DE H. LE BARON DE MONTTON
( i8ao.)
Ant.-J.-B. Robert Auget, baron de Montyon, né en 1753, était, avant la révolution, conseiller d'état , intendant du Limousin , et depuis chancelier honoraire de Monsieur (maintenant Charles X). Ayant toujours vécu dans le grand monde, il passait pour l'homme de France qui savait le plus d'anecdotes. Il contait bien, et depuis la révolution, le piquant de son esprit, joint à son costume et â sa coiffure de l'autre siècle , donnait un charme de plus à ses narrations. II a publié pendant son émigration en Angleterre , quelques ouvrages dont le plus curieux est intitulé : Particularités et observations sur les ministres des finances les plus célèbres depuis 1760 jusqu'en 1791. Londres ,1812, in-8. * ; et Paris 3 181s, aussi in-8. a Mais cette édition-ci a été tronquée par la police d'alors. Ce livre qui comprend les ministres depuis Colbert jusqu'à M. Necker, est rempli de vues ingénieuses , de résumés bien faits et d'anecdotes intéressantes. Mais ce n'est point à ses productions littéraires que M. de Montyon est redevable de la célébrité honorable attachée à son
nom. Il la doit à sa pieté, à ses vertus, et à de* intentions pures, généreuses, toutes dirigées dans la vue du biea public et manifestées par des actes authentiques qui assurent la durée de leur exécution.
Dès 1 782 , M. de Montyon avait fondé un prix annuel de vertu, et un prix pour le meilleur ouvrage de morale qui aurait paru dans Tannée au jugement de l'académie française. (Ce fut M."" la comtesse d'Epinay qui, en 1783, remporta ce prix, par son livre intitulé : Conversations d 'Emilie > 2 vol. in- 12. Cette damé mourut deux mois après son triomphe académique. ) Ces fondations de M. de Montyon furent supprimées par la Convention; mais cette suppression n'a point refroidi le zèle, ni la générosité du respectable fondateur : depuis son retour en France, en 1 8 1 5, il a fait divers dons , montant ensemble à 55, 000 fr. aux bureaux de charité de la capitale. Cela est peu de chose en comparaison des dispositions qu'il a insérées dans son testament , fait le 1 2 novembre 1819, -et dont nous allons rapporter les principales. M. de Montyon est mort à Paris le 29 décembre 1820.
Son testament , modèle de piété et de vertu , commence ainsi :
« Je demande pardon à Dieu de n'avoir pas rempli exactement mes devoirs religieux.
» Je demande pardon aux hommes de ne leur avoir pas fait tout le bien que je pouvais et que par conséquent je devais leur faire.
» i.° Une somme de 2,400 fr. ou 3, 000 fr. sera employée à faire en marbre le buste de Madame