‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 105 sur 124 · YÉ'NUS ET ADONIS BLESSÉ · texte numérisé non relu

YÉ'NUS ET ADONIS BLESSÉ

TahleaiL delà Galerie du comte de Stafford^ peint sur toile Hauteur 5 pieds 2 pouces , largeur 2 pieds 6 pouces.

Luc Cambiasi , dit le Cangîage, né à Moneglîa dans les étals de Gênes , fut élève de son père. La nature Favoit fait peintre , et dès son jeune âge tout fut mis en usage pour développer ses heureuses dispositions. Il alla à Rome et à Florence étudier Raphaël et Mlcliel- Ange.

Après la mort de sa femme , il devint passionnément amoureux de sa belle-sœur. Afin d'obtenir du Pape Grégoire XIîT , la dispense nécessaire pour Fcpouser , il exécuta deux beaux tableaux qu'il présenta à S. S, avec un placet. Sa requête n'ayant point été écoutée, il profita de l'offre que lui fit Philippe 11 , roi d'Espagne , de venir s'établir à Madrid, dans l'espoir qu'un jour, par l'intercession de ce prince , il obtiendroit du Pape çe qu'il désiroit avec tant d'ardeur. Mais un seigneur accrédité lui ayant laissé entrevoir qu'une telle demande scandaliseroit Philippe II , et lui feroit probablement perdre ses bonnes grâces 3 Cambiasi mourut de chagrin peu temps après.

Doué d'une imagination vive et d'une facilité sur-^ prenante, Cambiasi produisit une quantité considérable de tableaux et de dessins. Ces derniers, que les amateurs recherchent , furent presque tous détruits par i^a femme et sa servante qui ne se faisoient aucun scrupule de les employer aux usages les plus vils. Oi^ \và a vu exécuter les plus grands tableaux sans avoir fait atiçu!;!^

élude préparatoire : son pinceau sembloît suivre sa^ pensée. Un dessin correct, des raccourcis bien entendus , un coloris vague ; mais agréable constituent son' talent. Il eut, comme la plupart des peintres , trois pianières différentes. Sa première était gigantesque , et séloîgnoit trop de la nature. Sa seconde fut plus étudiée : il arrêtoit alors sa pensée par des dessins et des cartons. Enfin, sa dernière nest qu'une pratique expéditive et maniérée. On a reprocbé à plusieurs de ses ouvrages de manquer de grâce dans la composition, de légèreté dans la toucbe , et d'un beau choix de nature. Quoi qu'il en soit , ce peintre est mis avec raison à la tête de Fécole Génoise.

Malgré le grand nombre de tableaux sortis du pinceau de Luc Cambiasi , on en rencontre peu dans les grandes collections de TEurope. Le Musée royal de France , celui de Di*esde , la Galerie impériale de Vienne et autres très-célèbres , n'en contiennent aucun. Celui que possède M. le comte de Stafford fit jadis partie de la collection du Palais-Royal.

Le sujet s'explique de lui-même : Adonis blessé , expire dans les bras de Yénus. L'Amour en pleurs, considère le malheureux objet des tendres soins de sa mère. Ce groupe intéressant est d'un effet harmonieux, d \m pinceau large et moelleux et d'un bon coloris.

Çe tableau a appartenu à Lord Melfort avant de passef dans la galerie d'Orléans. Malgré qu'il n'ait été porté qu'à 800 fr. dans ^inventaire estimatif de cette dernière galerie, il est une des peintures remarquables fie la riche collection du comte Stafford. G. H. Leçillain Fa gravé pour la Galerie du Valais Royal,

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