MOH TESTAMENT DE MORT
.Je soussigné, Pierre-Edme Fertuizot, de-
• meurant à Lesmont ( Aube ) , recommande » mon ame à Dieu , le créateur de l'univers et » le souverain de tous les êtres, étant soumis » aux dogmes religieux qui émanent de sa su-
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DE P.-E. PBRTUIZOT. 1 1Q
prême volonté. Je demande à être inhumé dans le cimetière de ce lieu , en face de mon
< jardin qui est au nord , dépendant de la maison que j'ai fait construire en pierre, ayant
' fait placer dans ce jardin mon cénotaphe , ob memoriam , dans un bocage où seront renfermés , sous le granit , quelques restes de mon
' existence transitoire et fugitive.
> Je recommande â mes enfanB, petits-enfans
> et gendres , leurs successeurs , et à leur postérité, de conserver ce monument de mon néant, qui n'occupe pas deux mètres de surface, étant
» largement récompensés de ce léger sacrifice ' que je demande à leur piété filiale et à leurs
• sentimens de reconnaissance, par tous les aui très biens que je leur ai conservés , amassés ,
> et par l'exemple du bon ordre que j'ai mis à
> mes affaires, qui deviennent les leurs.
■ Ce monument funèbre est destiné à contenir t des restes de mes dépouilles mortelles, de
> celles de ma femme et de nos descendans, qui ■ voudront bien adjoindre leurs tristes reliques a
• celles de leurs auteurs , qui se sont , par leurs
• soins et leur économie , consacrés à leur bien-
• être.
* La vue de ce tombeau leur rappellera leur » existence précaire ; heureux , s'il leur inspire » le désir d'imiter la tempérance, l'économie; » la frugalité de leurs parons, qualités qui font » la source du bonheur, en se consacrant a la » vertu.
» Article I." Je donne et lègue à la fabrique
> de Lesmont, à condition qu'il sera
JigitizecbyGoOgle
> chanté , tous les ans , à l'issue de vêpres , le
• dimanche qui suivra l'époque de mon décès ,
• le Libéra me, Domine, ab lus qui oderunt me ,
• etc. , sous les grandes portes de l'église de
• Lesmont , qui seront ouvertes, et le célébrant » et le chantre tournés en face du monument
• qui est dans mon verger, et qu'il sera dit une
> messe basse le jour ou le lendemain de mon
> décès , qui sera annoncée pour le bien et le i repos des vivons et des morts de ce pays qui
> m'a vu naître.
» C'est une vérité éternelle que nous ne naîs<-
• sons que pour mourir. La mort est une dette
• de la nature qu'il faut nécessairement payer ,
• en nous réunissant, par notre dissolution,
> aux élémens qui ont produit les modifications
> de nos dépouilles mortelles. 11 ne faut pas
> nous affliger de la mort qui est le terme de
• nos peines et de nos maux dans ce bas-monde. i Les méditations philosophiques m'ont coni vaincu que le mourant gagne plus qu'il ne
• perd ; car les peines morales et physiques < l'emportent sur le bien-être et le plaisir, i surtout dans l'hiver de l'âge.
» Si nos proches ont lieu de s'affliger, c'est i des douleurs qui devancent et accompagnent
> le trépas. Parvenus à ce dernier but , cessons ■ de nous attrister d'un arrêt éternel et irrévoi cable. Conservons le souvenir de nos parcns
> et de nos amis , en raison des affections , des égards et du bien qu'ils nous ont fait ; surtout
> tâchons de les imiter dans leurs actions vcrl tueuses et recommandables.
DE P.-E. PERTUIZOT. 13)
» Suit t'épttapke de mon tombeau.
■ AU BAS DE CE MUR, EST LE CORPS DE PIERRE- EDME PERTUIZOT, JURISCONSULTE, DEMEURANT A LESUONT. IL A FAIT CONSTRUIRE LA MAISON VOISINE QUI EST AU NORD, ET PLANTE D'AEBBES FRUITIERS LA COUR ET LES VERGERS. IL A VÉCU JUSQU'A ( SOÎxante-six ans ) , DANS LES AGRÉMENS DE LA VIE CHAMPÊTRE, QUI NOUS RAPPROCHE DE LA NATURE. LE SURPLUS A ETE REMPLI DE PEINES ET DE SOUFFRANCES, QUI L'ONT CONFIRMÉ DANS LE PEU DE CAS Qu'lL FAISAIT SE L'EXISTENCE , AVANT D*EN AVQIR ÉPROUVÉ TOUS LES DÉSAGRÉMENS. IL NAURAIT JAMAIS VOULU RECOMMEN- CER SA CARRIÈRE , AVEC LES MÊMES ÉVÉNEMENS , EN BIEN ET EN MAL, DE LA RÉVOLUTION DE SA VIE, QU'lL A QUITTÉE SANS REGRETS EN RENDANT A LA NATURE CE QU'ELLE LUI A PRÊTÉ A DE TROP GROS INTÉRÊTS.
IL A FONDÉ UNE MESSE POUR LES FIDÈLES TRÉPASSES DU PAïS QU'IL A VUS NAÎTRE ET MOURIR. IL EST MORT le (27 septembre 1817). ne vous prévalez pas DE VOTRE SANTÉ ; GARDEZ-VOUS D*EN AS USER , CAR UN RIEN PEUT LA DÉRANGER. »
Nous avons rempli les dates que le testateur avait été obligé de laisser en blanc dans le plan de son épitaphe. Né en 1761 , il est mort en 1817, âgé de soixante-six ans.
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