DEUXIÈME PARTIE
Que notre religion soit sainte , et même de toutes les religion la plus sainte , disons mieux , et même de toutes les religion Tunique vraiment et parfaitement sainte , c'est un principe , chré tiens , que j'ai déjà établi dans un discours exprès sur cette ma tière, et qui, selon mon dessein, ne demande point ici denou velles preuves pour vous en convaincre ; elle est sainte dans soi auteur, sainte dans ses maximes, sainte dans ses préceptes et se conseils , sainte dans ses mystères , sainte en tout ; car c'est ains que le Saint-Esprit nous l'a représentée toute pure et sans tache et voilà l'idée que je vous en ai donnée moi-même et que vou en avez dû concevoir. Ceci donc posé, j'ajoute une autre vériti non moins certaine ni moins indubitable, que de toutes les qua lités , et de toutes les prérogatives qui relèvent la religion d< Jésus-Christ que nous professons , il n'en est point de plus excel lente , ni par conséquent de plus glorieuse que sa sainteté : pour quoi? parce que c'est par sa sainteté qu'elle est digne de Dieu parce que c'est sa sainteté qui la rend agréable à Dieu ; para qu'entre tous les témoignages, nul autre que sa sainteté m montre plus infailliblement, ni même si infailliblement qu'ell* est de Dieu. Dans cette religion Dieu a renfermé tous les dons le don des miracles, le don des langues, le don de prophétie le don de science, le don de sagesse, et les autres dont sain Paul nous fait le dénombrement; mais avec ces dons, si ce n'é tait une religion sainte, dès là elle serait réprouvée de Dieu, e indépendamment de ces dons, elle serait toujours selon le gr de Dieu , dès qu'elle serait sainte. D'où il s'ensuit que ce qu honore davantage la religion , c'est ce qui fait plus éclater sa sain teté, parce que c'est ce qui la rend plus vénérable,
Or il est constant que ce qui fait plus paraître la sainteté d notre religion , c'est la sainte vie de ceux qui la professent. Cai pour appliquer ici la figure de l'Évangile, on juge de l'arbre pa ses fruits: s'il produit de bons fruits, on connaît que c'est u
bon arbre, Arbor bona facit fructus bonos. La sainteté des effets marque la sainteté du principe qui les opère; et il faut qu'une religion soit sainte pour avoir la vertu de sanctifier. Ce n'est pas après tout qu'elle ne puisse être sainte en elle-même, sans que ceux qui en portent le nom et qui s'en déclarent les sectateurs acquièrent la même sainteté. Car, bien qu'ils y soient attaches par un engagement de parole et de foi, la perversité de leur cœur peut les en détacher dans la pratique par une criminelle et volontaire corruption de mœurs. Ils peuvent croire ses vérités, ils peuvent admirer ses maximes, ils peuvent même déjsirer sa perfection d'un désir inefficace et de pure complaisance, tandis qu'entraînés par le poids de la nature, et emportés par l'ardeur des passions auxquelles ils se laissent gouverner, ils virent tout autrement qu'ils ne croient, et suivent des maximes outes contraires. Le désordre de leur vie vient de leur volonté |iii se dérègle, et non point de leur religion qui n'en est en soi pas moins parfaite; et voilà la juste et solide réponse à ceux qui i nuiraient s'en prendre à la religion chrétienne des vices qui retient parmi les chrétiens. Tout cela est incontestable; mais enin il faut toujours avouer que ce qui donne plus de lustre à la jlainteté d'une loi, c'est la sainteté de ceux qui l'ont embrassée. ifare saint et paraître saint, ce sont deux choses toutes différentes. ËVêtre sainte , c'est ce que la loi évanglique a de son fonds , ou le qu'elle a reçu de Dieu: mais de paraître sainte, d'être estimée lainte, d'être révérée comme sainte, c'est ce qu'elle peut recelloir de nous et de notre sainteté; comment? parce que notre Biinteté sera le témoignage visible et irréprochable de la sienne. I Si donc, mes chers auditeurs, nous voulons l'honorer sous ptte précieuse qualité de sainte , qui lui est si légitimement ac- Buise, et qui fait un de ses plus beaux ornements, nous ne le ■nivons mieux qu'en travaillant à notre propre sanctification. I it c'est pour cela que saint Paul recommandait tant aux fidèles | r se rendre irrépréhensibles dans toute leur conduite . et de faire I li sorte que les païens et les idolâtres ne trouvassent rien à centrer en eux : persuadé qu'il était que rien ne relèverait davan- • |ge la gloire du christianisme, et ne contribuerait plus à le répudie dans toutes les parties du monde. C'est pour cela qu'il IJhortait si expressément ces mêmes fidèles à pratiquer le bien, n»n seulement devant Dieu, mais devant les hommes, afin que I fionneur en rejaillit sur la religion qui le leur enseignait, et qu'elle
en devînt pins respectable. C'est pour cela que tous les Pères de l'Eglise se sont tant appliqués à entretenir dans ceux qu'ils instruisaient l'innocence et la pureté de la vie , et à n'y rien souffrir contre l'édification publique : ayant eu vue , outre le salut de chaque particulier, l'avantage qu'en tirerait tout le corps de la religion, et le crédit où elle s'établirait. C'est pour cela que toutes les nouvelles sectes , toutes les hérésies , ont toujours affecté un air de réforme et un extérieur de régularité , par où elles se sont insinuées dans les esprits, et elles ont fait de si tristes progrès. - Aussi quand saint Augustin , parlant aux infidèles , voulait exalter la religion chrétienne et leur en donner une haute idée , il leur faisait considérer les chrétiens : et voilà ce qui tant de fois a touché les plus grands ennemis de l'Évangile et ses plus cruels persécuteurs. Quand ils voyaient parmi le troupeau de Jésus- Christ tant d'équité et de droiture , tant de candeur et de bonne foi , tant de piété et de retenue , tant d'union et de charité , tant de force , de patience , de désintéressement , tant de vertus , ils ne pouvaient refuser à une religion qui formait de tels hommes les éloges qui lui étaient dus , et que leur arrachait , comme malgré eux , la vérité dont ils étaient témoins. Voilà par où tous les saints l'ont honorée, tant de saints ecclésiastiques, tant de saints religieux , tant de saints solitaires , tant de saints de tous les états,' et de toutes les conditions. Nous avons la même foi, nous en avons reçu les mêmes avantages , nous eu attendons les mêmes récompenses : qui peut nous dispenser d'avoir pour elle le même zèle, et de lui procurer le même honneur?
Mais qu'est-il arrivé dans le cours des siècles, et que voyonsnous dans le nôtre, plus qu'on ne le vit jamais? C'est que nous avons dégénéré, et que nous dégénérons tous les jours de cette première sainteté qui faisait autrefois fleurir le christianisme, et dont ses défenseurs se servaient pour en inspirer l'estime et pour l'autoriser. Regardez, disait Tertullien pour sa justification et pour celle de ses frères attaqués de toutes parts , et exposés à toute la violence des tyrans, regardez comment nous vivons, et vous ne mépriserez pas ce que nous croyons. Il n'y a entre nous ni fraude, ni injustice; il n'y a ni traîtres, ni scélérats. Vous avez dans vos prisons des chrétiens; mais leur seul crime, c'est le nom qu'ils portent et la profession qu'ils en font. Hors de n que pouvez-vous dire contre eux, et de quoi les pouvez-vous accuser? Nous nous assemblons, mais seulement pour invoquer
notre Dieu; et nos prières presque continuelles sont suivies des exercices d'une sainte pénitence. Du reste, quel tort faisonsnous à personne, et quelle charité même n'exerçons-nous pas envers tous? A quels devoirs manquons-nous? Jugez donc, coneluait cet ardent apologiste, jugez par notre vie qui nous sommes ; et de ce que nous sommes, jugez quelle doit être cette foi par qui nous le sommes. Telle était la règle qu'il donnait pour bien connaître la religion chrétienne , et pour en faire voir l'excellence. Mais à s'en tenir maintenant et précisément à cette règle, au lieu que c'était alors la gloire de la religion, n'en serait-ce pas, Jans l'état présent du christianisme , la honte?
Je l'ai dit, et je ne puis trop le répéter, ni trop fortement vous l'imprimer dans l'esprit : il y a, selon la belle remarque de IVrtullien, et celle d'Arnobe après lui, il y a entre les fausses vl igions du paganisme et la religion chrétienne cette différence essentielle , que dans le paganisme ceux qui étaient bons et veruen\ ne l'étaient point par religion , puisque au contraire les religions païennes ne portaient qu'aux vices, et en donnaient dans enrs prétendues divinités les exemples. De sorte que tous les jlésordres qui se commettaient parmi les païens, on pouvait les jittribuer à leur religion, ou plutôt à leur superstition, sans lui pouvoir rien attribuer de toutes les vertus qui se pratiquaient, '.lais, par un privilège directement opposé, tout ce qui se fait de lien dans le christianisme doit tourner à l'honneur de la religion hrétienne, puisque c'est elle qui l'ordonne et qui le persuade : i t rien de tout ce qui se fait de mal ne doit tourner à sa confuion, puisqu'elle est la première et la plus rigoureuse à le défen- |re et à le condamner. C'est ainsi, mes frères, qu'il en devrait jtre; mais nous savons néanmoins que par la malignité des esprits il en va tout autrement. On a toujours voulu, et l'on veut bujours quoique injustement, que notre foi soit responsable de •tre mauvaise conduite. Et quel avantage, en effet, pour les bertins, lorsqu'ils voient au milieu du peuple chrétien, et armi nous, les trahisons et les perfidies, les inimitiés et les engeances, les débauches et les impudi cités? Je dis parmi nous; ir prenez garde, s'il vous plaît : qui sont ceux qui scandalisent i foi que nous professons, et qui la déshonorent par les excès les dérèglements de leur vie? Sont-ce les hérétiques? Dès nïls se sont séparés de sa communion, elle n'entre plus en rien Ile tout ce qui vient de leur part, et n'y prend plus d'intérêt.
Elle ne se glorifie point, dit Tertullien, de leurs bonnes œuvres et de leurs vertus apparentes -, mais aussi depuis le grand scandale qu'ils lui ont causé en l'abandonnant , de quelque manière qu'ils se comportent ils ne sont plus capables de lui en causer d'autres : Nec vitiis inquinatur, nec virtutibus coronatur. (Tertull. ) Il n'y a que, nous, mes chers auditeurs, qui puissions dans l'opinion des hommes la relever ou la rabaisser, la couronner de gloire ou la charger de confusion. Soyons saints comme elle et selon elle, la voilà dans le plus haut point de son crédit. Mais si nous violons toutes ses règles , mais si nous traitons son culte avec de scandaleuses irrévérences, mais si nous allions, ou si nous prétendons allier la pureté de sa morale avec la contagion du siècle , avec les excès de la passion , avec les cupidités de la chair, avec le goût du plaisir et des voluptés sensuelles, c'est alors qu'elle tombe dans le mépris, et, si j'ose dire, dans L'ignominie.
Or n'est-ce pas là que nous la réduisons? N'est-ce pas à quoi nous l'exposons , et n'est-il pas à craindre qu'il en soit de l'Eglise de Jésus-Christ comme il en fut de Jérusalem , lorsque ses ennemis , la trouvant toute dépeuplée et déserte , lui faisaient les plus cruelles insultes : Hxccine est urbs perfecti decoris (Thren., 2)? Est-ce là cette Église jadis si florissante et si belle ? Cette Eglise qui remplissait le monde de l'éclat de ses vertus et de l'odeur de sa sainteté; cette Église qui sanctifiait les villes, les provinces, les empires; cette Eglise qui consacrait les solitudes et les déserts, qui formait les apôtres, les martyrs, les confesseurs , les vierges? Hxccine est? Est-ce là elle, et en quel état l'a percevons-nous? Qui Ta ainsi défigurée, et quels traits y pouvons-nous découvrir de son ancienne splendeur? Facti sunt filii perdUi. (Ibid., 1.) Ses enfants, qu'elle avait élevés dans son sein, qu'elle avait instruits à son école, qu'elle avait éclairés de toutes ses lumières, et pourvus de ses secours les plus puissants, sont devenus des enfants de perdition. Manum sucim misit hostis adomnia desiderabilia ejus. (Thren., 1.) Elle avait toujours combattu le péché comme son ennemi capital , elle l'avait tant de fois vaincu et banni des cœurs où il s'était établi : mais il a repris sur elle tout l'avantage qu'elle lui avait enlevé. Il a répandu son venin sur tout ce qu'elle avait de plus cher, de plus sacré, et qu'elle conservait avec plus de soin. Il n'a pas même épargné les ministres de ses autels, et la dépravation est générale. Faut-
il s'étonner qu'elle en ressente une vive douleur, et qu'elle soit plongée dans l'amertume ! Et ipsa oppressa amaritudine. (Ibid.) Elle adresse sur cela ses plaintes à son Dieu et à son époux ; elle lui représente sa peine : Voyez, Seigneur, lui dit-elle, considérez l'affliction où je suis , et le décri où m'ont mis ceux-là mêmes que je portais entre mes bras, et à qui j'avais communiqué vos dons les plus précieux pour en profiter : Vide, Domine, et considéra quoniam facta sum vitis. (Ibid.) Mais tandis qu'elle gémit et qu'elle se plaint, elle est toujours en butte aux railleries et aux sanglants outrages des impies, des athées, des partisans de l'hérésie, qui ne l'envisagent qu'avec dédain, et qui se jouent de ses plus pieuses observances. Viderunt eam, et deriserunt sabbata ejus : quoniam viderunt ignominiam ejus.
Voilà, dis-je, ce que nous attirons à l'Église du Dieu vivant, et voilà à quoi nous ne donnons que trop d'occasion. Ce n'est pas qu'il n'y ait encore des âmes fidèles dont la piété, dont la vie régulière et sainte peut faire honneur à la religion; et à Dieu ne plaise que je leur refuse les justes éloges qui leur sont dus ! Il y en a dans le clergé, il y en a dans le cloître, il y en a même parmi les grands et parmi les petits : car il a été de la bonté de Dieu de ne pas laisser prendre au vice un empire si universel que la ruine de son peuple fût entière : et il a été de sa sagesse et de son adorable providence , pour la conviction des uns et pour leur condamnation, de conserver toujours dans le christianisme et dans tous les ordres , dans tous les rangs du christianisme , certains exemples. C'est la consolation de l'Eglise, et là-dessus nous pouvons lui dire comme le prophète disait à Jérusalem : Consola mini, consolamini. (Isai. , 40.) Sainte Mère, soutenez-vous dans votre affliction, et consolez-vous : malgré vos pertes, voici encore de dignes enfants qui vous restent, et qui peuvent en quelque sorte vous dédommager : Consolamini. Mais que dis-je, chrétiens! et qu'est-ce que cette consolation, si nous observons bien deux choses : premièrement la multitude presque infinie des pécheurs qui déshonorent leur foi, et qui, saus la renoncer peutêtre d'esprit et de cœur, la renoncent dans la pratique et par leurs actions criminelles; secondement l'injustice des hommes, surtout des ennemis de la vraie religion, qui ferment les yeux à tout ce qu'il y a d'édifiant pour n'en être point touchés, parce qu'ils ne le veulent pas être , et qui ne les tiennent ouverts qu'aux scan-
dales, dont ils font le sujet de leurs discours injurieux, et où ils appliquent toute leur réflexion?
Carne dois-je pas aujourd'hui reconnaître dans le christianisme ce que le prophète royal avait déjà depuis si longtemps reconnu dans le judaïsme ; et faut-il qu'un prédicateur de l'Evangile en soit réduit à l'aire publiquement cet aveu! Omnes declinaverunt. (Ps. 13.) Tous se sont égarés; ils ont tous quitté les voies de la sainteté qu'on leur avait tracées et où ils étaient appelés, pour s'engager dans leurs voies propres , dans la voie de leur ambition, dans la voie de leur intérêt, dans la voie de la passion qui les domine. Oui, tous, ils se sont ainsi livrés au péché, omnes : c'està-dire qu'entre eux le plus grand nombre est celui des pécheurs; c'est-à-dire que pour un juste qui se sépare de la multitude, nous pouvons compter mille pécheurs ; c'est-à-dire que partout et quelque part que nous portions la vue, rien presque ne se présente à nous que des pécheurs : pécheurs de tout âge , de tout sexe , de tout caractère et de toute espèce ; pécheurs superbes et orgueilleux, pécheurs mercenaires et avares, pécheurs dissimulés et vindicatifs, pécheurs violents et emportés, pécheurs malins et médisants; ainsi des autres. Omnes declinaverunt. Encore s'ils savaient , dans leur iniquité , se prescrire de certaines bornes , et demeurer dans les limites d'une certaine pudeur : mais y a-t-il rien dans les plus sales passions de si infect et de si honteux où ils ne se laissent entraîner? N'est-ce pas là même de tous les vices celui qui leur est devenu le plus commun, celui où ils se plongent plus promptement, celui où ils vivent plus habituellement, celui dont ils reviennent plus rarement , celui dont ils rougissent moins, dont ils se font moins de scrupule et moins de peine , dont ils se glorifient quelquefois plus hautement? Corrupti sunt. (Ps. 13. \ Je n'oserais m'expliquer davantage, et je les renvoie au témoignage de leur conscience pour penser en eux-mêmes (si cependant il n'est pas plus à propos qu'ils effacent absolument de leur esprit ces infâmes idées , à moins que ce ne soit un sentiment de pénitence qui leur en retrace un souvenir général ) , pour penser, dis -je, en eux-mêmes, et pour se dire à eux-mêmes en quels abîmes de corruption et à quelles abominations la sensualité qui les gouverne les a conduits : Abominabiles facti sunt. (Ibid.) Ah! mes frères, Jésus-Christ, notre législateur et notre maître, fut moqué , fut insulté , fut outragé dans sa passion : mais, comme nous la renouvelons par le péché, cette passion si ignominieuse,
je puis bien conclure avec l'éloquent Salvien que nous en renouvelons tous les opprobres , et qu'ils retombent sur la sainte loi que ce divin Sauveur est venu nous enseigner. In nobis opprobriiun patitur Christus. (Salv. )
Il est vrai , et il en faut toujours convenir, que parmi tant d'ivraie semée dans le champ de l'Eglise, il y a quelque bon grain. Je sais qu'il se trouve encore dans la religion chrétienne quelques chrétiens capables d'en soutenir l'honneur. Mais estce sur eux que le libertinage attache ses regards ? Est-ce au bien qu'ils font , est-ce aux exemples qu'ils donnent et aux vertus qu'ils pratiquent que le monde se rend attentif? Dans une société, dans une compagnie, un homme scandaleux fait plus d'impression sur les esprits que tous les autres ensemble, quelque réglés qu'ils puissent être.
Finissons, mes chers auditeurs, et fasse le ciel que ce discours rallume tout votre zèle pour le soutien de votre foi et pour sa gloire. C'est ainsi que, sans passer les mers et sans porter l'Évangile à des peuples éloignés , vous pouvez participer au ministère des apôtres. IVe détruisons pas dans le seiu de l'Église ce que d'autres bâtissent au milieu de l'idolâtrie : et tandis que des ouvriers infatigables vont chercher des nations barbares, et leur inspirer le respect de nos saints mystères . ne les avilissons pas dans l'esprit même des fidèles , et ne leur donnons pas lieu d'en être moins touchés. Nous sommes si sensibles à l'honneur d'une famille où nous avons pris naissance , si sensibles à l'honneur d'un corps où nous avons été associés comme membres, ne le serons-nous point à l'honneur d'une religion où nous avons été si heureusement régénérés, à qui nous sommes si étroitement engagés, par qui nous avons reçu tant de grâces, et dont nous attendons encore une couronne immortelle ? Car si nous sommes , selon l'expression de l'apôtre, par la sainteté de nos mœurs, la joie et la couronne de notre religion. Gaudium meum et corona mea, elle sera la nôtre; et autant que nous l'aurons honorée en cette vie, autant serons-nous glorifiés dans l'éternité, que je vous 1 souhaite, etc.