VÉNUS COUCHÉE
Tableau de la galerie de Florence , peint sur toile»
Environ 3 pieds ^ 8 pouces cle haut sur 5 pîeds de large.
La galerie cle Florence possède deux tableaux du Titien^ représentant Vénus couchée. L'un , connu sous le nom de la Vénus au Hibou^ sera FoLjetde Fartlcle suivant; l'autre, dont nous nous occupons et qui est le plus parfait des deux? passe pour être le portrait d'une femme aimée du duc d'Ur])in. Il y a lieu de croire que le Titien exécuta ce taÎ3leau vers i543 , époque ou il peignit le portrait de la duchesse d'Urbin , qui se voit également dans la galerie de Florence. Il suffit de considérer la grande uniformité de style , la manière dont les chairs sont traitées , et l'introduction du petit chien qui fut évidemment copié dans i'un et l'autre tableau, d'après le même modèle, pour être convaincu que ces deux peintures furent exécutées dans Je même temps et dans le même lieu.
Le Titien n'ayant pas eu l'intention de peindre la mère des amours , on ne doit pas être étonné de n^ipercevoir près de cette charmante figure aucun des attributs qui la caractérisent. Quoiqu'il en soit, son attitude et son expression voluptueuses , sa beauté surprenante motivent assez le nom de Vénus qui lui a été donné, pour que le spectateur ne soit pas tenté de le lui oter , quand même le véritable personnage qu'elle représente vieadroit à être ccmnu.
Ce n'est pas sans raison que les historiens de l'art ont comparé ce tableau merveilleux aux plusbeîîes productions des Grecs. Sous le rapport du dessin , cet éloge est exagéré ; mais il est impossible que pour la suavité du pinceau , la flexibilité de ces cbairs où le sang circule ^ et l'elFet magique produit par le contraste de ce corps blanc et délicat avec les étoffes fines et d^une blancheur éclatante sur lesquelles il repose ; il est impossible disons nous que les Appelles, les Xeuxis et tous les peintres de l'antiquité aient rien produit de supérieur.
Il n'existe pas d'estampe de ce tableau.