ADORATION DES BERGERS
Tableau de la Galerie de Lucien Bonaparte ^ sur toile* Figures de petite proportion,
J. Stella naquît à Lyon en iSgô , de parens d'origîne flamande y et mourut à Paris en 1657. François, son père , qui peignoit le portrait et le paysage , lui enseigna les premiers élémens de son art. Le jeune Stella devint en peu de temps si habile , disent plusieurs biographes, qu'âgé seulement de neuf ans , lorsqu'il perdit son père , il put continuer seul ses études. Ce fait nous paroît plus que douteux Fëlibien ne le rapporte pas, et cependant cet écrivain s'est plu à nous donner tous les détails qui sont venus à sa connoissance sur la vie et les ouvrages de Stella, dont il fut le contemporain.
A vingt ans, J. Stella fit le voyage d'Italie* Ils'arrêta d'abord à Florence où il fut employé par le grand duc Cosme de Médicis , qui le gratifia d'une pension égale à celle qu'il faisoit à Callot -, sans doute à cause de la ressemblance du talent des deux artistes , comme peintres et comme graveurs. Après sept ans de séjour dans cette ville , il alla à Rome , but de son voyage. Là il étudia l'antique et Raphaël , fit connoissance du Poussin avec lequel il vécut dans Tintlmité , profita des conseils et des lumières de ce grand peintre , marcha sur ses traces , et , jusqu'à un certain point , parvint à imiter sa manière*
La réputation de Stella ayant pénétrée jusqu'en Espagne, S. M. Catholique l'appela à sa cour j mais comme il se disposoit à partir , il en fut empêché par une affaire fâcheuse que la méchanceté de quelques en^
vieux luî suscita ^ son innocence ayant été bientôt reconnue, Stella fut rendu à la liberté, et ses calomniateurs fouettés publiquement. Six mois après , Stella suivit le maréchal de Créqui qu'on venoit de rappeler de son ambassade à Rome. Ils visitèrent ensemble les principales villes dltalie. A Milan , notre peintre reçut Faccueil le plus flatteur du cardinal Albornos : celui-ci lui proposa la direction de l'Académie de peinture , fondée par saint Charles. Stella refusa , et se rendit à Paris avec le maréchal, A son arrivée dans cette ville , J. F. de Gondi , archevêque de Paris , lui procura des travaux et le fît connoître du cardmal de Richelieu. Ce ministre ayant pris en affection là personne et les talens de Stella , le présenta à Louis XÏII , qui le reçut pour son premier peintre , lui fit donner une pension de mille francs, un logement aux galeries du Louvre ; et le décora, en 1645, de Tordre de Saint-Michel.
Les ouvrages de Stella ont la sagesse de ceux du Poussin j mais cette sagesse est froide. On y cherche en vain cette âme, ce génie qui vivifioienl ceux de son ami. Son dessin , quoique souvent de pratique , est assez correct 5 ses draperies tiennentde la simplicité antique j son coloris est brillant , mais de convention , et un peu crud y enfin ses couleurs locales sont peu caractérisées. Ses ouvrages les plus estimés sont ceux où il a représenté des scènes pastorales et des jeux d enfans. 11 a beaucoup mieux réussi en petit qu'en grand, et ses tableaux de petite proportion sont des chefs-d'œuvre d'esprit et de grâce. Celui de TAdoration des Bergers dont nous donnons le trait , est une nouvelle preuve de son aptitude à peindre des sujets de ce genre dans une telle dimension. Ce tableau n'a point été gravé.
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