‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 2)Chapitre 129 sur 137 · DE DUCLOS · texte numérisé non relu

DE DUCLOS

payées chaque année d'avance , h commencer du jour de mon décès.

> J'augmente de cent livres la rente viagère de pareille somme , que je fais à Guillemette qui a servi ma mère : ainsi sa pension sera désormais de deux cents livres.

> Je donne et lègue à M.,u Olympe Quinault, dix mille livres une fois payées.

> Je donne et lègue trois mille livres aux pauvres de la paroisse Saint-Sauveur de Dinan , lesquelles seront remises au recteur; et j'excepte des pauvres les mendians valides , à qui je ne donne rien , ejt à qui Ton ne doit que du travail.

> Je lègue douze cents livres k mon curé pour m'enterrer comme il voudra.

> Je donne un diamant de cent louis à mon confrère M. d'Alembert.

» Je donne à M. du Tartre de Bourdonné mon ta-* Lleau de Boucher et tous autres tableaux et estampes qui sont chez moi , s'il les veut. Je donne à l'académie mon buste du roi en bronze , et je la prie de me donner pour successeur un homme de lettres.

> Mes dettes acquittées , s'il s'en trouve , et le présent testament entièrement rempli et exécuté , je lègue le surplus des biens que je posséderai à mon décès , à M. Nouai , mon neveu , et à son défaut et mourant sans enfans, je lui substitue ma sœur, M.m* Michel.

> Si mes héritiers, ou légataires, ou aucun d'eux, contestaient en tout ou partie les dispositions de mon présent testament , du jour que la contestation sera for mée , je veux que de plein droit toutes les dispositions faites en faveur des contestans soient nulles, les révoquant en ce cas expressément ; et je donne et lègue à l'hôpital de Paris , toujours en cas où il serait contrevenu à ma volonté, les mêmes droits qu'auraient eus celui, celle x ou ceux qui auraient contesté.

» Je prie M. Abeille d'être mon exécuteur testamentaire , et d'accepter un diamant de cent louis.

> C'est pour qu'on satisfasse le plus promptement que faire se pourra à mes différens legs , et pour me précautionner contre les accidens de la fortune, que j'ai gardé chez moi une somme assez considérable ( 5o,ooo fr. )

> Paris, le i5 décembre 1769.

» Signé Pinot Duclos.

> La rente de douze cents livres viagères que je laisse & ma nièce , sera continuée à son mari , s'il survit à sa femme : ainsi cette rente viagère porte sur les deux têtes* Je ratifie tous les articles du présent testament.

> Paris, le 18 mai 1771.

> Signé Pinot Duclos. »

Le testateur n'a pas beaucoup survécu à ce codicille. La mort de sa mère , les désagrémens qu'éprouva le fameux La Chalotais son ami , la dissolution des parlemens, consommée en 1 77 1 , répandirent de l'amertume sur ses derniers momens. Aussitôt après avoir fait le codicille qui suit son testament, il se rendit à Dinan et y resta jusqu'au commencement de 1 772. Il revint à Paris; mais trois mois s'étaient à peine écoulés qu'il tomba malade , et mourut le 26 mars de cette même année 1772, âgé de 68 ans.

Page 1