‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 19 sur 123 · MOH TESTAMENT DE MORT · texte numérisé non relu

MOH TESTAMENT DE MORT

.Je soussigné, Pierre-Edme Fertuizot, de-

• meurant à Lesmont ( Aube ) , recommande » mon ame à Dieu , le créateur de l'univers et » le souverain de tous les êtres, étant soumis » aux dogmes religieux qui émanent de sa su-

3,g,t,zeCb,G00gle

DE P.-E. PBRTUIZOT. 1 1Q

prême volonté. Je demande à être inhumé dans le cimetière de ce lieu , en face de mon

< jardin qui est au nord , dépendant de la maison que j'ai fait construire en pierre, ayant

' fait placer dans ce jardin mon cénotaphe , ob memoriam , dans un bocage où seront renfermés , sous le granit , quelques restes de mon

' existence transitoire et fugitive.

> Je recommande â mes enfanB, petits-enfans

> et gendres , leurs successeurs , et à leur postérité, de conserver ce monument de mon néant, qui n'occupe pas deux mètres de surface, étant

» largement récompensés de ce léger sacrifice ' que je demande à leur piété filiale et à leurs

• sentimens de reconnaissance, par tous les aui très biens que je leur ai conservés , amassés ,

> et par l'exemple du bon ordre que j'ai mis à

> mes affaires, qui deviennent les leurs.

■ Ce monument funèbre est destiné à contenir t des restes de mes dépouilles mortelles, de

> celles de ma femme et de nos descendans, qui ■ voudront bien adjoindre leurs tristes reliques a

• celles de leurs auteurs , qui se sont , par leurs

• soins et leur économie , consacrés à leur bien-

• être.

* La vue de ce tombeau leur rappellera leur » existence précaire ; heureux , s'il leur inspire » le désir d'imiter la tempérance, l'économie; » la frugalité de leurs parons, qualités qui font » la source du bonheur, en se consacrant a la » vertu.

» Article I." Je donne et lègue à la fabrique

> de Lesmont, à condition qu'il sera

JigitizecbyGoOgle

> chanté , tous les ans , à l'issue de vêpres , le

• dimanche qui suivra l'époque de mon décès ,

• le Libéra me, Domine, ab lus qui oderunt me ,

• etc. , sous les grandes portes de l'église de

• Lesmont , qui seront ouvertes, et le célébrant » et le chantre tournés en face du monument

• qui est dans mon verger, et qu'il sera dit une

> messe basse le jour ou le lendemain de mon

> décès , qui sera annoncée pour le bien et le i repos des vivons et des morts de ce pays qui

> m'a vu naître.

» C'est une vérité éternelle que nous ne naîs<-

• sons que pour mourir. La mort est une dette

• de la nature qu'il faut nécessairement payer ,

• en nous réunissant, par notre dissolution,

> aux élémens qui ont produit les modifications

> de nos dépouilles mortelles. 11 ne faut pas

> nous affliger de la mort qui est le terme de

• nos peines et de nos maux dans ce bas-monde. i Les méditations philosophiques m'ont coni vaincu que le mourant gagne plus qu'il ne

• perd ; car les peines morales et physiques < l'emportent sur le bien-être et le plaisir, i surtout dans l'hiver de l'âge.

» Si nos proches ont lieu de s'affliger, c'est i des douleurs qui devancent et accompagnent

> le trépas. Parvenus à ce dernier but , cessons ■ de nous attrister d'un arrêt éternel et irrévoi cable. Conservons le souvenir de nos parcns

> et de nos amis , en raison des affections , des égards et du bien qu'ils nous ont fait ; surtout

> tâchons de les imiter dans leurs actions vcrl tueuses et recommandables.

DE P.-E. PERTUIZOT. 13)

» Suit t'épttapke de mon tombeau.

■ AU BAS DE CE MUR, EST LE CORPS DE PIERRE- EDME PERTUIZOT, JURISCONSULTE, DEMEURANT A LESUONT. IL A FAIT CONSTRUIRE LA MAISON VOISINE QUI EST AU NORD, ET PLANTE D'AEBBES FRUITIERS LA COUR ET LES VERGERS. IL A VÉCU JUSQU'A ( SOÎxante-six ans ) , DANS LES AGRÉMENS DE LA VIE CHAMPÊTRE, QUI NOUS RAPPROCHE DE LA NATURE. LE SURPLUS A ETE REMPLI DE PEINES ET DE SOUFFRANCES, QUI L'ONT CONFIRMÉ DANS LE PEU DE CAS Qu'lL FAISAIT SE L'EXISTENCE , AVANT D*EN AVQIR ÉPROUVÉ TOUS LES DÉSAGRÉMENS. IL NAURAIT JAMAIS VOULU RECOMMEN- CER SA CARRIÈRE , AVEC LES MÊMES ÉVÉNEMENS , EN BIEN ET EN MAL, DE LA RÉVOLUTION DE SA VIE, QU'lL A QUITTÉE SANS REGRETS EN RENDANT A LA NATURE CE QU'ELLE LUI A PRÊTÉ A DE TROP GROS INTÉRÊTS.

IL A FONDÉ UNE MESSE POUR LES FIDÈLES TRÉPASSES DU PAïS QU'IL A VUS NAÎTRE ET MOURIR. IL EST MORT le (27 septembre 1817). ne vous prévalez pas DE VOTRE SANTÉ ; GARDEZ-VOUS D*EN AS USER , CAR UN RIEN PEUT LA DÉRANGER. »

Nous avons rempli les dates que le testateur avait été obligé de laisser en blanc dans le plan de son épitaphe. Né en 1761 , il est mort en 1817, âgé de soixante-six ans.

3,g,t,zeCb,G00gle

TXBTAUXHT

Page 1