DE CHRISTOPHE COLOMB
ia bibliothèque de Corsiui à Rome; il fut examiné avec le soin le plus scrupuleux par le savant abbé Andréa, qui le communiqua à Tiraboschi. Celui-ci en ayant pris copie, l'inséra en note dans sa dernière édition de l'histoire littéraire d'Italie.
Mais longtemps avant ce codicille (en 1498) .Colomb avait fait un testament, qui a bien existé réellement , quoique son fils Ferdinand Colomb n'en ait pas parlé dans la Vie de son père , publiée vers 1 53o , et traduite en français par Cotolendi; Parti, 1681 , a vol. ùt-is. Cet acte subsiste encore ; on dit qu'en Espagne on en a déchiré une page et que l'on a altéré plusieurs chiffres. Ce testament a été publié dans cet état d'imperfection , et même on en a tu des copies sans signatures. Mais on le retrouve complet et muni de la signature dans le rapport d'une commission nommée dans le sein de l'académie des sciences et des lettres de Gênes , et composée de MM. Serré, Carrega et Piaggio; on extrait de ce rapport existe dans Y Histoire de Christophe Colomb, traduite de l'italien de Bossi, par C. M. Urano, Paris, i8a4. in-8.°, pp. 59— 86. Malheureusement ce testament n'est point rapporté dans cet extrait , et nous n'avons pas sous les yeux l'original du rapport; mais il paraît que cet acte a été frappé de nullité , soit par un testament postérieur, dont une lettre de Colomb, datée de Sévîlle, i5oa , donnerait l'idée, puisqu'il y parle d'un don considérable ou plutôt d'un legs en faveur de la banque de Saint- Georges ( de Gênes ) , soit par le codicille que nous allons rapporter, et 0(1 cette disposition serait tacitement révoquée.
Tenons-nous en donc a ce dernier acte, dont l'authenticité paraît démontrée, bien que plusieurs auteurs l'aient regardé comme apocryphe , surtout a cause de sa forme militaire, Quoi qu'il en soit, te voici tel qu'il a été trouvé , autant que je puis* le croire , sur le feuillet blanc d'un livra de prières ( Heures de la Vierge ) , ri-
JigitizecbyG.OOgle
38o TESTAMENT
chôment orné" , dont le pape Alexandre VI avait fait présent à Colomb , qui y attachait le plus grand prix , puisque ce livre est le premier objet dont il dispose en faveur de sa chère patrie dans ce codicille.
CoDICII.Ll'8 MORE MILITAS! CflUSTOPBOM Coj.OHBI (l).
Cum SS. Aiexander PP. VI me hoc devotissimo preeam libella honorârit , summum mihi prabente solatium in captivitatibus , prtstiis , et adversitatibus mets , volo ut post mortem meam pro memoria tradatur amantUsinue mat patrits reipttbUae Genaensi; et ob bénéficia in eadem orbe recepta vola ex staoîtibus in Italia redditibtts erig'i ibidem novam hospitate, ac pro pauperum in patria meliori substentativne, definenteaue linea mea mascuiina in admirait* meo Jndiarum et annexis juxta privilégies dicti régis in tuccetsorem déclare et substitua eamdem rempubticam Sancti Georgii.
Datum Palledotiti, 4 maii i5oG.
XPOFtRENS.
(■) Traduction : Codicille de CmiSTemu Colomb, selos Là roum hilitsiii.
« La très-saint père ( Alexandre VI ) m'ayam gratifia de cet excellent livre de prières qui m'a donné de grande» consolations dans les combats , dans ma captivité et dans mes malheurs, je veux que. ce prêtent mémorable, soit dévolu «prés ma mort ■ la république de Gênes , ma très— chère patrie. Je veux aussi qu'en reconnaissance des bienfaits qne j'ai reçus dans ladite ville, il y soit érigé un nouvel hôpital avee les fonds provenant de mes1 possessions en Italie, pour la subsistance des pauvres de ma patrie. Je déclare en antre qu'en ces d'extinction de ma ligne masculine, je constitue ladite république de Saint-Georges (Gênes) habile à succéder à l'amiraku des Indes et aux antres privilèges annexés à cette charge.
s Fait à ValladoUd, le 4 mai i5o6. >
(Suit la signature de Colomb.}
BS CHftISTOPHB COLOMB. 58l
Cette signature singulière n'a pu encore être expliquée. Il n'y a absolument d'intelligible que le prénom du testateur Xpofehens ( Ckristoferens ) , Christophe. Mais comme il a signé de la même manière deux lettres adressées, le si mars i5os , et le 17 décembre 1S04, a l'ambassadeur Nicolas Oderîgo, on' ne peut pas douter que ce ne soit bien véritablement sa signature. Quant aux aigle» placés. au-dessus du mot Xpoferent, il serait difficile de tirer quelques conjectures sur ce qu'ils signifient; ces lettres ont probablement rapport à quelque pratique religieuse.
Je profiterai de cet article pour relever une faute grave qui se trouve dans mes Recherches historiques et littéraires sur les Danses des Morts , etc.. Paru et Dijon, i8s6, in -8.* , fig. , p. 17a. Il y est dit : « Une pièce » extrêmement curieuse est un codicille de Christophe
> Colomb, lequel est écrit de sa propre main sur une
> page blanche de ses Heures de ta Vierge, qui furent
> données au pape Alexandre VI. ■ II faut lire : ■ Qui » lui furent donnée» par le pape Alexandre VI, » (qui a occupé le trône pontifical depuis le 11 août 149a jusqu'au 18 août i5o5). Il était impossible que Colomb qui a écrit son codicille le 4 mai i5o6, sur un feuillet de ces Heures , en eût pu Eure présent à Alexandre VI , mort en i5o3. S'il n'existe point d'autre original de ce codicille que le feuillet en question , alors ces Heures de ta. Vierge Marie se trouvaient dans la bibliothèque Corsi à Rome. Au reste , pour décider cette question , il faudrait avoir sous les veux le Codice diplomatico Colombo- Americano, sic., publié p&rM. Spotorno, Gênes, i8a3, in-4-°> orné du portrait de Colomb et d'un facsimilé. Hats il est difficile de se procurer, dans ]e fond d'une province , tous les ouvrages et tous les rensejgnemens nécessaires, surtout en fait de livres étrangers, et particulièrement sur des matières aussi obscures que celles qui regardent la famille , la naissance , la fortune
3,g,t,zeCb,G00gle
384 TESTAMENT, etc.
digesti,eamprafotioneD.BonifaciiAmerbackiijurercont. (sic), ut omni deinceps lm.postu.rce via intercladatur , ne ara Erasmico quispiam edat, quod vir ille non scripsertt dam vîveret. Accessit vitaErasmi fier Beat. Bhm. ad Episco. Coton. ; Monodia Frederici Naaseœ Erasnti vitam graphicè depingens. Vita Erasmi ex ipsius epistota ad Ser. (Servatium) folrern. Praierea ne quid desideres, ephhapkiortim libellai clan clarïss. viroram atiquot epîstotii , camque monodiis ,encomiis , consolationibus, elegiis, muttisque doctiss. virorum tpitapkiis , ntmquam impressa (sic). Antverpie, «pud viduam Martini Cœsaris Joannis Cocciï , circiter calend, maias.anno i55-j ,pet. m-8.°, en carnet, ttaliq., sans pagination, mais avec réclame à chaque page.
Ce petit volume , entièrement consacré a la gloire d'Erasme, offre des choses curieuses. Les détails sur ses ouvrages , adressés par lui en i5a4a J- Botzhem, qu'il avait surnommé Abstenùas , parce qu'il ne buvait pas de vin, sont intéressais. Nous y avons remarqué surtout un passage où , se disculpant du reproche que lui avaient fait certains calomniateurs d'avoir retiré beaucoup d'argent des dédicaces de ses livres, il raconte naïvement l'histoire de toutes ces dédicaces aux papes , cadinaux, empereurs, rois, etc. ; et son refrain est presque toujours, ni kit expectavi, nihit accepi; non per me Teruncio fœtus est pauperior; non me una drachma dilîorem fecit; ejus scriniis non decessit obolas; tantum donavit quantum si incidat tn oculam quamvis teneram, nihit tormenti sit atlaturum, etc. etc. Nous n'oublierons point ce morceau assez étendu, dans notre Ckrysopée littéraire ou Notice historique des récompenses, sommes, bénéfices et profits que certains auteurs anciens et modernes ont retirés de leurs ouvrages. Cet ouvrage est encore manuscrit.
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