LA CHARITÉ
Tableau de la galerie de Florence ^ peint sur toile.
Hauteur 3 pieds 5 pouces sur 4 pieds 8 pouces de large.
Dans le tableau des trois vertus théologales que nous avons vu au Musée du Louvre , et qui provenoit de l'Eglise de Saint Francesco à Pérouse , Raphaël a représenté la Charité sous les traits d'une jeune femme, recevant dans ses bras plusieurs enfans qu'elle presse sur son sein (i). Il a traité ce sujet avec toute la grâce , la correction et la noble simplicité qui distinguent les productions de son meilleur temps. Mais ce tableau n'est qu'une grisaille qui se détache sur un fond vert; il ne peut même passer que pour une esquisse non terminée. On doit donc excuser le Guide d'avoir osé traiter ce même sujet après un si grand maître.
Il s'est approprié, 11 est vrai, l'idée de Raphaël, mais 11 l'a présentée sous un nouvel aspect. La Charité^ cette vertu commune à toutes les religions, à tous les âges, à tous les pays, est ici caractérisée par une jeune mère allaitant un enfant et en tenant un autre dans ses l^ras , tandis qu'un troisième, appuyé sur son épaule désire également avoir part à ses tendres soins.
Sous le rapport de la composition , ce tal^leau ne peut être comparé à celui de Raphaël \ mais , quel air noble et
(i) Voyez Annales du Musée, tome 5 , pag. 6.
gracieux le Guide à su imprimer a cette jeune mere , et quel charme dans ces figures d'enfans ! C'est dans la repré-sentation de semblables sujets qu'il faut chercher le mérite particulier de cet illustre élève des Carraches.
Le coloris de ce tableau semble tenir à l'époque où le Guide étudioit le Caravage. Les ombres en sont un peu noires et le ton général tire trop sur le vert.
X. S. KlauheVy qui a gravé ce tableau pour la suite de Masquelier, est loin d'avoir réussi à donner même une foible idée de la perfection des têtes du Guide \ sous ce rapport son estampe est très-médiocre.