‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 117 sur 123 · livre d'Horace · texte numérisé non relu

livre d'Horace

Absint in» ni funere nxni», Luclusque lurpes et qucrimonue;

Compesce clamorem , se sepulcrt

Mitte supervacuos honores.

On suivit en tout Ees intentions; on ne fit point sonner les cloches; il n'y eut d'invités que six amis. Nul parent ne suivît le convoi; la bière était peinte en vert ; et on y plaça le corps tout habillé. On lui mît sous la tête VHorace de Sanadon; aux pieds, le Milton de Richard Bentley ; à la meîn droite, une petite Bible grecque , avec une inscription en lettres d'or , terminée par les initiales J. II. ; dans la main gauche, une petite édition d' Horace , avec cette inscription : Musis arnicas, J. U. ; enfin , on lui mit V Horace de Bentley sous le coccix.

Quand la cérémonie fut finie, ses amis retournèrent à l'ancien logis du défunt , où sa sœur avait fait préparer un souper élégant; et quand on eut desservi, ils chantèrent la xxxi.* ode du 1.™ livre d' Horace (i); puis ils burent gaiement une rasade et s'en furent sur les huit heures.

M. Undenvood laissa près de cinquante mille écus a sa sœur , à condition qu'elle ferait observer ponctuellement tous les articles de son testament, dans lequel il lui prescrivait de donner dix livres sterling à chacun de ses amis , qu'il avait prié de ne pas se mettre en noir.

(t) Cest l'ode Çuid dedicatum posât Apollinem votes *

Ce n'est plus en l'honneur du défont que .tes amis ont chanté cette

ode; c' clait pour leur propre compte, puisqu'elle renferme des vœux.

qui ne peuvent concerner que des vivras.

a. 3jJ

îigitizecbyGoOgle

Ensuite Tenait le détail de son convoi, et le testament

< Ceci fait, je désire que mes amis boivent gaiement une rasade, et qu'ils ne pensent plus à J. Uhdbbwood. >

Je dois la connaissance de ce testament, vraiment original, mais bien dans le genre anglais, à M. Duplessis, dont l'obligeance égale l'érudition.

Le goût de M. Underwood pour Horace , me rappelle qu'un autre Anglais , son contemporain , avait la même passion pour cet aimable poète- La bibliothèque de H. Jacques Douglas était uniquement composée de toutes les éditions d'Horace qui avaient paru depuis i4"6 jusqu'à 1759, année oii M. Douglas donna le catalogue de cette singulière bibliothèque. Il possédait 43o éditions du favori d'Auguste. M. Sommer en a depuis donné un autre catalogue beaucoup plus ample. H commence à l'édition Mediolant , A. Zarot, circa 1470, in-4.*. et va jusqu'à 1774 et même 1775. Ce catalogue forme un vol. in-8." de 160 pag.

Cette passion pour un auteur spécial s'est manifestée en Italie de notre temps , chez M. l'abbé Marsand , professeur de l'académie de Padoue; il a fait pour Pétrarque ce que M. Douglas a fait pour Horace , et même on peut dire qu'il a poussé plus loin ses investigations ; car il a réuni à la collection des éditions des œuvres de cet auteur, beaucoup d'autres objets intéressans, toujours relatifs à l'amant de Laure. On lui doitla meilleure édition des œuvres de Pétrarque, Rime di Petrarca, Padova , 1830, 9 vol. in-4-", ornés du portrait de Pétrarque, de celui de Laure, de 6 gravures et d'un fac-similé. On en a tiré 45o exemplaires , tous en papier vélin , au prix de i5o fr. de souscription. Dès-lors M. Marsand a publié le catalogue de sa collection des éditions de Pétrarque , etc. , collection qui se compose de 900 volumes. Ce catalogue a pour titre , Bibliotheca Petrarchesea, Me- .

3,g,t,zeCb,G00gle

DE J. UNDERWOOD. 45 1

diolani , Giusti , in-4." Il est divisé en trois parties : la première comprend la suite complète des éditions qui ont été données des œuvres poétiques de Pétrarque depuis l'année i4/° jusqu'à nos jours; la seconde réunit toutes les traductions latine», françaises, espagnole», allemandes et anglaises, qui ont été publiées de ses poésies , tous les commentaires qui en ont été donnés , et toutes les publications qui ont été faites sur la vie de Pétrarque; la troisième se compose d'une collection d'anciens et précieux manuscrits sur vélin ou papier, avec des miniatures relatives auxpoésiesdu même auteur. Le Roi de France , Charles X , vient de faire l'acquisition de celte curieuse collection; on la place dans l'un des cabinets delà bibliothèque particulière du Roi et du conseil d'état. Nous nous sommes un peu étendu sur cet article concernant Pétrarque , parce que nous avons déjà rapporté plusieurs clauses de son testament. Y. tom. I.", pp. 56 — 65.

Page 1