LES SAINTS PROTECTEURS DE LA VILLE DE BOLOGNE
Tableau de la galerie de Lucien Bonaparte ^ peint sur cuipre. Figures de petite proportion.
Oljligé de traiter un sujet dont les données premières ne dévoient pas varier, le Guide a du moins eu l'avantage d'y pouvoir manifester ce goût pur , ce sentiment de la beauté que l'on retrouve dans ses moindres ouvrages. Il a gardé un sage milieu entre une simplicité trop nue et une magnificence que l'on auroit pu appeler de l'afféterie. Dans cette réunion de Saints, qui n'ont aucune action à exprimer, on discerne au moins chacun d'eux, plus encore au caractère de sa téte qu'à ses attributs. Le prélat à droite se fait reconnoître facilement pour Saint Cbarles Borrommée , ce pieux archevêque de Milan qui montra une charité si courageuse, dans des jours désastreux; derrière lui est Saint Georges, avec les attributs qui désignent un guerrier. Saint François placé dans le centre du tableau , a toute l'expression que le sujet pouvoit comporter. Saint Pétrone à genoux du coté gauche, et Saint Dominique debout derrière lui, forment un groupe heureux qui ]}alance ])ien, sans trop de symétrie celui des autres Saints. La figure placée entre Saint François et Saint Charles, est probablement celle de l'habitant de Bologne, pour qui ce tableau fut exécuté. ^
La partie céleste mérite d'autant plus d'éloges , qu'elle difiere essentiellement d'une autre composition exposée pendant quelques années dans le musée de Paris, dans laquelle le Guide a représenté 1q même sujet, Ce der-
nier talileau n'a pas moins de 21 pieds de haut^ sut 10 pieds et demi de large ^ et les figm^es ont 9 pieds de pro]3oriion ; mais au lieu d'y grouper avec grâce comme dans celui-ci^ la Vierge et l'enfant Jésus au milieu d^un cortège de petits Anges, qui descendent sur un arcen -ciel 5 le Guide eut l'idée bizarre d'y représenter le Christ mort et pleuré par sa mère. Le marchand de tableaux le Brun a écrit que s'il eut possédé celui dont nous parlons j il l'auroit coupé pour en faire deux, et qu'ils y auroient gagné l'un et l'autre. Critique aussi sévère que juste, et qu'il seroit impossible d'adapter au tableau dont nous donnons le trait.
Nous ne connoissons de ce dernier qu'une gravure médiocre, peu terminée, et sans nom d'auteur, mais évidemment faite en Italie , peut-être même pendant la vie du Guide. Elle diffère du tableau , en ce que Ton y voit de plus Saint Florien , appuyé d'une main sur la garde de son épée et de l'riutre l^enant une palme.
Dans son voyage en Italie , le célèbre J. J. Barthélémy parle d'un autre tableau du Guide, exécuté en i63o, à l'occasion de la cessation de la peste dont la ville de Bologne fut affligée. Il étoit alors exposé dans le Palazzo publico. Peint d'abord sur soie et servant de guidon, il fut ensuite collé sur toile. Les saints désignés comme protecteurs de la ville de Bologne , sont au nombre de sept \ Saint François , Saint Pétrone et Saint Dominique sont les seuls du tableau ici gravé que le Guide ait conservés. Il leur a joint Saint Procule, Saint François Xavier, Saint Ignace, et Saint Florien. Dans les deux tal^leaux , les groupes célestes n'offrent pas de différences sensibles , nous ne croyons pas que ce dernier ait été gravé non plus que celui qui se voypit au Musée du Louvre.