‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 2)Chapitre 30 sur 137 · DE LA REINE CAROLINE. 20 Ô · texte numérisé non relu

DE LA REINE CAROLINE. 20 Ô

compromirent l'honneur du prince de Galles. Il y eu tune enquête, et des dépositions foudroyantes, surtout de la part de lady Douglas 9 qui avait été dans l'intimité de la princesse. Mais les preuves ne parurent pas évidentes. On alla jusqu'à dire qu'un enfant nommé Austin était le fruit de la conduite peu mesurée de Caroline ; ce bruit prenait d'autant plus de crédit , que la princesse était passionnée pour cet enfant. Elle Ta élevé, et depuis elle en a fait son héritier. Malgré cela , on a prouvé par les registres de naissance que M.m* Austin était bien la mère de cet enfant.

La princesse ayant obtenu la permission de voyager, quitta l'Angleterre le 9 août i8i4* et passa en Italie. Peu après son arrivée à Milan, elle prit à son service un nommé Bartholomée Bergami , en qualité de courrier et valet-de-pied. Cet homme, très-bien fait, sut tellement s'attirer la bienveillpnce de la princesse, qu'elle ne tarda pas à en faire son chambellan; et dans tous les voyages qu'elle fit à Rome , à Naples , à Gênes , à Venise , à Jérusalem , etc. , elle admit ce Bergamidansune familiarité qui devint très-suspecte, et de laquelle on ne manqua pas d'instruire le prince de Galles; car il y avait en Italie des personnes chargées de surveiller la conduite et les actions de Caroline.

Après la mort de Georges III (le 29 janv. 1 820) , le prince de Galles ayant été appelé au trône , Caroline s'empressa de revenir en Angleterre, et refusa toutes les propositions qui lui furent faites pour rester sur le continent. Une nouvelle enquête, eut lieu sur sa conduite pendant ses

voyages (i), et Ton peut dire que dans cette malheureuse affaire le scandale fut porté au comble , et fournit un am pie aliment à la maligni té publique , qui , surtout en Angleterre , a un certain caractère de liberté et une sorte de rudesse appropriés aux mœurs des classes moyenne et inférieure du peuple. On proposa à la chambre des pairs un bill portant que, vu la conduite scandaleuse, honteuse et criminelle, de S. M. la reine, celle-ci soit, en vertu de l'adoption de cet acte , privée du titre de reine , et de toutes les prérogatives, droits , privilèges et exemptions lui appartenant comme reine-épouse de ce royaume , etc. Les débats de cette affaire commencèrent le 1 7 août 1 820 et durèrent cinquante-trois jours, après lesquels le bill fut rejeté. Ce triomphe de la reine fut reçu avec enthousiasme par tout le

(1) Ce procès a tellement intéressé les Anglais, que lord Georges Agar Ellis a commandé à M. Georges Hayter, l'un des plus habiles peintres de la Grande-Bretagne, un grand tableau représentant une séance de ce malheureux procès, moyennant i5oo liv. sterl. (36, 000 fr.) L'artiste y a consacré plus de deux années. Il a choisi le moment où le comte Grey s'est levé pour interroger Théodore Majocchi , dit non mi ricordo > parce que c'était sa réponse à la plupart des questions qu'on lui faisait. Dans ce tableau, la reine est assise à la droite de la barre qui forme le devant du tableau, ayant à côté d'elle ses conseils MM. Brougham, Denman et le D.r Lushington. Plus de deux cents portraits des personnages les plus distingués de l'Angleterre, ajoutent à l'intérêt de cette vaste machine, qui est connue en France par des croquis au trait qu'eu ont donnés les revues anglaises. Ce tableau a obtenu à Londres les honneurs de l'exposition publique.

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