TESTAMENT DE SERGIUS DE POLA, PARASITE
(Vfll r«i> 3oo de J. C.)
Cette facétie est bien certainement la plus ancienne pièce de ce genre que l'on connaisse, sï , comme on le prétend , elle est du troisième 'ou du quatrième siècle au plus tard. Mais c'est plutôt une épitaphe qu'un testament , car on n'y trouve ni les formes usitées dans ces sortes d'actes , ni aucune disposition de dernière volonté ; ce sont simplement des jeux de mots , des boufonneries , et même des trivialités qu'un ancien baladin ou comédien, railleur de son métier , et bel et bien ivrogne , adresse , du fond de sa tombe, aux passans. Nous ne l'aurions point insérée dans notre Recueil si des auteurs
3,g,t,zeCb,G00gIe
qui en ont parlé ou qui l'ont rapportée, ne lui eussent donné le titre de testàmentum ludicmjm; d'ailleurs rien n'est plus rare que ces sortes de pièces en latin, et surtout remontant â des temps aussi reculés: les Romains ne connaissaient point (i)ou connaissaient très peu le genre burlesque, parce que leur langue , si grave de sa nature , ne s'y prêtait nullement. Conservons donc , sinon par goût , du moins par curiosité , l'un de ces morceaux rares , qui a échappé aux injures du temps.
Mous ignorons l'époque de sa découverte; tout ce que nous avons pu trouver à cet égard, c'est que Domitiug Brusoni l'a rapporté dans son Facettarum exemptorumque Libri Vil. Romae, 1 5 1 8, in- fol. Nous n'avons pas cette édition, qui est la plus estimée, mais nous possédons une des réimpressions de' cet ouvrage, connue sous le titre de Spéculum mundi , Lugduni, i658, in-8.% et le Testàmentum ludicrum s'y trouve p. 1\5o.{t). Cyriac d'Aucune en a aussi donné la description ; puis il a été adressé à Georges Fabrïcius par son oncle Melchior Pison ; enfin Antoine Terrasson
(i) V. le Dt tadicri diction* Liber du P. Vavasseur, Lut. Paris., i658, in-4-*, où il soutient que le genre burlesque était inconnu aux anciens. Cependant quelques-uns prétendent que du temps de Ptolémée, fils de Lagus, un nommé Raintou avait traité en style burlesque des sujets sérieux de tragédie.
(a) Brusoui, qui nomme Sergius, Sertius, ne s'y sert pas du mot Testàmentum; il débute ainsi : Sertius Polensis, festivus histrio , hoc sibi epitaphitim ponijassit: Viatorei, etc.
DE SERGIUS. a4ï
l'a publié dans son Histoire de la jurisprudence romaine; Paris, i?5o, in-fol. , p. 85, n.* 101 des Monumenta qui sont à. la fin du volume.
Le texte de Terrasson nous ayant paru le meilleur, nous allons le suivre scrupuleusement; il est imprimé en petites capitales (style lapidaire) comme le testament de Gallus Favonius , rapporté précédemment ( p. 6 du i.M vol. ) Nous ne nous écarterons en rien de l'orthographe, qui se ressent déjà de la décadence de la langue latine, et nousaurons soin de mettre les capitales en tête des mots où elles se trouvent, pour faciliter l'intelligence du texte, qui pourrait quelquefois offrir de l'obscurité à cause des points placés entre chaque mot.
TESTÀMBNTUM LUDICRUM
SERGII POLENS1S, PARAS1TI.
VlATORES. ClVES. OPTIMI. VEL. AdvEN-E. SIVE. , BINI. SIVE. S1NGULI. HSCEDITIS. SIVE. TURMATIH. QUOD. BAGI9. ERIT. GRATIS. B1BTITE. OBFUtKATE (l). GRES- SUM. HEC. MIREMIHI. SI. MORAH1NI. ALIQCANTISPER. DlCACULUS (s). EQBIDEM. FUI. SUCCINCTUS-(3). SER- MO. DABI. VOBIS. MON. POTEST. JuYAT. VOBISCUM. ESSE. UT. JCVIT. 9EMPER. ET. QUIVI. AB. OBE. MEO. PENDULOS. DETIMERE (4). SaxUM. HOC. TOS. YOCAT.
(i) In Brtuonio, affirma te.
(3) In sort, , didascalus.
(3) In aiiii, suffardnatus.
(4) In Brtuonio . à verbo rotcst , tic legitur ; ut javat vobiscum esse, ac ab ore meo pendulo» detinere, ut juvit setnper.
J,g,t,zeCb,G00gle
24a TESTAMENT
QlJID. INQUAM. UT. VIVES. A9BBEVI. PRUDEN3. IMPRU- DEN8. MORTCU9. ITEM. VOS. FALLO. NAH. NON. VOS. VOCAT. QUOD. VACAT. ORE. VERUH. IS. QUOIUS (l). CINIS. HIC. LATET. OLIM. QUÔM. POTEIT.' NONC. HDC. VOS. VOGARI. VOLUIT. VALEITQUE. HjEC. OLIM. SUA. VOLUNTA3. VOLENTIS. VOS. LEGERE. HOC. SCRIFTUM.
Vah. 'quid. loquor. Ihho. sculptcm. Qcam. MGKÈ.
VERITAS. ADHCC. SE. MEC CM. CONCILIAT. NAH. NEQUE. HIC. ATKAMENTUM. VBL. PAPYRUS. - AUT. MEMBRANA. ULIA. SED. MALLEOLO. ET. CELTE LITTERATtlS. SILEX. S1LENS. ADCC (a). Ql'ID. HIC. LATET. LATE. QIJOD. (5) EGO. EFFERRE. ET. EFFàRI. GE8TIO. SERGIUS. POLENSIS. PARASITUS. H1STRIO. VESTER. FESTIVISSIMBB. HBIC (4). CUBO. HOC. UNL'M. QUIDEM. TANDEH. SPONTE. DICTtM. VERUH. EST. Si. QUI9. DOBITAT. HANCCINE. OLFACIAT. HUHUH. ÛLET. TEMETUM. ET. FLOREM. VINI. VETERIS. QCO. SATBB. 9ATIS. JcVENIS.
hausi (5). Ai. si. vixi. vitam. tau. vobis. gbatam.
QCAU. NOTA». EBBI. ET. ORBI. NON, MINCS. MUNU9. HOC. A. VOBIS. IUPETREM. OPORTET. AdESTE. UIHI. ET. FAVETE. EDICTOQUE. HUIC. VOS. SUBSCBIBITE. ET. OBS1GNATE. Si. QUIS. SIM. VESICAM. ONU3TAM. SENSE- KIT. DOHUM. SUAM. ONUS. HOC. REPORTET. IN. CLOA- CAM. Si. VERO. FESTINUS. FUERIT. CITEBIOK. VEL. liL-
(î) Pro cujus; — in Briuonio legitur quamvis, et non quoi us née cujus.
(a) Pro adhuc ; hoc verbum non est inBruaonio.
(3) In Brusonio tegitur pott verbum sileus : Quid hic latet P Quid , ego efferri et effari gestio ?
(4) Pro hic.
(5) In Brusonio non Uguntur hœc veria : juvenis hausi* ud ista ; vivens viii.
îigitizecbyGoOgle
DE 9EILGIUS. 245
TEBIOH. HOC. LOCO. P1IO. RELIGIONS.. SE. EVACUET. Qui. mon. paruerit. hsc. mulcta. im. esto. TESTE. ALTERO. CÀREAT. Canes, qooque.
CESI. FUSTIBUS. ET. SAXIS. EDICTUM. HOC. SENTUNT. Adfcistis. FAVI8TIS. OBSIGNASTIS. TENEO. JAM. VOS. 1IISUM. DARE (l). SlTlO. HEI. SENTIO. DICTOM. VOI.lîl. ESSE. QlIID. ROC. EST. QUOD. TAU. FACILITES. ISTHUC. PROCEDIT. VERITAS. HàC. PROFECTO. CONTAGIONE. MEI. SITIT. IPSA. QDOQUE. TAU. ET. MJH1. SUPPÀRASI- TATUR. QCjE (2). UI.TRO. POTUM. INV OC ATA. ADVENU. Nunc. SI URBANI. PERBIBERI. VULTIS. ET. VERITATI. SCPPAflAélTANTI. ET. ARENTI (3) MEO. CINERI. CAN- THARO. PIACKLUM. VINARIEM. FESTINATE. PoST. VÀLE- TE. ABITE. IN. HEM. VESÏItAM. VlATOBES. OPTIMI. HIIS (4). NUGIS. AKBAGIBCSQUE (5). MEII. CONDO- NATE POSTHUHIS (6).
Telle est cette pièce bouflbne, qui, sî elle a quelque célébrité, la doit certainement plus à son antiquité qu'aux plaisanteries qu'elle renferme. Ce sont des jeux de mots, qui, la plupart, roulent sur des consonnances telles que mireminï, rhoramini ; vocat , vacat ; voluilx valait; silex, tilens ; laUt t laie, etc.; et tout cela, l'auteur le prodigue pour inviter les passans à s'arrêter près de son tombeau qui ies appelle
(1) Sic legitartnBruioniç : video qnàm vosrisumdare. (a) In Brusonio, quàm et non quœ.
(3) InBrusonio, horrenti, etnon arenti.
(4) Hiis pro his.
(5) In Brusonio, trufiiiqne pro ambagibusque.
(6) Posthumia tteest in Brusonio.
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244 TTSTAHENT
quoiqu'il n'ait pas de touche, et il les invite à lire récriture qui s'y trouve, quoique celte écriture soit formée sans encre, sans papyrus, sans parchemin ; c'est le marteau et le ciseau qui font parler la pierre. Telles sont les pointes de Sergius. Enfin il arrive à l'objet essentiel de son épitaphe, qui est d'inviter les passans, s'ils éprouvent un petit besoin , à respecter son tombeau, soit en retournant chez eux, soit en se mettant à l'écart pour satisfaire ce besoin ; et s'ils n'obtempèrent pas à son invitation ou plutôt â son injonction , il prononce contre eux une sentence aussi sévère que peu décente, et que nous n'exprimerons point, car, comme le dit le judicieux Boileau ,
Le latin , dans les mrts, brave Fhonnèleté' , Mais le lecteurirançais veut être respecte.
Les chiens sont compris dans Tanathème , et c'est avec le bâton et à coup de pierres qu'il faut les empêcher de venir souiller le tombeau en question. Sergius finit par déclarer qu'il a soif, que la vérité , qui lui fait faire cet aveu , a aussi soif que lui ; en conséquence il prie les assistant- de lui faire une libation de vin pur sur sa cendre desséchée ; puis il renvoie chacun à ses affaires en demandant grâce pour les balivernes posthumes qu'il vient de débiter.
Nous avions traduit littéralement ce morceau , mais les jeux de mots latins qui pouvaient avoir du sel autrefois, ne présentant pour ainsi dire que des trivialités en français , et certains passages n'étant pas susceptibles d'être rendus lit—
j,g,t,zeCh,GoogIe
DE. SEK6ID3. 2Îfi
téralement, nous noua sommes décidé à supprimer notre traduction.
L'abrégé sommaire que nous venons de donner de cette facétie antique suffit pour prouver que l'art de plaisanter n'avait pas acquis chez les Romains un haut degré de délicatesse , si cependant on en excepte quelques hons mots de Cicéron. Mais il y a autant de différence entre Cicéron et le prétendu Sergius „ qu'entre Rome et Pola , petite ville de l'Istrie..
DE H. GBUNNIUS COROCQTTA PORCELUJS.
( Vers Pu 35o. },
Voici-encore une plaisanterie qui, sous la forme de testament, a égayé les anciens; mais celle-ci est meilleure, du moins plus gaie et plus connue que la précédente. Nous nous en étions occupé, d'après plusieurs auteurs, et nous avions déjà même recueilli des notes à ce sujet , lorsque M. Pericaud, bibliothécaire de Lyon, membre de l'Académie de cette ville et de celle de Dijon, savant aussi laborieux qu'exact, etdont l'obligeance est sans bornes , nous a fait l'amitié de nous corn? ' muniquer une notice qu'il a lue sur ce testament à l'Académie de Lyon, le 27 janvier 1824. Nous l'avons reçue avec autant de reconnaissance que de plaisir, nous promettant bien d'user de la permission que nous a donnée l'auteur d'en enrichir notre ouvrage. Nous ferons seulement: une légère observation avant déjà rapporter ;. c'est
JigitizecbyGoOgle
que dans cette notice, où M. Fericaud passe en revue tous les auteurs qui ont parlé de cet acte bouffon, depuis S. Jérôme jusqu'à M. Barbier Veimars, il a omis le savant abbé Lebœuf, qui, dans le Mercure d'avril 1 ^35, a publié une Lettre à M. l'abbé Poney de Neuville, sur la pièce des Adieux et Testament d'un sanglier occis sur la fin de l'automne 1 73/j . Cette lettre, datée du 1 ." jan* vier 1735, écrite d'un style enjoué, mais un peu lourd , renferme le testament de Grunnius , avec des réflexions qui le précèdent et qui le suivent. Nous en citerons quelques-unes qui ne seront point déplacées, ce nous semble, à côté de la notice du savant lyonnais. Elles prouveront que les objets les plus facétieux et même les plus minutieux, ne sont pas hors du domaine de l'érudition , et que d'illustres académiciens n'ont pas dédaigné de leur consacrer quelques veilles. Commençons parla notice de M. Fericaud sur le testament de Grunnius Corocotta Forcellus.
> Antoine Terrasson, dit-il, a rassemblé à la suite de son Histoire de la jurisprudence romaine ( nous avons parlé de cette histoire, pag. 8 — 1 1 du 1 ." vol. ) , les monumens les plus entiers qui nous ont été conservés de cette jurisprudence, tels que les sénatus-consultes , les lois , les plébiscites , les édits , les contrats , les testamens et les autres actes judiciaires des anciens Romains. Parmi les pièces qui composent le quatrième paragraphe de cette précieuse collection , il s'en trouve une assez singulière , et qu'on est , pour ainsi dire , tout étonné d'y rencontrer ; c'est le testament d'un cochon, auquel l'auteur de cette
3,g,t,zeCb,G00gle
DE GRBJTKICS. ùty
plaisanterie a donné le nom de H. Grunnius Corocotta Porcellus. On ne saurait réroquer en doute l'ancienneté de cette pièce, car 5. Jérôme, qui florissait au IV.' siècle (né en 33t , mort en 4so ) , rapporte que de son temps les enfans là chantaient dans les écoles , en riant aux éclats : Tettamentum autem Grunnii Corocottœ Porcelli décantant in sckolis puerorum a g mina caehinantium (1). Mais quel est l'auteur de cette focétie? C'est ce que S. Jérôme , le seul parmi les anciens qui
(1) Pour confirmer ta citation de M. Pericaud, j'ai moi-même copié ce passage dans l'édition de S. Jérôme donnée par les bénédictins en (704, 5 vol. in-fot., tom. III, p. 307, au commencement du commentaire sur le XII.* liv. tl'lsaïc, cap. 4> ; j'insiste sur ce point, parce que le savant abbé Lebœuf a l'air de douter que ce pasnage soit dans S. Jérôme, et voici ce qu'il en dit dans la lettre précitée : • En cas de commentaire, je supplie
■ très- sérieusement et raillerie à part, celui qui prendra
• la plume en main , de nous apprendre sur quoi Gruter 1 est fondé lorsqu'il dit que S. Jérôme fait mention de
• Grunnius Porcetltts , dans son Proemium sur Isaïe. Je
■ trouve bien dans les ouvrages de ce saint docteur quel- » ques peintures déshonorantes d'un certain Grunnius,
• de l'espèce apparemment de ces gens qu'on entend
> toujours grognans dans les rues , dans les églises , dans » leurs maisons : c'est le naturel, dit-on , des gens, mais
■ le fond en est bon. Les anciens disaient la même chose » du porc ; mais d'autres ont ajouté en explication , que
> s'il y a du bon dansle porc, ce n'est qu'après sa mort. .. . •
Il parait que l'abbé Lebœuf avait lu très- superficiellement le Proentium sur Isaïe, car le passage y est bien, tel que je le donne ici , du moins dans l'édition que j'ai consultée. Terrasson l'a aussi rapporté dans sa note sur le testament en question. Il semble que Gruter, dans
J,g,t,zeCb,G00gle
en ait parlé, ne nous apprend pas, quoiqu'il en fasse mention en deux endroits de ses oeuvres ( 1 ) . Plusieurs modernes pensent qu'on peut la regarder comme un exemple du genre burlesque chez les anciens; et, chose remarquable, le P. Vavasseup , ennemi si déclaré du style burlesque , et si zélé 'défenseur des anciens à cet égard, n'a pas dédaigné de la louer , et d'en signaler les traits les plus saillans comme appartenant à la bonne plaisanterie.
■ Uncélèbregrammairicnallemand, Alexandre Srassicanus, mort en 1 53g, paratt être le premier qui-nous l'ajt fait connaître, lien fif la description d'après un manuscrit qui existe à Mayence. Georges Fabricius en a ensuite donné une édition corrigée d'après un autre manuscrit de la plus haute antiquité , lequel avait été trouvé à Memmel en Thuriuge. Depuis , le testament de Porcellus a été inséré dans plusieurs recueils (s}, et
son grand recueil, à ta fin du tome I.**, p. 18, est le premier qui ait cité S. Jérôme; et comme il était protestant, cela aura peut-être donné des doutes à l'abbé Lebœuf.
(i) Je n'ai pas trouvé le second endroit; ne serait-ce Tas celui dont parle l'abbé Lebœuf, où il est question de 1 homme Grunniiu, au lieu du porc Grunnitu?
(a) Je le trouve annoncé, mais d'une manière trèsfautive, dans le catalogue lies livres de M. Courtois, Paria, 1819, in-8.°, n."3ii? bis, où le titre est ainsi rendu ; Garnit Coroctœ Porcelli testamentatn ; il est avec deux autres opuscules, et a été imprimé Fani, i5o5 , petit iu-8.*
Ce testament existe encore dans le Nugm tmatei, Londini, i^i , pet. in-12, p. 354* où il est sous ce titre: Teslamentutn tudicrum Granit Porcttli, mjùts D • Bitronjrmiu ad Euitochittm meminit.
^mz^tyGoogle
DE CKUNNIIÎS. a .'(9
récemment dans l'Hermès romantts ., n. " 2 1 1 7 , t. II, p. /| a 1 . M. Barbier Veimars, rédacteur de ce journal latin , auquel il a mis pour épigraphe : Nil dictu fœdum , a cru , pour cette raison , devoir y faire quelques altérations, et peut-être a-t-il poussé le scrupule un peu trop loin!
* Un savant italien, Thomas Porcacchi, traduisit le testament de Porcellus en langue toscane, et le fit paraître à la suite des facéties du Dômenichi, publiées vers le milieu du XVI.* siècle (Fiorenza* i548, in-6\").
> Il ne paraît pas que jusqu'à présent il ait été traduit en français, car on ne peut pas regarder comme une traduction l'imitation qu'on en trouve dans le Formulaire récréatif de Bredin-le- Cocu ; une, rédaction nouvelle et conforme au style usité au palais en ce temps-là , y a été employée par Benoit du Troncy, auteur de ce Formulaire.
» Si Porcacchi s'est exercé sur ce sujet, c'est peut-être à cause de la ressemblance qui existe entre son nom et celui de Porcellus. Toutefois, ce n'est pas une traduction qu'il nous a donnée du testament de l'illustre pourceau : ce n'est qu'un imitation libre et très-libre , précédée et suivie de réflexions assez originales. Ce serait peutêtre à la façon de Porcacchi que ce testament devrait être traduit pour l'offrir à des lecteurs français ; mais il n'est pas donné à tout le monde d'avoir le génie et le nom de Porcacchi ( mort en l595).
» Comme on veut aujourd'hui que toute traduction puisse être mise en regard du texte , j'ai
J,g,t,zeCb,G00gle
été obligé de m'astreiodre à une exacte fidélité , cette pièce étant d'ailleurs assez plaisante en elle- ■ même pour qu'un traducteur puisse se dispenser d'y rien ajouter. Je m'étais proposé d'y joindre des notes, car plusieurs passages et plusieurs mots sont susceptibles de recevoir une interprétation (i) ; mais je laisse ce soin a un critique plus expérimenté , lequel, à l'exemple du très-docte Mathanasius, pourra faire, s'il le jugea propos, sur le testament de Forcellus , un commentaire dans le genre de celui qui accompagne le Chef-d'œuvre d'un Inconnu. • (La meilleure édition de ce Chef-
(i) C'est l'avis de l'abbé Lebœuf, qui, dans sa lettre précitée , s'exprime ainsi à cet égard , toujours sur le ton de la plaisanterie ;'
■ Il paraît que ce testament mériterait au moins un
• aussi ample commentaire que celui qu'où nous a donné » sur l'acte d'entrée de ta chèvre au parlement, dans la
■ continuation des Mémoires de littérature de l'an 1728,
> qui est plus connu sons le nom de. Lantran ( tom. Vf ,
> part, a , p. 1 ). Outre les noms propres contenus dans » l'histoire de l'appréhension corporelle du pauvre Coro- » cotta, il n'y a guères de mots dans les articles du tes-
• tament, qui ne méritent un commentaire d'une page,
■ savoir : une demi-page pour illustrer les qualités des » légataires, et l'autre demi-page pour faire connaître
• l'espèce et la valeur des legs. II y a entre autres un » fameux legs pour les querelleurs, qui demande une
■ plus longue explication, attendu que le terme par 1 lequel il est exprimé (capitinas ) , ne se trouve ni dans
> les Dictionnaires, ni dans les Glossaires. Les légataires
> des cuisses ou fesses du pauvre Corocotta sont dans 1 le même cas. Ils ne sont connus par aucun livre. C'est 1 sur quoi brillera sans doute l'érudition du commenta-
• leur.... Je ne parle pas des noms, des témoins du tes-
3,g,t,zeCb,G00gle
DE GRUNNIU9. 201
d'œuvre est celle de M. Leschevin, Paris, 1807, 2 vol. in-8.' )
Telle est la notice de M; Pericaud. Nous allons passer au testament; nous donnerons d'abord le teste original , et nous nous servirons de celui de Terrasson qui , en style lapidaire comme la pièce précédente de SergiuB , nous parait plus conforme â l'orthographe antique ; la traduction française suivra le texte latin.
TESTAMENTUM LL'DICRUM GBUNNII PORCELLI.
M. Grcnnius, Corocotta, Porcelltjs, Testa-
MENTUM. FECI. QUOD. QUONIAH. MANU. MEA. SCRIBERE. NON. POTUI, 8CRIBENDUH. DICTA VI. MaGIRUS. COCUS. DIXIT. VeNI. HtIC. EVERSOR. DOMI. SOLIVERSOR. FUGI- TIVE. Porcelie. Ego. HODIE. tibl V1TAH. AD1HO. Corocotta. Porcellus. dixit. Si. qua. feci. si.' qua. peccatt si. qua. vascula. pedtbus. meis, con- FREGI. rogo. domine, coce. veniah. peto. roganti.
CONCEDE. MAGIRUS. COCC8. DIXIT. TRANSI. PUER. ADFER. HIHI. DE. Cl) LIN A. CULTRUU. UT. HUNC. PoR- CELI.UM. PACIAM. CRUENTUH. PORCELLUS. COMPREHEN-
• tament; ilg sont aussi curieux à expliquer que l'est la
> substance de l'acte , et il n'y en pas un ou quelque
■ grammairien avide d'écrire ne mit une note d'une
> bonne page.... Mais que ne dira t il point encore sur » le nom de Verrinua, que portait le père du pauvre dé-
• funt , surtout s'il interroge nos Champenois ? Car ils
• appellent les porcs du nom de ver ou verrat. Il y aura 1 là de quoi déployer bien de l'érudition étymologique,
■ aussi bien que sur Lariiinut qui était son surnom. •
J,g,t,zeCb,G00gle
DITUH. A, 1-AMLLIg. DUCTUS. SUR. DIE. XYI. Cal. LuCERMNAS. L'BI. HABUNDANT. CyHAE. ClYBANATO. ET. PlPERATO, COSS. Eï. UT. VIDIT. SE. MORITURUM. ESSE. HOR£. SPATIUM. FETIIT. COCDH. ROGAVIT. UT.
Testahentvu. ïacere.'posset. Inclamavit. AD. SE. suos. parentes, ut. le. cibariis. suis. aliquid. dimittebet. eis. Qui. ait. Patri. meo. Yebbîno,
LaBDINO. DO, LEGO. DABI. GLANDIS. MODIOS. XXX.
et. matri. me*. Veturrin*. Scrof*. do. lego. dabi. laconics. biligin1s. modios. xl. et. sorori. mes. qliirin£, in. cl jus. votcm. interesse. non. potui. do. lego. dam. hordei. modios. xxx. et. de. meis. visceribl's. dabo. donabo. sutoribus. setas. rlxatoribus. capitinas. surdis. aubjculas. Causidicis. et. vebbosis. linguam. Bubularhs. intestina. esiciariis. femora. mulieribus. lumbulos.
PuEBIS. VESICAM. PuELIlS. CAUDAM. CtnjeDIS. MUS- CULOS. CuRSORIBUS. ET. YesATORIBUS. TALOS. LA- TRONIBUS. UNGULA8. ET. NEC. NOHINANDO. COCO. DO. IEGO. AC. DIHITTO. POPAM. ET. PISTIIXUM. QUJ1. ME- CUM. DETULERAM. A. QUERCETO. USQUE. AD. HARAM. LIGET. SIBI. COLLUH. DE. RESTE. VoLO.-MIHI. FIERI, HONUMENTCM. EX. 1ITTERIS. AUREIS. SCRIPTUM. M'. Grunnius: Corocotta. Porcellus. VIXIT. ANNOS. ûccccxcviuis. Quod. SI. SEMIS. VIXISSET. mille. ANNOS. IMPLESSET. OpTIMI, AMATOBE3. MEI. TEL. CON- SULES. VIT*. ROGO. VOS. DT. CORPORL, MEO. BINE- FACIATIS. BEWE. CONDIATIS. DE. BONIS. CONDIMENTIS. NUCLEI. .PIPERIS. ET. MELUS. UT. NOMEN. MEUM. IN. SEMPITERNUM. NOMINETUR. MEI. DOMINI. ET. CONSO- BRINI. MEI. QUI. HUIC. MEO. TeSTAHEHIO. INTER- FUISTIS. JUBETE. SIGNARI.
Lucanicus. signavit.
.>,=,l,z^tyG00gIf
DE crus ni i: s. 253
Tebgillus. sign.
Nuptiaiicus. sign.
Ceisakds. sign.
Labdio. sign.
Offeixicus. sign, Cymatus. sign.
Ici se termine le texte du testament de Grunnius ; voici la traduction :
DE GRUHNIUS COROCOTTA PORCELLUS.
■ Moi, M. Grunnius Corocotta Porcellus, ai fait mon testament , mais ne pouvant l'écrire de ma main , je l'ai dicté.
« Le cuisinier Magirus a dit : Viens ici , ruinemaison, destructeur du pavé, fugitif Porcellus, j'ai résolu de te tuer aujourd'hui.
> Corocotta Porcellus a dit : Si jamais je vous ai offensé , si jamais j'ai failli, si jamais j'ai cassé quelques pots avec mes pieds , je vous eu supplie, seigneur cuisinier , pardonnez-moi.
> Le cuisinier Magirus a dit : Uola! garçon, va me chercher un couteau à la cuisine, afin que je saigne Porcellus.
i Aussitôt Porcellus est pris par les valets , et conduit au supplice le XVI avant les calendes luceraines , temps où abondent les tendrons de chou , sous le consulat de Clybaoatus et de Piperatua; et comme il vît qu'il allait mourir, il demanda une heure de répit , et conjura le cui-
j,g,t,zeCh,GoogIe
sinier de lui permettre de faire son testament. Il appela auprès de lui ses pareils, afin de leur laisser quelque chose des vivres qui lui étaient destinés, et dit:
» Je donne et lègue à Yerrînus Lardinus. mon père, XXX boisseaux de gland.
» Je donne et lègue à Véturine Scrofa, ma mère, XL boisseaux de froment de Laconie.
* Je donne et lègue à Quirona ma sœur, aux noces de laquelle je n'ai pu assister, XXX boisseaux d'orge.
■ Quant à mes dépouilles corporelles :
» Je donne et lègue ma soie aux cordonniers ;
■ Mes dents aux querelleurs ;
* Mes oreilles aux sourds ;
• Ma langue aux avocats et aux bavards ;
* Mes intestins aux tripiers;
» Mes cuisses aux gourmands;
* Mes reins aux femmes;
» Ma Vessie aux petits garçons; » Ma queue aux jeunes filles; «Mes muscles aux efféminés;
• Mes talons aux coureurs et aux chasseurs;
• Mes ongles aux voleurs;
• Enfin je donne à un cuisinier que je ne nomme pas, la corde et le bâton que j'ai apportés de la forêt jusqu'à l'étable, afin qu'il se mette la corde au cou et qu'il se pende.
» Je veux qu'on m'élève un monument sur lequel on écrira en lettres d'or : M. Grgnnius
CoROCOTTA PoRCÏLLIiS EST MORT A DCÇCCXCVIHI ANS ET DEMI; S'lLrEUT VECC SIX MOIS HE PLUS, IL EUT ATTEINT MILLE ANS.
j,g,t,zech,GoOgIe
DE GBUNNICS. a55
■ O vous qui , pendant ma vie , m'aimâtes et prîtes soin- de moi, veillez à la conservation de mon corps. Je vous supplie' de le parfumer, de l'embaumer , et d'employer à cette opération le miel, le poivre et les amandes, afin que mon nom ne périsse jamais.
» O mes maîtres et mes chers parena qui avez entendu mes dernières volontés, ordonnez que l'on signe, et ont signé Lucamccs, Ter.gii.ujs, Nuptulicds, Celsancs, Labdius, Offellicus et
CïMATTJS. •
On voit que cette traduction de M. Pericaud est aussi fidèle qu'il est possible, et que le traducteur , pour les mots latins qui ne se trouvent ni dans les Dictionnaires , ni dans les Glossaires, les a rendus de la manière la' plus appropriée au sens que sans doute l'auteur y attachait.
Nous avons parlé au commencement, du Testament d'un sanglier , qui a été composé par l'abbé Poney de Neuville , et qui a donné Heu à la lettre de l'abbé Leboeuf sur le testament de Corocotta Porcellus. Quoique celui-ci soit infiniment supérieur à celui de Robin ( c'est le nom du sanglier), nous croyons devoir citer la partie des legs faits par ledit Robin , comme tenant à notre sujet. Cette pièce, en vers, de M. Poney, est intitulée :
Adieux ETTESTAMENTrfcfloimjïioA/e sanglier, décédé à Liesse par arrêt du Dieu des festins.
Robin commence par ses adieux à un chien ,
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à une chienne et à un chat, avec lesquels il parait avoir vécu en familiarité chez son maître.
Ensuite il demande pardon aux domestiques, puis fait son testament ainsi qu'il suit. L'appareil de son supplice avait sans doute glacé sa veine poétique, car il serait difficile de trouver des vers plus prosaïques.
Voici mon testament : j'ordonne , je souhaite Que mes os soient légués à Quinquin, à Folette (t). Item, je laisse encor le tranchant de mes dents Aux bigots offensés, aux rimeurs imprudens, Pour garantir ceux-ci des rudes bastonnades , Qui rendent quelquefois leurs épaules malades. Je leur laisse ma peau , dure , laite à profit , Et qui, pendant l'hiver, peut leur servir d'habit. Je laisse mon humeur portée à la rapine , A tout mortel en qui Mercure prédomine. Je ne les nomme pas; ce sont d'honnêtes gens» De la filouterie intrépides agens.
J'abandonne ma voix moins douce que grondeuse , Au joueur quand il perd, à la prude hargneuses Aux pédans refrognés , à nos longs savantas, Que l'on trouve toujours hors d'oeuvre en un repas. Tels sont mes legs pieux. Item, j'ordonne encore Que l'on chante mon nom du noir jusqu'à l'aurore; Que de ma tendre chair ne reste aucun fragment; Qu'en outre mon tombeau soit arrosé souvent Des flots de pur Bourgogne et de mousseux Champagne; Et qu'élevé surtout en pays de Cocagne , On y Use ces mots par Neuville tracés : Ci-git sire Roms, le hommes c'est issbz.
Il faut avouer que le Mercure de France, dans ce temps-là, n'était pas difficile en poésie. Cette
(i) Le chien et la chiu-nac.
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DE GRCNNI08. *5j
misérable pièce se trouve dans le numéro du mois de décembre 1734, p. 2807. Nous ne l'avons citée que pour parler de la lettre de l'abbé Lebœuf , qui y a rapport et qui se trouve dans le même Mercure, avril 1705, pp. 626 — 63a.
Cette lettre, dont nous avons déjà rapporté des fragmens, commence ainsi :
• Yous avez bien choisi votre saison, Monsieur, « pour nous faire admirer l'économie des legs » testamentaires de Robin. L'hiver, et surtout le
> mois de décembre, est le temps le plus fatal, « à la race porcine ou gruunienne. Les anciens » ne voulaient pas qu'on perdît de vue ces tra- » ditions gauloises , et ils étaient soigneux de les
> marquer d'année à autre dans leurs calendriers.
• Je viens de quitter un de ces calendriers qui » a trois cents ans de date, où j'ai lu, à la tète
> du mois de novembre, cette sentence : Miki
• pasco sues; et à la tête de décembre, mihimaclo. » Un autre calendrierde deux cents ans , fait orner
> le frontispice du mois de décembre de ce beau
• vers :
Quasrlt habere cihum , porcum mictindo december.
* Le testament de Robin, noble sanglier, que
> vous avez publié dans le second volume de » décembre dernier, m'a rappelé celui de Grun-
> nius Corocotta, qu'on lit dans un livre peu ■ commun. J'ai cru , depuis que j'ai fait lecture » du testament de Robin, qu'il serait bon que le » public fût aussi informé de celui de Grunniut , » afin que l'on pût décider, en cas de besoin ,
» lequel des deux, de Robin ou de Grunniua,
■ avait le plus d'esprit. >
L'auteur fait ensuite l'éloge de Corocotta, surtout de son grand âge, 11 le trouve fort instruit, et admire l'ordre et la sagesse qui régnent dans la distribution testamentaire de tout ce qu'il possédait. Nous avons vu tout ce qu'il en est.
Peut-être nous sommes-nous arrêté trop longtemps sur cette facétie; mais tant d'érudits en ont parlé , d'ailleurs elle présente si bien un modèle de testament chez les Romains, que nous avons cru nécessaire de réunir tout ce qui a été publié de plus essentiel sur cet objet.
Nous ajouterons encore un mot sur le nom Corocotta. On pourrait croire qu'il est purement fait à plaisir; cependant on trouve dans Dion Cassais , liv. 56, qu'un mauvais sujet de ce nom, voleur de profession , après avoir excité la colère d'Auguste , au point que ce prince offrit dix mille sesterces â quiconque lui livrerait ce brigand ; on trouve , disons-nous , que ce mauvais sujet reçut lui-même cette récompense en venant de son plein gré se présenteràl'empereur. Voicile propre passage de Dion , traduit du grec par Xylander : « Corocottam quemdam latrociniis in Hispaniâ vi-
■ gentem, primum in t tinta ira habuit Àugustus,
■ ut prœmium et qui virum istum sibi adduxisset » decies sestertiûm promtserit ; deinde ultrb eum ad > se venientem neque pana affecit , et eâ quant dixi » pecuniâ ditavit. » Selon toute apparence, c'est parce que ce. Corocotta était un mauvais sujet, que l'on a baptisé de son nom le pauvre Grunnius Porcellus.
DE GRUKNIUS. s5û
Le P. Garasse, si chatouilleux sur tout ce qui a l'ombre de profanation , n'a pas oublié notre Grannius (qu'il nomme G rognet) dans ses plaintes contre ceux qui dressent des mausolées ou qui font des épitaphes aux animaux. V. sa Doctrine curieuse, Paris, i624,în-4.°, p. oo3. «Quoiqu'il
■ y ait eu , dit-il, des gens de bien et d'honneur , v lesquels pour esgayer leur esprit, ont fait l'épi-
■ taphe de quelques bestes , néanmoins je ne sau-
■ rois approuver cet abus, et par conséquent je
• ne trouve point bon que Rapin { Nicolas )
■ ait dressé l'cpitaphe de l'asne qui fut mangé â
> Paris durant le siège ( 1 ) ; que Joachim du Bellay
■ ait fait l'epitaphe de son chat ou de son barbet;
> que Justus Lipsius ait dressé des mausolées à » ses trois petits chiens, dont le premier s'appeloit » Mopsut, le second Sapphirus, le troisième Mop-
• sulus ; qu'un anonyme ait fait l'epitaphe de son
> cochon nommé Grognet, etc. ; je ne puis agréer » toutes ces inventions ridicules et profanes,
• d'autant quec'estdireenbonfrançois, quoique » l'intention des auteurs puisse être bien diffé-
• rente, Unus interitus est Iwminis et jumentorum ,
■ et œtfua est utriusque conditio. »
Le rigorisme du P. Garasse nous paraît un peu outré , car ces sortes d'épitaphcs sont des jeux d'esprit et rien de plus. Cependant il fait grâce à l'epitaphe de la mule de Crassus, qu'il trouve
(i) Voyez la Satyre Mtn'tppèè, Ratisbonne, 1713,3 vol. in-8.', tom. I, pp. ai 5 — a 18. II est dit à la lin de cette pièce facétieuse en vers , qu'on fit mourir ce bel âne en la fleur de son âge, le mardi 28 août i5go.
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très-ingénieuse. Elle a été découverte vers i5a^; elle était gravée sur le marbre. La voici telle qu'il la donne: