LA PURIFICATION DE LA VIERGE
Tableau du Musée impeYial de Kienne , -peint sur bois,
ITatitour 4 pieds 3 pouces G ligne» , largeur \ pieds ii pouces.
Baccîo délia Porta , plus connu sous le nom cîe ii ère Bartlieîemy Je Saint-Marc^ fut contemporain de Raphaël} et, plus âgé que lui de quatorze ans , il Faida de ses conseils, lui apprit l'art de draper et celui d'employer les couleurs. Baccio, à son tour ^ apprit de ce grand homme les règles de la perspective.
On lui accorde généralement d'èfcre le premier qjii plaça des draperies véritables sur des modelés; en étudia les effets; s'aperçut qu'elles ne forment jamais de plis ni d'omhres sur les parties les plus saillantes ; rendit enfin avec vérité l'Irrégularité et les accidens de lumière fjue les plis donnent à leur liaison. On lui doit aussi l'invention du mannequin à ressorts , dont on abusa tellement dans la suite , en le substituant an modèle vivant , que l'on ne sauroit dire si cette découverte fut pbis utile que luiisible. Les artistes cessèrent dès lois de consulter la nature , méconnurent sa variété; et se formèrent un style maniéré qui n'offrit plus que des beautés de convention. Mais occupons-nous de notre tableau.
Le frère Barthélémy peignit deux fois le sujet de la Pmûficatiofi , et sans autre différence que la dimensioa:
des figures. Le tableau qui nous occupe décoroit Fautel de la cbapelîe du noviciat des Dominicains de Saint- Marc à Florence. Le grand duc Pierre Léopold, après en avoir fait l'acquisition en 1781 , le comprit, l'année suivante , dans un échange d'ouvrages d'ai^t qu'il fit avec la cour de Vienne.
L^autre tahJeau , d'une plus petite dimension , est un peu faible sous le rapport de l'exécution. Il fut peiuf; en i5i6 y une année seulement avant la mort du frère Barthélémy. Les religieuses du coiivent de Saint- Jean , de Fordi e de Malte à Florence , qui le possédolent , le vendirent au grand-duc en 1 786 j celui-ci le leur paya 35o écus ( environ 1900 francs ) , et le fit placer dans la tribune de la galerie de Florence , ou 11 se voit aujourd'hui.
Dans ces deux tableaux , dont la composition est absolument semblable^ le sujet s'explique de lui-même et avec netteté ; les figures ont de la noblesse , de la grâce , de réimpression ; les draperies amples et terminées avec soin , justifient la haute opinion qu'on doit avoir du talent de Baccio délia Porta dans cette partie de l'art -, enfin , le coloris , sans être fort recherché , offre ime harmonie générale , et ce que l'on est convenu d'appeler une couleur historique. Le seul reproche que mérite l'artiste est d'avoir blessé les convenances en plaçant sur l'autel une statue de Moïse. On sait que les Juifs ne souffrolent dans leurs temples ni figures , ni portraits.
Cette composition a été gravée deux fois : en 1771 par Jtug, Campanello , et postérieurement par Massard , de l'ancienne académie de France , mais dans une moindre proportion.