‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 16 sur 91 · D2 M. LE BARON DE HONTYON · texte numérisé non relu

D2 M. LE BARON DE HONTYON

Ant.-J.-B. Robert Auget, baron de Monlyon, né en i'j55, était, avant la révolution, conseiller d'état, intendant du Limousin, et depuis chancelierhonoraire de Honsibu r (maintenant Charles X). Ayant toujours vécu dans le grand monde, il passait pour Thonuiie de France qui savait le plus d'anecdotes. 11 contait bien , et depuis la révolution, le piquant de son esprit, joint à son costume et à sa coiffure de l'autre siècle , donnait un charme de plus à ses iiairaLuHis. 11 a publié pendant sou émigration en Angleterre , quelques ouvrages dont le plus curieux est intitulé : Particularités et observations sur ies ministres des finances les plus célèbres depuis 1760 Jiisf^u'en 1791. Londres , 1812, iu-S.* ; et Paris, 1 ô 1 a , aussi in-S.* Mais cette édition<-ci a été tronquée par la police d'alors. Ce livre qui comprend les ministres de* puis Colbert jusqu'à M. ISecker, est rempli de vues ingénieuses , de résumés bien faits et d'anecdotes intéressantes. Mais ce n est point à ses productions littéraires que M. de Montyon est redevable de la célébrité honorable attachée à son

nom. 11 la doit à sa piété, à ses verJUis, et à dèsintentions gures, génér^ujses, toutes dirigées dans la yu^du bien public et manifestées par des actes authentiques qui assurent la durée de leur exécution.

Dès 1782 y M. de Montyon avait fondé un prix annuel de vertu, et un prix pour le meilleur

ouvrage de morale qui aurait paru dans Tannée au jugement de l'académie française. ( Ce fut M. la comtesse d*£pinay qui^ en 1 783, remporta ce prix, par son livre intitulé : Conrom'atiom d Emilie j 2 vol. iu-12. Cette dame moiuvU fb ux mois après son triomphe académique. ) Ces tondations de M. de Montyon furent supprimées par la Convention; mais cette suppression n'a point refroidi le zèle, ni la générosité du respectable fondateur : depuis son retour en Franee, en 1 8 1 5, il a fait divers dons, montant ensembie à 35. 000 fr. aux bureaux de charité de la capitale* Cela est peu de chose en comparaison des dispositions qu'il a insérées dans son testament, iail le i 9. novembre 1819, et dont nous allons rapporter les principales. AI. de Montyon est mort à Paris le 2Q décembre 1820.

Son testament , modèle de piété et de vertu , commence ainsi :

#j£ DEMANDE pardoD Â Dieu de n*avoir pas rempli exactement mes devoirs religieux.

• 3e demande pardon aux hommes de ne leur avoir pas fait tout le Lien que je pouvais et que par conséquent je devais leur faire.

» i.'' Une somme de 2fioo fiv ou 3,ooo fr. sera employée i fidre eu marbre le buste de Madame ,

I^E H. Dis ItONtTOH. 1^7

Elisabeth de France, avec cette iuscription ; A la

» d.* Dix mille firmes seronfmh en rmte pour donner un prix à celui qui découvrira les moyens

de rendre quelque art mécanique moins malsain, au jugement de ]*acadéDiie des sciaices»

» 5/ Dix mille francs seront mis en rente pour fonder un prk annuel, en faveur de celui qui aura trouvé dans l'année un moyen de perfectionnement de la science médicale et de l'art chirurgical, au |ùgement de la même académie.

fonder un prix annuel en faveur du Français pauvre, qui aura fait l'action la plus vertueuse ( i )•

» 5,'' Dix mille francs seront mis en rente pour fonder un prix^ annud en &veur d*un Français qui aura composé et fait paraître le livre le plus utile aux mœurs : ces deux derniers prix seront distribués au jugement de l'académie française.

9 6/ Je laisse une somme de dix mille francs à chacun des hospices des départemens ( arrondîssemens) de Paris , pour gratification et secours à donner aux pauvres qui eu auront le plus de besoin, à leur sortie des hôpitaux. Comme il y a dome départemens ( arrondissemens ) , cette

(i) Ce le^s qui, au premier coup-d*œil, séduit par la pureté de riiiteiilion du leslaleur, u'a pas eu l'approbation générale : on a prétendu que la véritable vertu trouvait sa récompense en elbvmùmc ; qu'elle ne devait ni ne pouvait se pa^'pr avec de Vov\ tl (p^à l'avenir il arrivera peut-être que de bonnes actiom seront calculées sur le prix de M. de Montyoa , etc»

IdS TESTAMENT

disposition est un objet de cent vingt niillé fràncK.

» Je veux que les legs portés aux article^ pi écédensy le dernier pour chacun des hôpitaux de Paris, soientdoublés, triplés et même quadruplés; en sorte qu'un legs de 1 0,000 f. soit porté à 4o,ooo fr. ; le doublement de tous ces legs précédant le triplement d'aucun deux; et le triplement de tous précédaiijtle quadruplement d'aucun d'eux. Cette progression pourra avoir lieu , si Fétat de mes biens le permet , sans que la valeur réservée po u r è l re l e mi w im um d u legs u n i ver sel (6 u, o 0 o ir . ) en reçoive atteinte. Ces legs seront accrus et,.*. ( ici un mot itiisible ) indéterminément tant que le permettra la réserve pour le legs universel.

» Toutes les sommes dont il est ainsi disposé, seront placées en rentes sur l'Etat dites inscriptions à cinq pour cent, et les arrérages serviront à l'exécution des dispositions contenues dans ces artic les. »

Telles sont les parties les plus essentielles que nous avons recueillies du testament de M. de Hontyon. U nous reste maintenant i parler de ce qui a été fait pour son exécution.

Le roi, par une ordonnance du 2g jaillet 182 1 , a autorisé Facceptation des legs portés dans le testament»

Les légataires se sont assurés de Timportance des dispositions bienfaisantes du testateur en leur faveur; et Ton a bientôt su que sa succession serait très^-considérable. Quoique son testament ne s'expliquât pas sur les parties dont sa fortune était composée, il tenait un si bel ordre dans ses affaires , qu'il a été iàciie de connaître la situation de son hérédité.

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