DU DUC D'ANJOU
>vSi j'avois des royaumes , ils seraient tous a vous % jet vous les leguerois et donnerais par ce tnondit testament , et non a autre. Ma nature, ma naissance et mon affection vous constitue (sic) mon héritier sans que je le die. Mais il ne me reste de mes pénibles entreprises presque rien qui peusse estre appelle don et libéralité qui ne soit du tout acquis a vous. Les Pays-Bas m'ont faict achepter bien chèrement le nom de duc et comte , lequel ils me donnent encores : et si j'&y quelque pouvoir en leur endroit > je les prie de transférer le tout en vostre personne , a qui pareillement et a vos successeurs , je laisse tous les droicts et pretensions que je puis avoir pour Cç regard en vertu des traitez solemnels que j'ay faicts avec eux.
» Et d'autant que Cambray peut servir a cest estai d'un boulevard acquis et gagné par les moyens que m'avez donnez , et que je demeure obligé a la défense des citoyens qui avec tant d'affection et fidélité se sont jettez entre mes bras ;
* Je vous supplie, au nom de Dieu, Monseigneur , de vouloir accepter ce que j'ay en ceste place , de droict et d'authorité, et empescher l'oppression et désolation d'un si bon peuple. >
C'est ainsi que se termine le testament du duc d'Anjou dans l'ouvrage d'où nous l'avons tiré. On voit que ce n'est qu'une prière à son frère Henri III , d'acquitter ses dettes et de prendre soin des personnes attachées à son service. Malgré cela , c'est un monument historique qui donne une idée des dépenses considérables que les princes , à l'imitation du roi , faisaient à cette époque , quoique cependant on ne puisse leur refuser un fonds de justice» d'humanité et de reconnaissance envers leurs serviteurs. Le testament du duc d'Anjou a été imprimé à Lyon et à Paris en i584, in-8.°; on le trouve encore dans un Recueil de plusieurs harangues, Paris ,1622, in-8.° a. 26