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Charles Duclos, l'un des écrivains distingués du XVIII." siècle, naquit a Dinan ( Bretagne ) le ta février 1 704. Son nom de famille est Pinot. A deux ans et demi 11 perdit son père ; sa mère , veuve à quaranteun ans , femme à caractère , ayant eu dix enfàns , ne se remaria pas et vécut plus de cent ans. Duclos destiné au barreau, mena d'abord à Paris une vie très-dissipée; puis se livrant aux lettres qu'il préféra à l'étude des lois, il se répandit dans le monde et se fit connaître avantageusement par des productions littéraires, historiques et savantes , où brillent l'esprit , l'originalité et une hardiesse mesurée , du moins dans ce qui a paru de son vivant. Duclos fut recherché des grands et même eut
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l'estime particulière de Louis XV (i). Il fut reçu à l'académie française le a6 janvier 17^6. et il avait déjà été adopté par celle des inscriptions depuis 1 709. Le roi le nomma en 1750 historiographe de France, à la place de Voltaire , qui avait renoncé à ce titre en se retirant à Berlin , mais qui en conserva le traitement ( 3000 liv.) jusqu'à *a mort. Ainsi Duclos n'eut que l'honorifique, de celte place , c'est-à-dire le droit d'un logement dans les maisons royales, l'entrée à toutes les fêtes publiques, etc. Mais il parait que cela ne l'empêcha pas d'amasser une fortune assez considérante pour un homme de lettres : car il laissa en mourant 260,000 liv. , dont 00,000 furent trouvées en or dans son secrétaire. Il lit son testament trois ans avant de mourir. Cette pièce a quelques clauses qui lui donnent des droits à figurer dans notre ouvrage. Elle fera connaître encore plus particulièrement le caractère de Duclos. Le voicien entier:
< Au non nu Pebx , db Fils , et nu Saikt-Esprit.
> Je donne et lègue douze cents livres de rente viagère à ma nièce M."* de la Soualayo.
> Je donne et lègue à Brusselle , qui me sert avec zèle et amitié depuis plus de vingt ans, six cents livres de rente viagère , qui sera continuée à sa femme , si elle lui survit; de plus , deux cents livres une fois payées pour leur deuil , et au mari toute ma garde-robe , mon linge de corps et les draps. Toutes ces rentes viagères seront
(i) On a toujours prétendu, et M. Aiiger l'assure dans sa belle édition de Duclos , Paris, Colnet, 1806, 10. vol. in-8.°, que Louis XV dit, après avoir lu les Considérations sur les mœurs : <t (Test l'ouvrage d'un honnête homme, a Mais Palissot, dans ses Mémoires de la littérature , fuit honneur de ce mot à Voltaire, qui, dit-il, le lui a écrit. Qui sait si Voltaire ne l'a pas dit d'après Louis XV T Tout le monde l'attribuait à ce prince avant la révélation de Palissot; un tel bruït répandu dam le public n'a pas pu avoir lieu sans qutlquefondement.
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payées chaque année d'avance , à commencer du jour de mon décès.
» J'augmente de cent livres la rente viagère de pareille somme, que je lais à Guillemet te, qui a servi ma mère: ainsi sa pension sera désormais de deux cents livres.
> Je donne et lègue à M."' Olympe Quinault, dix mille livres une fois payées.
» Je donne et lègue trois mille livres aux pauvres de la paroisse Saint-Sauveur de Dinan , lesquelles seront remises au recteur; et j'excepte des pauvres les mendians valides , h qui je ne donne rien , et à qui l'on ne doit que du travail.
» Je lègue douze cent» livres à mon curé pour m'enterrer comme il voudra.
> Je donne un diamant de cent louis à mon confrère M. d'AIembert.
s Je donne à M. du Tartre de Bourdonné mon tableau de Boucher et tous autres tableaux et estampes qui sont chez moi, s'il les veut. Je donne a l'académie mon buste du roi en bronze, et je la prie de me donner pour successeur un homme de lettres.
» Mes dettes acquittées , s'il s'en trouve , et le présent testament entièrement rempli et exécuté , je lègue le surplus des biens que je posséderai à mon décès , a M. Nouai, mon neveu, et à son défaut et mourant sans enfans, je lui substitue ma sœur, M. ""Michel.
> Si mes héritiers, ou légataires, ou aucun d'eux, contestaient en tout ou partie les dispositions de mon présent testament , du jour que la contestation sera formée , je veux que de plein droit toutes les dispositions laites en faveur des contestons soient nulles , les révoquant en ce cas expressément; et je donne et lègue à l'hôpital de Paris , toujours en cas où Userait contrevenu à ma volonté, les mêmes droits qu'auraient eus celui , celle , ou ceux qui auraient contesté.
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» Je prie M. Abeille d'être mon exécuteur testamentaire , et d'accepter un diamant de cent louis.
> C'est pour qu'on satisfasse le plus promptement que faire se pourra a mes diJFérens legs , et pour me précautionner contre les accidens de la fortune , que j'ai gardé chez moi une somme assez considérable { ào.ooo IV. )
> Paris, le iS décembre 1769-
» Signé Pinot Du clos.
> La rente de douze cents livres viagères que je laisse a ma nièce , sera continuée a son mari , s'il survit à sa femme : ainsi cette rente viagère porte sur les deux têtes. Je ratifie tous les articles du présent testament.
> Paris, le 18 mai 1771.
9 Signé Pinot Dcclos. »
Le testateur n'a pas beaucoup survécu à ce codicille. La mort de sa mère , les désagrémens qu'éprouva le fameux La Cbalotais son ami, la dissolution des parlemens, consomméeen 1771, répandirent de l'amertume sur ses derniers momens. Aussitôt après avoir fait le codicille qui suit son testament, il se rendit à Dinan et yresta jusqu'au commencement de 177a. Il rerintk Paris; mais trois mois s'étaient à peine écoulés qu'il tomba malade , et mourut le 96 mars de cette même année 1772, âgé de 68 ans.