DE LA REINE CAROLINE
à un marchand de la ville, à qui elle doit 4,3oo liv. sterl. On suppose que cette boîte contenait des diamans.
Elle donne 5oo liv. sterl. à lord Hood , et la même somme à son épouse.
Elle donne un de ses portraits à lady Anne Hamilton; un autre au marquis Antaldi; un troisième au signor Fedici; et un quatrième au jeune Àustin.
Elle donne au docteur Lushington sa voiture et un portrait.
Elle donne à Jérôme une petite voiture et son linge.
Elle donne à Mariette Brune, l'une de ses femmes de service ( sœur de M.lle Dumont, dont elle se plaint si violemment, parce qu'elle a déposé contre elle ) ; elle donne à ladite Mariette sa garde-robe.
Par un codicille, elle ordonne que son corps ne soit ni ouvert, ni exposé, mais qu'elle soit conduite en Allemagne, à Brunswick, et enterrée dans le tombeau où sont déjà les restes de son père et de son frère.
Elle veut que ses restes partent sous trois jours et que Ton grave sur sa tombe : A la mémoire de Caroline de Brunsw ick, reine outragée d \A ngleterre.
Deux autres codicilles contiennent des marques d'affection pour ses domestiques. Elle nomme pour ses exécuteurs testamentaires le docteur Lushington et M. Thomas Wilde.
Telle est la substance du testament et acte de dernière volonté de la reine Caroline.
Le ministère craignant que les obsèques de
cette princesse ne fussent une occasion nouvelle de scandale et d'injures même pour la personne du roi, à cause des bruits qui couraient parmi la populace , que la mort de la reine n'était pas naturelle, ordonna que ses restes seraient enlevés de Brandebourg-Housc, le 1 4 août, dans une voiture décorée de huit éc lissons, traînée par huit chevaux avec une suite de voityres de la cour et une escorte de gardes à cheval; que le cortège serait dirigé de manière à ne pas passer dans les rues de Londres jusqua Harwick, où le corps ainsi que les personnes du deuil qui devaient l'accompagner jusqu'à Brunswick , seraient transportés à bord de la frégate la GlascoWj destinée à faire ce voyage.
Malgré ces précautions, le transport ne se fit pas sans beaucoup de troubles, de bruit, d'injures et d'entraves à la marche du cortège. Enfin, après huit heures de peines et de luttes continuelles, le convoi funèbre arriva aux limites de la cité , à White-Chapel , d'où il suivit paisiblement la route de Colchester , et là le corps fut déposé dans l'église pour y passer la nuit avec une garde. Mais les exécuteurs testamentaires et plusieurs autres personnes du cortège (MM. Lushington, Wilde, lord Hood, le comte Vassali, sir Robert Wilson et l'alderman Hood), ayant secrètement pénétré dans l'église pendant la nuit, firent clouer sur le cercueil la plaque mentionnée dans un des codicilles de la reine : A la reine ouïr âgée <ï Angleterre. Le lendemain l'officier du gouvernement y fit substituer d'autorité, malgré les protestations des exécuteurs testamentaires, l'inscription qu'on