TESTAMENT D'AMÉLIE-CAROLINE DE BRUNSWICK
■ E1NE d'aHQLXIBIlKB.
Cette princesse, née le 17 mai 1768, était cousine germaine de son époux, étant fille de Charles-Guillaume-Ferdinand , prince de Brunswick-Wollenbuttel , et de la sœur aînée de Georges III. Elle épousa le prince de Galles (actuellement régnant sous le nom de Georges IV ) le 8 avril 1795; elle en eut une fille (Charlotte-Auguste), qui vit le jour le 7 janvier 1 796 , qui épousa le prince Léopold de Saxë-Cobourg le 3 mai 1816, et qui mourut en couches le 6 novembre 1817.
La naissance de cette princesse aurait dû resserrer les tiens des deux époux , liens qui , dit-on, n'étaient pas très-forts dès le principe, soit à raison de l'éducation un peu négligée de Caroline, soit a raison de quelques liaisons antécédentes qu'avait eues le prince de Galles , et qui n'étaient pas tout à fait' rompues, soit enfin à raison de l'antipathie des caractères. Quoi qu'il en soit, la mésintelligence ne tarda pas, à se mettre entre les deux époux, et ils se séparèrent vers la fin de 1796; la princesse de Galles alla demeurer à Hontagu- House, dans le quartier de Blackheath. Comme elle y recevait beaucoup de monde, bientôt circulèrent des soupçons , des bruits sourds qui
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DE LA HEINE CAROLINE. 2o5
compromirent l'honneur du prince de Galles. Il y eut ur^enquê te, etdes dépositions foudroyantes, surtout de la part de lady Douglas , qui avait été dans l'intimité de la princesse. Mais les preuve» ne parurent pas évidentes. On alla jusqu'à dire qu'un eufant nommé Austin était le fruit de la conduite peu mesurée de Caroline; ce bruit prenait d'autant plus de crédit, que la princesse était passionnée pour cet enfant. Elle l'a élevé , et depuis elle en a fait son héritier. , Malgré cela , on a prouvé par les registres de naissance que M.™ Austin était bien la mère de cet enfaut.
La princesse ayant obtenu la permission de voyager, quitta l'Angleterre le 9 août 1 S 1 4- « ci passa en Italie. Peu après son arrivée à Milan, elle prît à son service un nommé Bartholoraée Bergami , en qualité de courrier et valet-de-pied. Cet homme , très-bien fait , sut tellement s'attirer la bienveillance de la princesse, qu'elle ne tarda pas à en faire son chambellan; et dans tous les voyages qu'elle fit à Rome , à Naples , à Gênes , à Yenise , à Jérusalem , etc. , elle admit ce Bergamidans une familiariléqui devint très-suspecte, et de laquelle on ne manqua pas d'instruire le prince de Galles ; car il y avait en Italie des personnes chargées de surveiller la conduite et les actions de Caroline.
Après la mort de Georges III (le 29 janv. 1 8»o) , le prince de Galles ayant été appelé au trône, Caroline s'empressa de revenir en Angleterre , et refusa toutes les propositions qui lui furent faites pour rester sur le continent. Une nouvelle enquête eut lieu sur sa conduite pendant ses
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voyages (i), et l'on peut dire que dans cette malheureuse affaire le scandale fut porté au comble, et fournit un ample aliment à ta malignité publique , qui , surtout en Angleterre , a un certain caractère de liberté et une sorte de rudesse appropriés aux moeurs des classes moyenne et inférieure du peuple. On proposa a la chambre des pairs un bill portant que, tu la conduite scandaleuse, honteuse et criminelle, de S. M. la reine, celle-ci soit, en vertu de l'adoption de cet acte , privée du titre de reine , et de toutes les prérogatives , droits , privilèges et exemptions lui appartenant comme reine-épouse de ce royaume , etc. Les débats de cette affaire commencèrent le 17 août 1820 et durèrent cinquante-trois jours, après lesquels le bill fut rejeté. Ce triomphe de la reine fut reçu avec enthousiasme par tout le
(1) Ce procès a tellement intéressé les Anglais, que lord Georges Agar BUÏs a commandé à H. Georges Hay ter, l'un des plus habiles peintres de la Grande-Bretagne, un grand tableau représentant une séance de ce malheureux procès, moyennant i5oo liv. sterl. (36,ooo fr.) L'artiste y a consacré plus de deux années. Il a choisi le moment où le comte Grey s'est levé pour interroger Théodore Uajocchî , dit non mi ricordo , parce que c'était sa réponse à la plu pari des questions qu'on lui faisait. Dans ce tableau, la reine est assise à la droite de la barre qui forme le devant du tableau, ayant à coté d'elle ses conseils MM. Brougham , Oenman et le D.' Lushington. Plus de deux cents portraits des personnages les plus distingués de l'Angleterre, ajoutent à l'intérêt de cette vaste machine, qui est connue en France par des croquis au trait qu'en, ont donnés les revues anglaises. Ce tableau a obtenu à Londres les honneurs de l'exposition publique.
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