DE LA REINE CAROLINE
bas peuple (i) , et ou illumina pendant trois jours.
L'année suivante (1821), lorsqu'il fut question d u couronnement du roi , fixé au mois de juillet, la reine fit toutes les démarches possibles pour participer à cette cérémonie et être couronnée avec son époux ou du moins quelques jours après. Toutes ses prétentions furent écartées; et il lui fut déclaré qu'elle ne pouvait assister à la cérémonie. Malgré cela, le 1 9 juillet , jour où elle eut lieu , Caroline se rendît dès six heures du matin, daus un équipage à six chevaux, a l'abbaye de Westminster, mais l'entrée lui fut refusée; elle eut beau tourner autour de l'église , se présenter aux différentes portes, solliciter vivement: partout on lui répondit qu'on n'entrait point sans billet. Après cette scène d'humiliation, qui dura plus d'une demi-heure , elle fut contrainte de retourner, au milieu d'un tumulte effroyable, des cris confusetdes sifflets de la foule, àsoncarosse, qui la ramena fort agitée à son palais ( Brandebourg- House). La cérémonie du couronnement se passa dans le plus grand ordre; mais la reine n'y fut pour rien. Le dépit qu'elle en éprouva peut bien avoir contribué à accélérer la maladie mortelle qui survint peu après.
( 1 ) Lord LaAderdale qui sortait de la chambre des pairs et qui venait de voter contre la reine , fut entouré et aasaillî par le peuple qui voulut le forcer à crier cive la reine'.
■ Très-volontiers, dit-il, vivat! vivat! et |e souhaite à tous > les Anglais qui m'entourent, une femme aussi sage et
■ aussi fidèle que U reine Caroline. >
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Le 3i juillet, le roi partit pour l'Irlande; la reine se préparait elle-même à aller en Ecosse pour partager l'attention et les hommages dont elle était si jalouse, lorsque le 3 août, elle se -sentit frappée d'une maladie inflammatoire qui s'annonça avec les symptômes les plus alarmans. On lui tira soixante-six onces de sang ; on employa tour à tour les topiques et les réfrigérans. Tous les efforts de l'art furent vains. Après plusieurs jours de douleurs aiguës, elle expira le 7 août, à dix heures vingt-cinq minutes du soir.
Pendant sa maladie, elle à constamment conservé sa connaissance, et donné des ordres pour son enterrement. Elle a demandé que ses restes fussent transportés en Allemagne; elle s'est occupée de son cercueil et a exigé qu'il fut de bois de cèdre. Le dimanche 5 août , deux jours avant sa mort, elle avait envoyé chercher M. Busch pour prendre sa mesure ; ne le voyant pas arriver , elle le demanda de nouveau; les domestiques firent des excuses , et alors elle donna ses ordres pour la façon du cercueil.
II est temps d'arriver à son testament.
La reine Caroline ordonne d'abord par cet acte, la vente de Cambridge-House, et veut que le produit en soit remis entre les mains du jeune W. AuBtin, auquel elle laisse en outre tout ce qui peut lui revenir ( à elle testatrice ) de sa mère la duchesse de Brunswick. ( Quant à ses propriétés italiennes , la reine n'en parle point , parce qu'elle en avait disposé précédemment , par acte notarié , ep faveur de Bcrgami. )
Elle ordonne qu'une boite cachetée soit remise
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à un marchand de la ville , à qui elle doit 4>3oo liv. sterl. On suppose que cette boite contenait des diamans.
Elle donne 5oo liv. sterl. à lord Hood, et la même somme à son épouse.
Elle donne un de ses portraits à lady Anae Hamilton; un autre au marquis Antaldi; un troisième au sïgnor Fedici ; et un quatrième au jeune Austin.
Elle donne au docteur Lushingtoa sa voiture et un portrait.
Elle donne à Jérôme une petite voiture et son linge.
Elle donne à Mariette Brune, l'une de ses femmes de service ( sœur de M.* Duinont, dont elle se plaint si violemment, parce qu'elle a déposé contre elle ) ; elle donne à ladite Mariette sa garde-robe.
Far un codicille, elle ordonne que son corps ne soit ni ouvert, ni eiposé, mais qu'elle soit conduite en Allemagne, â Brunswick, et enterrée dans te tombeau où sont déjà les restes de son père et de son frère.
Elle veut que ses restes partent sons trois jours et que l'on grave sur sa tombe : A la mémoire de Caroline deBrunvœick, reine outragée a" Angleterre.
Deux autres codicillescontiennentdes marques d'affection pour ses domestiques. Elle nomme pour ses exécuteurs testamentaires le docteur Lushington et M. Thomas Wilde.
Telle est la substance du testament et acte de dernière volonté de la reine Caroline.
Le ministère craignant que les obsèques de
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cette princesse ne fussent une occasion nouvelle de scandale et d'injures même pour la personne du roi, à cause des bruits qui couraient parmi la populace, que la mort de la rëïne n'était pas naturelle , ordonna que ses restes seraient enlevés de Brandebourg-House , le i4 août, dans une voiture décorée de huit écussons, traînée par huit chevaux avec uneauitedevoituresdelacour et une escorte de gardes à cheval; que le cortège serait dirigé de manière à ne pas passer dans les rues de Londres jusqu'à Harwick, où le corps ainsi que les personnes du deuil qui devaient l'accompagner jusqu'à Brunswick, seraient transportés à bord de la frégate la Glascow, destinée à faire ce voyage.
Malgré oes précautions, le transport ne se fit pas sans beaucoup de troubles, de bruit, d'injures et d'entravesà la marche du cortège. Enfin, après huit heures de peines et de luttes continuelles, le convoi funèbre arriva aux limites de la cité, à \\ hit c-Chapel , d'où il suivît paisiblement la route de Cojcbester, et là le corps futdéposé dans l'église poury passer la nuit avec une garde. Mais les exécuteurs testamentaires et plusieurs autres personnes, du cortège (MM. Lushington, Wilde, lord Hood, le comte Vassali, air Robert Wilson et l'alderman Hood), ayant secrètement pénétré dans l'église pendant la nuit, firent clouer sur le cercueil la plaque mentionnée dans un des codicilles de la reine : A la reine outragée d'Angle-* terre. Le lendemain l'officier du gouvernement y fit substituer d'autorité, malgré les protestations des exécuteurs testamentaires, l'inscription qu'on
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