? N'en a-t-on pas vu, qui le croirait? après avoir vécu sans foi et sans loi, être assez insensés pour couronner l'œuvre par une persévérance diabolique dans leur impiété , vouloir mourir dans l'impénitence, pour ne pas paraître faibles et pour soutenir jusqu'au bout une prétendue force d'esprit dont ils s'étaient follement et peut-être faussement piqués ; à la vue d'une affreuse éternité, agités des mouvements d'une conscience chargée de crimes, ne pouvoir se défaire de cette malheureuse prévention : quelle idée aura-t-on de moi si la crainte de la mort me fait changer? penser à ce que penseraient d'eux des libertins autrefois confidents et complices de leur libertinage; et, pour n'en pas perdre l'estime, s'endurcir aux remontrances les plus salutaires des ministres de Jésus-Christ qui les conjuraient de ne pas désespérer des bontés d'un Dieu, lequel, quoique offensé, quoique irrité, était encore le Dieu de leur salut? n'en a-t-on point vu, dis-je, mourir de la sorte? et si, par la miséricorde du Seigneur, les exemples en sont rares, en sont-ils moins touchants, et nous font-ils moins connaître à quelles extrémités conduit le respect humain ?

Ah ! chrétiens , je conçois maintenant toute la force et tout le sens de cette parole de Tertullien , quand il disait, par un excès de confiance , qu'il tenait son salut assuré, s'il pouvait se promettre de ne pas rougir de son Dieu : Salvus sum, si non confundor de Domino meo. (Tertull.) Il semble d'abord qu'il réduisait le salut à bien peu de chose , puisque par là il se croyait quitte de tout. Car qu'y a-t-il en apparence de plus facile que de ne pas avoir honte de son Dieu? faut-il pour cela une grande perfection, et est-ce là qu'aboutit toute la religion d'un chrétien? Oui, répond Tertullien, je le soutiens; mon salut est en assurance si je ne rougis pas de mon Dieu : Salvus sum. Cela seul me met à couvert des tentations du monde les plus violentes, parce que cela me rend victorieux du monde et de tout ce qu'il y a dans le monde de plus dangereux pour moi. Car si je ne rougis pas de mon Dieu, je ne rougis pas de tant de devoirs humiliants selon le monde, mais nécessaires au salut selon la loi de Dieu; je ne rougis pas de souffrir un affront sans rr.e venger; je ne rou-

gis pas de pardonner une injure, jusqu'à rendre le bien pour le mal; je ne rougis pas de prévenir même l'ennemi qui m'a outragé : Saluus sum, si non confundor de Domino meo. Si je ne rougis pas de mon Dieu, je ne rougis pas de le craindre, de Phonorer et de le prier; je ne rougis pas d'être respectueux et humble devant lui; patient pour lui, méprisé comme lui. Si je ne rougis pas de mon Dieu, je ne rougis pas de la pénitence et de tout ce qu'elle exige de moi pour me convertir à lui : Salmis sum si non confundor de Domino meo.

C'est ce qui sauva Madeleine. Si elle eut écouté le monde, elle était perdue; si elle eût consulté la prudence humaine, il n'y avait point de salut pour elle; son bonheur et le coup de sa prédestination fut de ne point rougir de son Dieu; elle l'alia trouver dans la maison du pharisien, et, au milieu d'une nombreuse compagnie, prosternée aux pieds de Jésus-Christ, elle les arrosa de ses larmes, elle les essuya de ses cheveux, elle méprisa tous les mépris des hommes, et, peu en peine de ce qu'on dirait, elle ne pensa qu'à trouver grâce auprès de son Sauveur, et devant le seul maître à qui désormais elle voulait plaire. Sans cela, le moment de sa conversion lui échappait; sans cela, le sein de la miséricorde divine lui était fermé. Pour y entrer, il fallait triompher de ce respect humain dont je viens de vous représenter l'indignité et le désordre , et dont il me reste à vous faire voir le scandale : c'est la troisième partie.

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