‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 15 sur 91 · TESTAMENT DE KIA-KING · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE KIA-KING

EMP£ftfi«& DE LA CHINE.

( tSao. )

On ne trouvera pas dans ce testament les for» malités usitées en Europe pour ces sortes d'actes,

maïs on y reconnaîtra le caractère de la plupart des souverains de la Chine, caractère marqué au coin de la franchise, de la bonté et de la vertu. L'empereur Kia-King parait, d'après ce qu'il dit, avmr été un prince qui a gouyeroé ses peuples avec sagesse, prudence et humanité. Voici son testament traduit en français, tel que nous FaYons trouvé dans plusieurs papiers publics :

Du so septembre iSao*

« Le grand empereur qui a reçu du ciel et de » la nature sujette à tant de vicissitudes, la sou- » vcraincté du monde, fait connaître par les pré- » sentes à Tempire ses dernières volontés.

» Lorsque S. M. Kien-Lung, le précédent » souverain, remit à moi, l'empereur, le sceau » de lempire, et que \e fus son successeur au

* trône , je reçus , trois ans après , ses instructions

* personnelles sur les affaires du gouvernement. » Je jugeai bientôt que les grands principes de » Tordre social consistent à respecter le ciel, à » imiter ses prédécesseurs, à s'occuper sans re-

* lâche des travaux d u gouvernement , et à chérir » le peuple. Je compris que leciel élève les princes » pour le petiple, et que le devoir de prendre. 9 soin de son bonheur est imposé à un bomme%

I» Lors de mon ayénement au trône, les rebelles, » dans plusieuis [irovinces, n'avaient pas encore » été rameués a 1 ordre. Cependant ce but a été » atteint par les premières autorités de Fétat et » par le moyen de la grande armée. Mais dans la T> dix-huitième anné(î de mon règne, des hommes » égarés excitèrent de nouveau des troubles et 1» forcèren| la porte du sacré palais. Dans l'inter- » vallede deux mois, la trancpiillité fut rétablie 4> daiisics 11 ois provincesoùelle avait été troublée. fi J'ai toujours vu que les opinions hétérodoxes » sont nuisibles au peuple, et )'ai souvent donné » des ordres pour faire respecter le gouvernement » et lui attacher les cœurs des habîtans.

» La rivière Jaune a été de tout temps, par » ses inondations, un fléau qui a fait beaucoup » de mal à la Chine. J'ai pris tous les soins et » fait toutes les dépenses possibles pour obvier » à ce malheur. Lorsque dans quelques parties » du royaume, il y a eu des pluies continuelles » ou de funestes sécheresses, )ai remis la taxe 9 sur les terres , et fai fait distribuer des grains.

» Lorsqu'on m'a félicité l'année dernièr*! s ai » le soixantième anniversaire de ma naissance, » j'ai remis tout l'arriéré de cet impôt foncier, • qui s'élevait au-delà de vingt millions. Pendant » l'automne, j'ai fait, suivant l'usage de mes pré* » décesseurs, une partie de chasse à Muh-Lan. 9 J'avais joui jusque-là d'une santé robuste , mais » hier, étant à cheval, j'éprouvai tout-à-coup 9 une si forte chaleur que je prévis une suffoca- » tion , et sentis que je n'en reviendrais pas.

» A l'exemple de mes sages prédécesseurs,

» l'avai» déjà antérieuremeot fait choix de mon > successeur au tràné« Lorsque^ dans la quia-

» ziènie année de mon règne, les rebelles tachèrent 9 de franchir les remparts du palais sacré , Thé* » ritier impérial en tua deux de sa propre main » et mit les autres en fuite. Je le nommai alors » roi et lui donnai le surnom de sage. ^

» Comme ma maladie actuelle va mettre fin • à mes ion r s , j ordonne à tous les ministres d'état

et aux dignitaires de la couronne d'ouvrir le » dépôt sacré de ma volonté. Le devoir d'un » prince souverain est de connaître le caractère » des hommes et d'assurer le repos du peuple*. » L'accomplissement de ce devoir est réellement » très-difficile.

» Attache-toi, mon fils, aux gens de bien et » aux hommes vertueux, et affermis poiu: des » milliers d'années la dominationdenotredynastie » sur notre grand héritage. Je suis parvenu au » grand honneur d'être le fils du ciel. Le bonheur » que j'ai ou d'atteindre soixante ans peut être %r i:egardé comme très-grand. J'espère que mon » successeur conservera la paix dans le monde, » et alors mes vœux seront accomplis.

» Lorsque j'ai reçu le sceau de l'empire, j'avais » trois frères, deux qui étaient mes aînés et un 9 plus jeune que mot Le dernier est mort ce » printemps. Les deux autres, pour s'être rendus » coupables d'un offense et s'être conduits d'une » niaiiièie iuconveuante, ont été piivés de leurs » dignités et de leurs avantages; mais cette puni- » tion leur est entièrement remise par les pré- » sentes. Un de mes prédécesseurs, Tempereur

DE KIA-KINC. \2S

> Yu, mourut à la chasse. Ma destinée est setn*- » blable â la sienne. Le deuil de la cour durera

» vingt-sept jours. Annoncez ces dispositions d

> l'empire ^ afin que tout le monde eu ait con- » naissance. »

TESTAMEiM

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