‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 8 sur 123 · IV. le catalogue de M. F. Didot, p. Ja, n.» 4;G · texte numérisé non relu

IV. le catalogue de M. F. Didot, p. Ja, n.» 4;G

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inévitable dans un ouvrage dont les parties paraissent à longs intervalles sous la forme d'almanacb. M. Patrïs, en réunissant toutes ces parties en 3 vol. , a réparé le désordre primitif, et en a faitun tout plus agréable à la lecture et plus instructif, surtout avec les noies et les additions. Si l'érudition, la variété des matières, et même l'amusement, sont la garantie du succès d'un livre, il en est peu qui présentent ces avantages à un plus haut degré que les Ephémérides de Grosley, et l'on en peut dire autant de presque tous ses autres ouvrages, parmi lesquels nous avons distingué sa Vie de MM. Pithou, Paris, 17S6, a vol. in-ia; — '-son Eloge historique de M. ( Rémi ) Breyer, chanoine de l'église de Troyes ( auteur des vies de sainte Prudence, sainte Maure, etc.), Troyes, 1 753, in- 1 2 ; — ses Recherches pour servir- à l'histoire- du Droit français, suivies de Recherches sur la Noblesse utérine de Champagne, Paris, Etienne, i;5a, in- 12; — son voyage en Angleterre, sous le titre de Londres, 1770,3 vol. in-ia, réimprimé en i?74) 4 vol. in-ia, etc. etc. Grosley a remporté le premier accessit au fameux concours ouvert en 1750, par l'académie de Dijon , sur cette question : ■ Le rétablissement > des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer- les » mœurs? >SansJ.-J. Rousseau, dont les éloquens paradoses ont été couronnés, Grosley (sous le nom de Duchasselas ) eût remporté le prix. Ce savant Troyen a été membre associé de l'académie de C halo n s -sur- Marne , en 1754; de celle de Nancy, en 1767 ; de l'académie des inscriptions et belles-lettres de Paris, en 1761; agrégea l'académie de la Crusca, en 1764: et membre de la société royale de Londres, en 1766. Tous ces titres, dont on n'était pas très-prodigue dans ce temps-là, prouvent le cas que l'on faisait des falens variés de Grosley. Ses divers ouvrages, tant imprimés que manuscrits, y compris un certain Farrago inédit, formeraient bien vingt volumes in-S.*

DE BECHHEVAI.

Nous ne quitterons point la ville de Troyes sans parler du testament d'un de ses habitans qui , animé du bien public , consacra une partie de sa fortune à un établissement utile: Quoique la plupart de ces sortes d'actes de dernière volonté, n'offrent rien de remarquable que la disposition généreuse qui les distingue, il est bon de les rappeler comme des modèles aussi honorables pour leurs auteurs que dignes de la reconnaissance de tous les bons citoyens. Le testament en question est celui de M. Jacques de Brunneval , seigneur de Montceaux et receveur des gabelles à Troyes. Cet acte est daté du 3o mars 1775. Nous n'en donnerons qu'un extrait, qui nous a été communiqué par M. Patris de Breuil, dont l'obligeance égale le zèle pour sa patrie, et le goût pour les lettres.

« Certum mari, incertutn çuandà. * Après différens legs, les uns pieux, les autres rémunéra toires, et plusieurs dispositions tendantes à assurer l'exécution de ses dernières volontés , M. de Brunneval s'exprime ainsi :

■ Voulant donner à la ville de Troyes des marques sensibles de mon amitié, et contribuer, autant qu'il est en moi , au bien particulier des artistes , à l'avantage de la ville et à l'avancement des sciences et des arts , dont MM. les officiers municipaux viennent de former le berceau sous Je titre d'Ecole gratuite de dessin, je lègue et laisse

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à ladite ville de Troyes, la maison dans laquelle je demeure , rue de la Levrette , au coin de la rue, du Bourg-Neuf, pour n'en jouir qu'après le décès de mon épouse, qui en a l'usufruit par notre contrat de mariage. Je laisse MM. les officiers municipaux les maîtres de la destiner au logement des professeurs et emplacement des classes , ou pour toutes autres choses qu'ils voudront, même de la vendre; mais en cas de vente, je veux que les deniers qui en proviendront soient

placés en acquisition d'héritages ou rentes ,

pour payer des appointemens ou honoraires aux professeurs de ladite école, et spécialement à un bon mattre de mathématiques.

■ Je fais ce legs à cette condition , et encore à la charge par MM. les officiers municipaux de distribuer , par chacun an , â commencer au mois d'avril qui suivra mon décès , dans une assemblée publique, quatre médailles d'argent de 1 2 livres chacune , a quatre des écoliers qui se seront le plus distingués dans leur partie; plus, de faire célébrer le lendemain de la distribution des prix, en l'église de Sainte-Madelaine , une messe haute de requiem pour le repos de mon ame, à laquelle lesdits sieurs professeurs et écoliers assisteront en corps.

» Je laisse et lègue, en outre, à ladite école et pour son usage, mon Dictionnaire des Arts et Métiers en a5 vol. , dont on se servira en ladite école , sans déplacer. Je veux qu'il soit passé pardevant notaire, et en une assemblée générale du bureau de la ville, acte d'acceptation par lesdits sieurs maire et échevins de la présente fondation,

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auxdites charges et conditions ; que du présent et dudit acte , extrait soit gravé sur un marbre ou lame de cuivre , qui sera posé dans la salle de l'école, moins de ma part, par envie de conserver ma mémoire, que pour servir à gagner de vrais citoyens qui m'imitent. »

Cette donation a reçu son exécution; ■ mais, dit M. P. D. B. ', il n'est resté à la ville de Troyea que les charges, la maison léguée ayant été com- . prise par les hommes cupides de la révolution parmi les biens nationaux, et vendue comme telle , malgré la réclamation des bons citoyens. >

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