‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 95 sur 123 · TESTAMENT DE FERNÀND CORTEZ · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE FERNÀND CORTEZ

Le nom de ce fier conquérant a trop retenti dans les deux mondes , pour que nous ayons besoin de nous appesantir sur les détails de sa vie. Les vastes régions qu'il a soumises bu roi d'Espagne et le triste sort des Montezuma et des Guatimozin rappellent suffisamment tout l'éclat et tout l'effroi attachés à ce nom fameux.

Nous dirons cependant en peu de mots que , né vers i485, à Medellin, dans l'Est ramadure , Fernand Cortez est passé a Saint-Domingue en 1 5o/(; qu'il est parti de cette lie en i5i i pour accompagner Diego Velasquez, lors de son expédition de Cuba; que sorti de Sàn-Iago le 18 novembre' i5i8, avec une flotte de dix vaisseaux, montée par six cents Espagnols et dix-huît chevaux, avec quelques pièces de campagne , il s'est avancé le long du golfe du Mexique; qu'il a débarqué sur la côte le 4 mars 1019; que successivement il a soumis les naturels du pays , tantôt par la surprise , la douceur et les caresses, tantôt par la violence, la terreur et la force des armes; qu'enfin après des coursés, des combats, des succès et des fatigues en tout genre , il est parvenu en i5ai à détruire l'empire de Montezuma , et à s'emparer de ses riches et vastes domaines (1) et des pays environnai». Maître absolu de là ville de Mexico, capitale de l'empire, il l'a rebâtie en i5sg dans le goût des villes de l'Europe. U est inutile de dire que Cortez avait acquis des trésors immenses , dans un pays on l'or était le métal le plus Usuel. Charles-Quint lui avait en outre donné la vallée d'Oaxaca , érigée en marquisat et rapportant i5o,ooo livres de rente, dans la Nouvelle- Espagne , nom donné a la nouvelle conquête.

(1) Le vieil* Mexique , ou la Nouvelle-Espagne , ■ 667 lieues de long sur i5o de large , et une *uif«ce de 35,333 tieuei-

3,g,t,zeCb,G00gle

Cependant forcé de revenir en Europe pour défendre ses biens contre le conseil des Indes , Cortez fut reçu froidement par Charles-Quint, et traité avec assez peu de considération a la cour. On finit même par tellement l'oublier, qu'un jour voulant parler a l'empereur, il fendit la presse qui entourait la voiture du prince et monta sur l'étrier de fa portière : < Qui êtes-vous? lui » dît Charles. — Je suis, répondît fièrement Cortez, » un homme qui vous a donné plus de provinces que » tds pères ne vous ont laissé de villes. » Ce mot ne l'a Sans doute pas raccommodé avec l'empereur. Abreuvé de dégoûts, il se retira près de Séville, y fit 'son testament le 1 1 octobre i hk~! • «t y mourut le 2 décembre Î554- ' ' .

Ce testament, pièce intéressante, qui porté l'empreinte de cet homme extraordinaire , était a peu près ignoré. On en doit la connaissance au célèbre voyageur M. le , baron Alexandre de Humboldt, qui, arrivant à Mexico en avril 1 8o5 , et y séjournant , lé trouva dans les archives de la maison del Estado (du marquis del Valle), située sur la grande place de cette ville. Il en prit copie sur l'original espagnol, et lorsqu'en 1811 il publia son Estai politique sur la Nouvelle-Espagne , 2 vol. in-4-' et atlas in-fol. ou- 5 vol. în-8.', il en fit mention cl même en cita une clause assez singulière, tom. II, p. 49 d© l'édition in-8." Mais dès-lors M. Jules Renouard a donné une nouvelle édition de cet ouvrage, Parts, 1827, 4 vol. in-8.°, avec un superbe atlas de 20 planches gr. in-fol. Cette édition très-belle , très-soignée et revue par l'auteur, est enrichie, tom. IV, pp. 3i4— 3s8, d'un extrait assez détaillé du testament de Cortez , trad. de l'espagnol. En même temps M. J. Renouard a publié le même ouvrage de M. Humboldt , traduit en espagnol sous ce titre : Ensayo politico sobre ta Nueva Espagna, por et baron A, de Humboldt; segonda edicion, torregida y aumentada adornada con mapas; traducida

J,g,t,zeCb,G00gle

DE JERNAND COBTEZ. 58t

ataatUUmo, por B. V. G. Arnao. Paris, 1827, 5 vol. ('it-8.'

Le testament en question , dam son texte original , y est rapporté en entier , tom. IV , pp. 3o7~35o. C'est la première fois que ce monument historique a été imprimé aussi complètement.

Nous regrettons beaucoup que l'étendue de cette pièce curieuse ne nous permette pas de la donner en entier ; mais au moins nous en ferons connaître les prinpaux articles.

Ce testament tel qu'il est rapporté , soit par extrait , soit en entier, dans les deux ouvrages précités, est précédé de pièces judiciaires relatives à son ouverture. Ensuite vient l'acte lui-même composé de 64 articles. Il commence ainsi :

« Au NOM DE LA T1BS-SAIHTB TbIHITe', Père , Fils ,

> Saint-Esprit, qui sont trois personnes en un seul Dieu

> véritable, que je tiens, croîs et confesse pour mon s vrai Dieu et rédempteur; au nom de la très-glorieuse » et bienheureuse Vierge Marie , sa sainte mère , notre

> dame et avocate; à tous ceux qui le présent verront, s moi ,

> Doit Fernand Coitez , MARQUIS de la vallée

» n'OAXACA, COEVBBHEUR DE LA NoCVELLE-EsPAGHE ET

> de la mer du sud, pour S. M. 1. Charles, cinquième,

> du nom, roi d'Espagne, mon souverain maître et

> seigneur, fais savoir ce qui suit ;

> Etant malade , mais jouissant encore de toute ma

> raison , telle qu'il a plu à Dieu , notre Seigneur , de

> vouloir bien me l'accorder , et m'attendant a la mort, » puisque tout ici-bas lui est soumis , et désirant, quand » Dieu voudra me retirer du monde , avoir tout fait pour s sauver mon ame et tranquilliser ma conscience, j'ai » fait ce testament que je déclare valable et dont j'or-

> donne l'exécution comme étant ma dernière , ma seule » volonté.

îigitiz^byGoOgle

> I. En premier lieu, si je viens à mourir en Espagne,

> mon corps sera déposé dans l'église paroissiale du tien

> où je trépasserai , jusqu'à ce que mon successeur juge » convenable de transporter mes restes à la Nouvelle-

> Espagne , ce qu'il devra taire dans les dix années qui » suivront ma mort. C'est dans ma ville de Cuyoacan

> que je veux être enseveli , dans le monastère de re-

> ligieuses que je veux qu'on y élève et qui recevra le ï nom de Conception de tordre de Saint- François, le

> jour de mes funérailles. Car ce sera là ma sépulture et » celle de mes descendons.

> IL J'ordonne , s'il plaît à Dieu que je meure en t Espagne , que ta volonté dé ceux ou même de quel-

> ques-uns de ceux que j'ai nommé mes exécuteurs 3 testamentaires , règle mes funérailles.

s .III. Outre les curés , bénéficiera et chapelains de s cette paroisse qui doivent porter mon corps , on ras-

> semblera tous les moines de tous ordres qui se trou-

> veront dans la ville ou le village ou je mourrai , et ils s accompagneront la croix et assisteront à mes funé-

> railles. On leur fera, selon l'usage , une aumône, etc.

> IV. On habillera ce même jour 5o pauvres, avec de

> longs manteaux de drap brun , garnis de capuchons;

> ils suivront mon corps en portant des torches allumées. » Chacun d'eux recevra un rëal (î) après la cérémonie.

» V. Je veux que le jour de mes funérailles, si elles » ont lieu avant midi , ou sinon le jour suivant , on dise

> dans toutes les églises, tous les monastères du lieu

> où je mourrai , autant de messes que l'on pourra; en » outre, on en dira, les jours suivans, jusqu'à la con- » currence de 5ooo destinées ainsi qu'il suit ; i ooo pour

> les âmes du purgatoire; sooo pour les âmes de ceux

> qui sont morts près de moi et à mon service, dans

l Que valait-il dans la

3,g,t,zefh,G00gIe

DE FERNAM1) COKTEZ. SïiQ

> la découverte et la conquête delà Nouvelle-Espagne.

> Le» aooo qui restent seront dites pour les âmes de

> ceux envers qui j'ai des obligations que j'ignore ou

> que j'ai oubliées. Car pour les engagemens présens à i ma mémoire , j'ordonne qu'ils soient remplis , et qu'on

> suive pour le paiement les instructions que je donne s dans ce testament. Quant au prix des 5ooo messes,

> mes héritiers feront distribuer les aumônes accoutu- » mées, et je les prie que dans tout ce qu'ils feront

> de plus , ils s'appliquent à diminuer les dépenses qui » n'ont pour but que la pompe et les vanités de ce

> monde , et qui sont mieux employées au salut de nos » âmes.

» VI. Le jour de mon enterrement , mes héritiers

> donneront a mes domestiques et a ceux de ma famille y un vêtement de deuil. Il leur sera payé en outre, pens dant six mois, après ma mort , le salaire qu'ils gagnent » ou qu'ils gagneront a cette époque , et on les nourrira » pendant tout ce temps. On leur soldera tout ce qui » sera dû de leurs gages , à l'époque où ils voudront

> quitter mon successeur Don Martin.

* VII. Je veux, lorsque mes os seront transportés à

> la Nouvelle-Espagne, pour être ensevelis dans Icinos mutera qu'on élèvera selon mes ordres, que tout se

> fasse à la volonté de la marquise Dona Juano.de Zuniga

> ma femme , qui réglera mes funérailles, ct-it celle de

> mon successeur , ou de tout autre administrateur de

> mes biens à cette époque.

> VIII. Je veux que les os de Dona Catalina Pizarro, » ma dame et mère, ceux de Don Louis, mon fils, qur

> sont enterrés dans l'église du monastère de Sainte j François de Tezcuco , et ceux de Dona Catalina , ma

> fille , qui sont dans le monastère de Cuahuanavac ,

> soient transportés avec les miens dans ledit monastère » que je me propose de construire dans ma djte ville » de Cuyoacan. >

),,,teb,GoogIe

L'article IX a rapport a la construction d'un hôpital sous le titre de M ueitra Senora de la Conception, qui doit être élevé dans la ville de Mexico. Cortez veut qu'il le toit entièrement à ses frais, selon les plans qu'il a envoyés cette même année (i54j) à la Nouvelle-Espagne. Il destine à cette dépense le montant des loyers des boutiques et maisons qu'il a a Mexico , sur 1» place et dans les rues de Tacuba, de San-Francisco , etc

« X> J'ordonne que dans la chapelle ou repose le » corps de Martin Cortez, mon père et seigneur, dans » le monastère de San-Francisco de MedelUu , on cé- » lèbre à perpétuité, par une messe, l'anniversaire de

> sa mort , et que les cérémonies soient faîtes selon les ■* instructions que j'ai données , et mes successeurs s'y » conformeront à jamais; et pour cela je nomme Don

> Martin, mon fils et successeur, protecteur de ladite

> chapelle.

> XI. Depuis que le Dieu de miséricorde , mon Sei- » gneur, m'a conduit et guidé dans la découverte et

> la conquête de la Nouvelle-Espagne et de toutes les » provinces qui en dépendent, sa main bienfaisante a

> répandu sur moi de constantes faveurs. J'ai remporté » des victoires sor les ennemis de la sainte foi catholique,

> j'ai pacifié et peuplé ce royaume, ce qui sera utile, 1 je l'espère , au service du Dieu notre maître. Pour

> tous ces bienfaits , et aussi pour effacer toutes les

> fautes qui sont sorties de ma mémoire et pourraient

> charger m'a conscience , j'ordonne la construction des » édifices suivans. >

Les articles XII, XIII, XIV, XV, XVI, XVII et XVIII , regardent lesdits édifices , qui doivent consister dans l'hôpital de Notre-Dame de la Conception, qui sera , comme on l'a déjà dit, construit à Mexico, dans un monastère de religieuses sous le nom de Conception de ^0ï,drerfcAa(«(-i'>o«fo«,àbfitirdanslavilledeCiiyoacan, et dans un collège qui sera fondé dans la même ville.

îigitizecbyGoOgle,

DE FERNAND GOBIEZ. 3g»

et < *tii seront enseignés la théologie et le droit canon, » afin qu'il en sorte des gens instruits qui puissent di- 3 riger nos églises de la Nouvelle Espagne , instruire les » habitons , et leur apprendre tout ce qui concerne » notre sainte foi catholique. » Le testateur emploie ces sept articles ( ia — 18) a désigner les terrains où se feront les constructions, à fixer les dotations, les revenus, etc. etc. On voit que sur 4°°° ducats que lui rapporte le loyer de ses boutiques et maisons à Mexico , et qu'il, consacre entièrement aux établisse mens en question , il en assigne a perpétuité 1000 pour le monastère de religieuses, 9000 pour le collège et inoo pour l'hôpital; et il espère que les loyers augmenteront.

XIX. Dans, cet article où il est question des églises delà Nouvelle-Espagne, des patronatsqu'y exerce Cortez, t il recommandeà Don Martin son filselà ses successeurs ,

> de n'accorder de bénéfices qu'a des gens habiles, de ï mœurs irréprochables , qui s'appliquent a faire con- » naître aux habit ans la doctrine chrétienne par de

> continuels exercices ,. qui visitent les paroissiens , et '» veillent à ce qu'on remplisse les obligations que la

> religion nous impose ,

> XX. J'ordonne que l'on rembourse la marquise

> Dona Juana de Zuniga, ma femme, de 10,000 ducats

> qu'elle m'apporta en dot , les ayant reçus et dépensés;

> je veux qu'on les lui rende sans frais sur le meilleur » et le plus clair de mon bien. »

XXI. Cet article est relatif à une dot de 100,000 ducats qu'il donne à sa fille Dona Maria Cortez , qu'il a eue de son mariage avec la marquise Dona Juana de Zuniga ; laquelle doit épouser don AlvarezPerrez Osorio, fils de don Pedro Alvarez Osorio , marquis d'Astorga.

< XXII. Et comme je dots doter Dona Catalina et

> Dona Juana mes filles légitimes, pour remplir cette

> obligation de mon mieux et ainsi qu'il est juste que » je le fasse , je leur donne à chacune âo.ooo ducats.

JigitizecbyGoOgle

Sga TESTAMENT

» dont je leur fais don irrévocable de leur vivant

» XXIII- J'ordonne à mon successeur de payer tous V les ans, sur les revenus de mes possessions, à Don Ma r-

> tin et a Don Louis Cortex, mes fils naturels, la somme ï de 1000 ducats d'or, ou 575,000 maravédis (1) a

> chacun , et cela pendant toute leur vie ou jusqu'à es

> qu'ils aient chacun plus de 5 00, 000 maravédii de

> rente » II enjoint a ces deux fds de respecter

son successeur, qu'ils doivent considérer comme le chef et le premier de ta famille. < Non-seulement , dit-il , je » demande obéissance et respect , je veux encore que

> mes deux fils (naturels) prêtent a Don Martin ( fils

> légitime et héritier ) leur assistance en tout , excepté » contre Dieu , la sainte religion catholique et leur roi 3 légitime >

XXIV. Cet article regarde le cas où les deux filles du testateur Dona Catalina et Doua Juana viendraient à se marier; Cortez prescrit s son successeur le cas où il n'aura rien à donner pour la dot.

< XXV. On remboursera à Dona Catalina Pizarro ,

> que j'ai eue de Léonore Pizarro , femme de Juan de s Salcedo, demeurant & Mexico, la valeur du revenu » produit par la multiplication des vaches, des jumens s et des brebis que je lui avais abandonnées à mon ar-

> rivée en Espagne. En outre on lui abandonnera les

> revenus entiers du village de Chinantla , avec tout ce. » que je lui avais donné en dot lors de son mariage ,

> toutes ces choses ayant été remises a Juan Salcedo,

> mari de ladite Léonore Pizarro....... »

Les articles XXVI , XXVII , XXVIII , XXIX , XXX,

(1) Le miravcdis est la plus petite monnaie effective d'Espagne -, il équivaut à tout près de 8 dixième* de centime. Hais que valait-il du temps deCorlei, ainsi que le ducat* Le durai n'est plus d'usage en Espagne, où l'on ne compte plut que par pis tôle on doublon, piastre, réal on piécette, etc. etc.

3,g,t,zeCb,G00gle

DE FEUKAKD CORTEÏ. 3g3

XXXI et XXXII, ont toujours rapport à ladite Catalina Pizarro ; et dans le XXXIII.* il est dît : < J'ordonne

> que Dopa Maria et Dona Léonore mes filles naturelles,

> reçoivent chacune pour dot, lors de leur mariage,

> 10,000 ducats de mes biens , et je leur enjoins de se

> marier d'après les conseils et avec le consentement

» de mon successeur > Et dans le cas où elles se

feraient religieuses ou prendraient un autre état, Cortex fixe la pension dont elles jouiront;

Les articles XXXIV, XXXV et XXXVI sont d'un

médiocre intérêt. Le XXXVIL'en. présente davantage.

« J'ai dépensé , dit Cortez , une partie considérable

> des revenus de la Nouvelle-Espagne et des provinces » qui en dépendent, lorsque j'en fis la conquête, que » j'y ramenai la paix et que je la réduisis à l'obéissance » au nom du roi de Castille. Ces avances ont été faites » tant pour la guerre dans la Nouvelle-Espagne , que r pour les expéditions extérieures j par exemple , pour

> la formation du corps envoyé à Amaluco , et dont je » confiai le commandement au capitaine Alvaro de

> Saavedra Geronimo Primo; pour ceux que je dirigeai

> sur limeras , l'un sous les ordres du capitaine Pobla-

> dores , l'autre commandé par Francisco de Las-Casas.

> Toutes ces troupes furent envoyées par l'ordre de

> l'empereur notre maître, ainsi que le prouvent ses

> royales instructions. Comme Sa Majesté, pour l'acquit » de sa conscience, en qualité de prince très-chrétien, » s décrété , par une ordonnance royale restée entre les

> mains du licencié Juan Altamirano, et même par une

* sentence -de son conseil royal , que les dépenses faites

> dans mes conquêtes pour lesdites expéditions, seraient » réglées avec moi, j'ordonne qu'on arrête tous ces » comptes , qu'on en touche le montant , puisque Sa

> Majesté a bien voulu en ordonner la restitution , et que

> tout passe entre les mains de Don Martin mon héritier .

* et de ses successeurs.

3,g,t,zeCb,G00gle

3g4 TESTAMENT

> XXXVIII Quand je reçus en don la propriété

> de la Nouvelle-Espagne, je fis tous mes efforts pour

> savoir quels étaient les tributs , rentes , droit» et con-

> tributione que les chefs indigènes avaient coutume de » percevoir; j'ordonne que si je me suis trompé dans » l'évaluation , on restitue oe qui ne m'appartiendra pas. »

Un passage de la première édition de l'Essai politique de M. Alexandre de Humboldt, 1811 , in-8.", toiu. II, p. 4S> sur cet article et sur Les XXXIX.*, XL." et XLI.*, doit trouver place ici. t..... Il paraît (dit l'auteur parlant des anciens prisonniers de guerre faits au Mexique ) , qu'au commencement de la conquête , on comptait au Mexique un grand nombre de ces prisonniers de guerre , que l'on traitait comme les esclaves du vainqueur. J'ai trouvé à ce sujet un passage très-remarquable dans le testament de Hernan Cortex, monument historique digne d'être arraché à l'oubli. Le grand capitaine qui , pendant le cours de ses victoires , surtout dans sa conduite perfide envers le malheureux Montezuma II , n'avait pas montré trop de délicatesse de conscience; se fit, vers la fin de sa carrière, des scrupules sur la légitimité des titres auxquels il possédait d'immenses biens au Mexique. Il ordonne à son fils de faire les recherches les plus soignées sur les tributs qu'avaient perçus les seigneurs mexicains qui avaient été propriétaires de son majorât avant l'arrivée des Mexicains a la Vera-Cruz. Il veut même que la valeur des tributs exigés en son nom, et des impôts anciennement usités, soit restituée aux indigènes. En parlant des esclaves dans les XXXIX.* et XLI.* articles de son testament, Cortei ajoute ces mots mémorables : « Comme il est resté douteux si en » bonne conscience un chrétien a pu se servir comme * esclaves , des indigènes qui ont été faits prisonniers de

> guerre, et comme jusqu'à ce jour on n'a pu tirer au » clair ce point important , j'ordonne à mon fils Don

> Martin et à ceux de ses descendons qui posséderont

J,g,t,zeCb,G00gle

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