‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 20 sur 91 · D£ NAPOLÉON · texte numérisé non relu

D£ NAPOLÉON

de Frédéric, que j ai prii à Postdam. ( Dans la boîte 111. )

» 5.'* Mes deux montres avec la chaîne des cheveux de rinipératrice, et une chaîne de mes cheveux pour l'autre muulre. Marchand la fera faire à Paris.

» 4**' Mes deux sceaux. ( Un de France, enfermé dans la boite n/ III. )

» 5.* La petite pendule dorée qui est maintenant dans ma chambre à coucher.

» 6.*" Mon lavabo , son pot-â-eau et son pied.

» 7.'' Mes tables de nuit, celles qui me servaient en France , et mon bidet de vermeil.

» 8.* Mes deux lits en fer, mes matelas et mes couvertures , s'ils se peuvent conserver.

» 9.* Mes trois flacons d'argent où Ton mettait mon eau-de-vie que portaient mes chasseurs en campagne,

» io,° Ma lunette de France.

» 11.'' Mes éperons ( deux paires ).

» lâ.* Trois boites d'acajou, n.'* I, II, III, renfermant mes tal)atières et autres objets.

9 13."* Une cassolette en vermeil.

» Linge de toUelte*

9 6 Chemises.

6 Mouchoirs, 6 Cravates.

6 Serviettes.

6 Patres de bas de soie* 4 Cols noirs.

6 Paires de chaussettes, 2 Paires de drap , de batiste.

l54 TESTAMENT

â Taies d'oreiller.

2 Robes de chambre.

a Pantalons de nuit. ' I Paire de bretelles.

4 Culottes-vestes de Casimir blanc« 6 Madras.

6 GiieU de flanelle.

4 Caleçons.

6 Paires de guêtres.

1 Petite boite pleine de mou tabac* 1 Boucle de col en or.

1 Paire de boucles à

jarretière en or.

1 Paire de boucles en

or à boulier.

» Habillt ment,

» 1 Uniforme de chasseurs.

1 Uito de grenadier.

1 Dito de garde national.

2 Chapeaux.

1 Capote grise et une verte.

1 Manteau bleu (celui que j'avais à Marengo).

1 Zibeline-pelisse verte,

2 Paires de souliers.

2 Paires de bottes.

1 Paire de pantoufles.

6 Ceinturons (i).

1* Napoléoji.

(i) Les journaux anglais du 5 août 1824 «. après avoir annoncé que le testament de iNapoléon avait été enregistré ce même jour, au i^efie du tribunal de Londres dit

Renfermées dans la petite boîten.'lll.

DE KAPOLÉON

Etat B.

» Inventaire des effets que j'ai laissés chez M. le

comte de Turenne,

» 1 Sabre de Sobieski (i).

1 Grând collier de la Légiou-d Honneur.

1 Epée en vermeil.

1 Glaive de consul.

1 Epée en fer.

1 Ceinturon de velours.

1 Collier de la Toison-d'Or.

i Petit nécessaire en acier,

1 Veilleuse en argent.

1 Poignée de sabre antique.

1 Chapeau à la Henri IV et une toque, les

dentelles de 1 empereur.

1 Petit médailler. a Tapis turcs.

d Manteaux de velours cramoisi brodés , avec vestes et culottes.

a Je donne :

• A mon fils le sabre de Sobieski.

dortvrs-commons , et que certificat du dépôt a été délivré an conite de Moiitholon , ajoutent : Le» effets personnels appartenant h Bnon aparté en Angleterre, et dont 1 tlat est écrit eu eutu r de sa maîn , ont étO r^imés par des experts à moins de Goo Uv. sleri. ( i5,ooo fr. )

(i) C'est par erreur que ce sabre de Sobieski est porté sur l*état A : celui-là est le sabre que l'empereur portait à AbouLir» et qui est entre les mains de Ai. le comte Bertrand.

l56 TESTAMENT

Le collier de b Légion-d*HoiMicur^

LVpée en vermeil.

Le glaive de cousuL L'épée en fer.

Le collier de la Toison-d'Or.

Le chapeau â la Henri lY ef la

loque.

' Le nécessaire d or pour iei dents, resté chez le dentiste.

9 2. * A l'impératrice Marie-Louise, mes dentelles*

A ^Ja(l.llril'. la ^(■i)h^nse en arçfeîit. Au cardinal, le petit nécessaire en acier. * Au prince Ëugène ( i ) , le bougeoir en YermeU. A la princesse Pauline (K):, \r |)etltmédaitter. A la reine de iNaples. un polit lapis turc. A la reine lloFtt;tiï.e , un petit tapis turc^ Au prince Jérôme,la poignée de sabreantique.. Au prince Jos( pli , un manteau brodé , teste et culottes.

Au prirïce Lucien, un manteau brodé, veste et culottes (2).

» Napoléon. »

(i) Eugène de Branhariiais ( fils de Joséphine ), né le o septembre 1780. aïcc roi d UuUe le 8 juin i8o5, marié le i3 janvier 1806 à Aufçuste- Anitlie princesse de Bavière ( dcmt il a eu 7 cnfaus ) , prijicc d'Eischsladt d*'|mi^ (|n'il » luît relire en r.,i\i. ic. r^l lïîorf à Munich, |f M ii w'n I 1824. Sa fdle aînée Joséphine a épousé Uscar> prince royal de Suède ( le fds de Bernadotte ).

(a) C'est sans doute par erreur que M. le comte Las- Cases, daos son étUtioiOMdu testament , a mis à cet article le nom de Loub au lieu àe celui de Lucien. Si Napoléoii voulait, dans cette nomeDclature^ passer sous sifenco un de ses frères , ce devait être Louis et non Lucien^

. DB NAPOLÉON. l57

Nota. Au dos (les feuilles pliées et scellées^ renfermaut Tenseinble du icktament, se lisait :

• Ceci est mon testament écrit tout entier de » ma ^iiopre main.

» Napoléon. »

CODICILLES, t i^vril, le 16, lâai ^ Longwood.

» Ceci est un codicille de mon testament,

» 1.* Je désire que mes cendres reposent sur les bords de ia vScine , au milieu de ce peuple fcàn^àis que î'ai tant aimé.

» 2.* Je lègue aux comtes Bertrand , Montholou et à Marchiind , l'argent , bijoux , arfî^entorie , porcelaine , meubles , livres , armes , et généralement tout ce qui m'appartient dans File dé < Sainte-Hélène (i).

(1) Voici une note essentielle de M. le comte Las- Cases, sur ce codiriUe, qui ii*est pomt dans Je testament donné par M. Antomarchî. !M. Las-Cases s'exprime ainsi :

€ Le testament et les codicilles de Tempereur ont été » imprimés plusieurs fois , et se trouvent dans divers ou- « vrages; mais le plus souvent ils sont incomplets et dans a un ordre interverti. La plupart des éditeurs ont négligé p celui-ci. Frappés de trouver à Tarticle premier la répé- » liUon littérale d*un paragraphe du testament, et de » voir le second en contradiction manifeste avec le con- » tenu de ce même testament 9 et ne pouvant s'expliquer » cette singularité 9 ils ont pensé qu'ils n'avaient rien de » mieux à iaire que d'éluder la dlflGioulté qu'ils ne pou^ » vaient résoudre 9 et l'ont laissée de côté. Toutefois, en

l58 TB8TAHXNT

> Ce codicille , tout entier écrit de ma maia, est signé et scellé de mes armes.

( Sceau, )

Au dos se lisait :

« Ceci est im codicille de mon testament , » écrit tout de ma propre main.

» iS APOLLON. »

c Ce 94 ftvril iSsi. Loof^ood.

» Ceci est mon codicille ou acte de dernière volonté,

» Sur la liquidation de ma liste civile dltalie , tels qu'argent, bijoux» argenterie, linge, meubles, écurie, dont le ▼ice-roî est dépositaire , et qui m'appartieuucQt^ je dispose de deux millions . que |e lègue à mes plus fidèles ser?iteurs* J'espère que , sans s'autoriser d'aucune raison , mon fils Eugène Napoléon les acquittera fidèlement ; il ne peut oublier les quarante millions de francs que je lui ai donnés soit en Italie,, soit par te partage de la succession de sa mère.

B Toicî Texplication bien simple. Le testament était la » pièce réelle et secrète , confiée aux soins des exécuteur» » testamentaires ; le présent codicille, la pièc^ fictive et * ostensible, qui, présentée à sir Hndson-Lowe (gouver- » netarde Sûint^^Hétène ), laissait les exécuteurs testamen- » taires en pleine liberté d'agir diaprés leurs instructions ; 9 sans cette précaution nécessaire , le gouverneur n*eût > pas manqué de faire mettre le scellé sur tout ce qui B appartenait à Napoléon , et Teût fiiit transmettre en B Europe à son gouvernement. >

> 1.* Sur ces deux nu liions , je lègue an comte Bertrand trois cent mille francs, dont il versera cent mille francs dans la caisse du trésorier, pour être employés, selon mes dispositions , àlacquit de legs de conscience.

' » 2/ Au comte Montholon • deux cent mille francs , dont il versera cent mille francs dans la caisse, pour le n cnie usage que ci-dessus.

» 3/ Au comte Las-Cases, deux cent mille francs , dont il versera cent mille francs dans la caisse, pour le même usage que. ci-dessus.

» 4*' A Marchand , cent mille francs, dont il \erscra cinquante mille francs à la caisse, pour le même usage que ci- dessus.

» 5.* Au comte Lavalette, cent mille francs, s 6.* Au général Hogendorf , Hollandais , mon aidc-dc-camp, réfugié au Brésil, cent mille f rancs.

» 7 . ^ A mou aide-de-cam p Uorbinau, cinquante mille francs.

» 8.* A mon aide-de^mp Cafarelli, cinquante mille i l a lies.

» g."* A mou aide-de-camp Dejean, cinquante mille francs.

* 1 o.* A Percy, chirurgien en chef à Waterloo, cinquante mille francs.

» lu* Cinquante mille francs, savoir :

Dix mille francs à Pierron, mon maître d'hdtel.

Dix mille francs â Saint-Denis, mon

premier chasseur.

Dix mille francs à Noverras.

Dix mille francs a Cursor ( Goursot } , mon maître d*oifice. «

l6o TESTAMENT

Dix mille francs â Archambaud, mon piqiieur.

» 12.' Au baron Menneval, cinquante mille fr.

» i3.° Au duc distrie y ûls de Bessières, cinquante mille francs*

» 14/ A la fille de Duroc ^ cinquante mille fr.

» 15.** Aux enfans de Labédo^ère^ claquante mille francs.

» 16/ Aux enfans de Houton-Duvernet , cin<quante mille francs.

• 17." Aux eiilaiis du brave et vertueux général Travot, cinquante mille francs.

» 1$.* Aux enfans de Chartrand^ cinquante mille francs.

» 19.* AugénéralGambronne, cinquante mille francs.

» 20.** Au général Lefèvre-Desnouettes , cin- ' quante mille francs»

» 2 1 . * Pour être répartis entre les proscrits qui errent en pays étrangers, Français, ou Italiens, ou Belges, ou Hollandais , ou lispagnols» ou des départemens du Rhin , sur ordonnance de mes exécuteurs testamentaires , cent mille francs. I ^22.° Pour être répartis entre les amputés

ou blessés grièvement de Ligny, Waterloo, eutore vivans , sur des états dressés par mes exécuteurs testamentûresy auxquels seront adjoints Cambronne, Larrey, Percy et Eminery ( il sera donné double à la garde , quadruple à ceux de Tile d'Elbe ) , deux cent mille francs.

• Ce codicille est entièrement écrit de ma propre main y signé et scellé de mes armes.

, » iXAPOliON. »

( Sceau. )

Au dos est écrit :

« Ceci est mon codicille ou acte de mn dernière volonté, dont je recommande l'exacte exécution à mon fils Eugène Napoléon ; il est tout écrit de ma propre main.

» Napoléon. »

t Ce 24 avril i8ai » à Longwood.

> Ceci est un troisième codicille à mon testainent

du avriL

» 1.* Parmi les diamans de la couronne qui furent remis en 18149 il s*^^ trouvait pour cincl à six cent mille francs ( 1 ) qui n'en étaient pas et qui faisaient partie de mon avoir particulier ; on les fera rentrer pour acquitter mes legs.

» 2. J'avais chez lebanquier Xorlonia de Home,

(1) Le moulant de cette somme est ainsi énoncé dans deux copies du testament, qui ont pani avant cellr de M. Lâs-Cases, où il porte ladite somme à 5o, 000, 000 ir. C'est évidenunent une erreur. Vl^alter-Scotl ne porte non plus que cinq à six cents mille francs.

Dans les commencemens de la révolution » on fit Tin" Tentaîre des diamans de la couronne, perles» pienrerîes» etc. « en conibrmité des décrets de rAssemblée constituante des 269 27 mai et Juin 1791 ; la partie seule des diamans» décrits en 36^ articles, ÛA estimée i6,75o»4o5 livres, htrégwt seul fut estimé i3»ooo»ooo liv. ; d'autres allèrent à 609000» à 65»ooo» à 85,000» à i$o»ooo» à 90o»ooo liv. Les quatre chapitres concernant les diamans» les perles» les pierres de couleurs et les parures» n'excédèrent pas dans leur récapitulation la somme de 25,922,197 liv. V. V Inventaire imprimé par ordre de l'As* semblée nationale, Taris» J791 > 2 vol. iu-8.*

l62 ^TESTAMENT

deux à trois cent mille francs en lettres de change , produite de mes reveam de Tiie d'Elbe , depuis i8t5. Le sieur de la Perruse, quoiqu'il ne fut

plus mou ticsoiitr 5 et n'eût pas de caractère , a tiré à lui cette somme. On la lui fera restituer.

» 3/ Je lègue au duc distrie trois cent mille franco , dont seulement cent mille francs réversibles à sa veuve, si le duc était mort lors de l'exécution des legs. Je désire , si cela n'a aucun inconvénient y que ie duc épouse la fille de

DUTOC.

1 4** Je lègue à la duchesse de Frioul , fSle de

Duroc, deux cent ruillt francs ; si elle était morte avant l'exécution du legs» il ne serait rien donné i sa mère.

» 5.* Je lègue au général Rigaud, celui qui a

été proscrit, cent mille francs.

>» 6/ Je lègue à Boisnod, commissaire ordonnateur 5 cent mille francs.

• 7** Je lègue aux enfans du général Letort, tué dans la campagne de 1 8 1 5, cent mille francs.

» 8/ Ces huit cent mille francs de legs seront comme s'ils étaient portés à la suite de larticle 36 de mon testament ; ce qui porterait à six millions quatre cent mille francs la somme des legs dont je dispose par mon testament, sans comprendre les donations Cûtes par mon second codicille.

» Ceci est écrit de ma propre main , signé et

âcellé de mes armes.

• Kapoleon. »

( Sceau, )

D£ NAPOLJ^Ojf. |63

Au dot est écrit :

« Ceci est mon troisième codicille â mon testament, tout entier écrit de ma main, signé et scellé de mes armes.

» Sera ouvert le même Jour et immédiatement après TouYerture de mon testament.

9 NAPOiioif. »

« Ce a4 avril 1821. Longwood.

» Ceci est un qualritme codicilk â mon testament,

n Par les dispositions cpie nous avons faites précédemiiieiit , nous n'avons pas rtnipli toutes nos obligations , ce qui nous a décidé à faire ce quatrième codicille*

» 1/ Nous léguons au fils ou petit-fils du baron Dutheil ( 1 ) , lieutenant-général d'artillerie, ancien seigneur de iSaint-Audré , qui a commandé

(1) Ce nom ne doit point s'écrire Dutheil, mais DtJTBit. Dans VEtat militaire de France pour 1* année 1793, Paris, Oniroy, 1795, in-12, p. 157 , à l'article Corps, d'à kulle- Bit , on voit M. DrxEiL aîné figurer parmi les lii ulenansgénéraux, et IVÎ. Duteil cadet , parmi les maréchaux-decamp. BuoNAPAaTB ( sic ) y est mentionné , p. 164 < parmi les seconds capitaines du régiment ci-devant Grenoble, à Grenoble ; il est le troisième sur vingt seconds capitaines.

M. Amanton, ancien maire d'Auxonne» qui a connu particulièrement M* Duteily nous a communiqué un Mémoire publié en 1791 par cet officier» et portant à la première page : « Mémoire pour Jean-Pierre DmiiL» B maréchal-dfiHsamp au eoips fojral de l'artiEerie do » France , commandant de Técole d'Auxonne« etc. > La nom de M. Dmu. est répété à chaque page dans ce Mémoire f souscrit par cet officier.

l6/| TESTAMENT

Técole d'Auxonne avant la révolution , la somme de 100,000 (cent miUe francs), comme souvenir

de reconnaissance pour les soins que ce brave général a pris de nous, lorsque nous étions lieutenant et capitaine sous ses ordres.

» s.* Idem au fils ou petit-fils du général Dugomîer, qui a commandé eu chef l'année de Toulon, la somme de cent mille francs ( 1 00,000). Mous avons , sous ses ordres , dirigé ce siège et commandé Tartillerie ; c^est un témoignage de souvenir pour les marques d*estime, d'affection et d'amitié, que uous a données ce brave et intrépide général.

• S."* Idem nous l^[uons cent mille francs ( 100,000 ) aux fils ou petits-fils du député à la Convention Gasparin , représentant du peuple à l'armée de Toulon , pour avoir protégé et sanctionné de son autorité , le plan que nous avons donné , qui a valu la prise de la ville , et qui était coiitraLic à celui envoyé par le comité de salut public. Gasparin nous a mis , par sa protection , à Tabri des persécutions de Tignorance des états* majors qui commandaient l'armée avant l'arrivée de mou ami Dugomier.

» Mous léguons cent mille francs (100,000) a la veuve , fils ou petits-fils de notre aide-decamp Muiron, tué à nos côtés à Arcole, nous couvrant de son corps.

» 5.* Idem dix mille francs (10,000) au sousoiiicier Cautillon, qui a essuyé un procès comme prévenu d'avoir voulu assassiner lord Weiiing^ ton , ce dont il a été déclaré innocent. Gantillon avait autant de droit d assassiner cet oligarque,

I^E IfAPOLi^ON.. l65

que celiiî-cî de m'envoyer périr sur le rocher <fc Sainte-Hélène. Wellington, qui a proposé cet attentat , eherehait è>le îusitfier sur rintéiét de la Grande-Bretagne. Cantilton, sll eût n'aiment assassiné le lord, se serait couvert et aurait été justifié par les mêmes motifs , l'intérêt de la France ^ de se défaire dW général qui d'ailleurs a¥ait violé Hi^ capitulation* de Paris, e^ par M s'était rendu responsable dU sang des martyrs Ney , Labédoyère , etc. , et du crime d'avoir dépouillé les musées contre le texte des traités ( i ).

» 6/ Ces 410,000 fr« ( quatre cent dix mille* francs ) seront ajoutés aux six millions quatre*

(1) Le style dà testateur parait ici eiitortillé« dllibsi, défectueux , et répond à la dittepUé de soutenir le sys« tème exposé dans oette clause. H. le comte Las-Cases semble Tavoir senti dans la note suivante qu^il a ajoutée à. ce passage, quoiqu!ilJe défende :^

c^Querques-nns » dît-il , ont blâmé e dans ce quatiième »' codicille , rarticle du- subalterne Cantillôn , comme »^ pouvant, suivant eux, être pris pour un sentiment de « haine et avoisiner la justification du meurtre. Maïs » nullement ; et ce serait bien mal lire. iSapoU^on n'a » voulu au contraire , par une similitude frappaiiU' , que » mieux constater un grand principe de haute morale, » et faire ressortir d'autant plus éncrfçiquement tout » l'odieux du raisonnement de la Yioience , de l'a^^sassinat ,

même, selon lui , employés contre sa personne. »

Malgré ce plaidoyer de M., de Las-Cases , je doute que^« si Annibal eût fait un testament , étant près de mourir chez Prufllas^ il eût gratifié d'un legs un> soldat cartha- gînois soupçonné d*avoir voulu • assassiner Fabius. L*artide motivé comme il l'ëst dans le testament de Napoléon y y paraîtra toujours une seoeode tacbe très-saiUante..

l66 TESTAMENT

cent miUe francs , dont nous ayons disposé , et porteront nos legs à six millions huit cent dix mille irancs. Ces quatre cent dix mille fraoca doivent être considérés comme faisant partie de notre testament , article 36 , et suivre en tout le même sort que les autres legs.

» 7/ Les neuf mille livres sterling que nous ■ avons données au comte et à la comtesse Montholon, doivent, si elles ont été soldées, être déduites et portées en compte sur les legs que nous leur faisons par nos testamens. Si elles n'ont pas étéacquittées, nos billets seront annulés.

» 3.* Moyennant le legs fait par notre testament au comte Montholon , la pension de vingt mille francs accordée a sa femme est annulée : Je comte Montholon est chargé de la lui payer.

» 9.^ L'administration d'une pareille succession, jusqu'à son entière liquidation, exigeant des frais de bureau , de courses , de missions , de consultations , de plaidoiries , nous entendons que nos exécuteurs, testamentaires retien* dront 5 ( trois pour cent) sur tous les legs, soit sur les six millions huit cent milhî francs , soit sur les sommes portées dans les codicilles, soit sur les deux cent millions de ..francs du domaine privé.

» 10.° Les sommes provenant de ces retenues seront déposées dans les mains d'un trésorier et dépensées sur mandat de nos exécuteurs testa** mentaires.

» II.* Si les sommes provenant desdites retenues n'étaient pas suffisantes pour pourvoir aux irais, il y sera pourvu aux dépois des. trois exê*

DE NAPOLÉON. ïQ'J

cutears testamentaires et du trésorier , chacun dans la proportion du legs que nous leur avons fait par notre testament et codicille. •

» 12.*" Si les sommes provenant desdites retenues sont au-dessus des besoins , le restant sera partagé entre nos trois exécuteurs teslanic ntaires et le trésorier , dans le rapport de leurs legs respectifs.

» i3.* Nous nommons le comte Las-Cases, et

â son défaut , son fils, et à sou délauL, le général Drouot, trésorier.

» Ce présent codicille est entièrement écrit de notre main, «igné et scellé de nos armes.

» JXafoléon. »

(Sceau* )

« Ce a4 Avnl • liOngwoocl.

9 CeciestmoneadmlhouaetedemaderHiérêvolinUé.

> Sur les fonds remis en or à Timpératrice Marie-Louise , ma trè»-chère et bien-aimée

épouse , à Orléans , en 1 8 1 4 , elle reste me devoir deux millions, dont je dispose par le présent codicille , afin de récompenser mes plus fidâes serviteurs, que je recommande du reste à la protection de ma chère Marîe-Louise.

» Je recommande à l iaipératrice de faire restituer au comte Bertrand les trente mille francs de rente qu'il possède dans le duché de Parme, et sur le Mont-Napoléon de .Milan , ainsi que les arrérages échus.

» a.** Je lui fais la même recommandation pour le duc dlstrîe, la fiUe de Duroc et autres

nière volonté , dont \e recommande l'exécution à ma très-chère épouse Uarie-Louise.

• Napoléon* »

( Sceau* )

Certifié par les témoins d-après :

monthoion.

Bertrand.

Marchand.

YXGNAU.

« Sixième Codicille.

» Bfonsicur Lafitte, je vous ai remis en 181 5, au moment de mon départ de Paris , une somme de près de six millions, dont tous m^avez donné un double reçu. J'ai annulé un des reçus, et je charge le comte de Montholon de vous présenter lautre reçu , pour que vous ayez a lui remettre après ma mort ladite somme , avec les intérêts , à raison de cinq pour cent, à dater du i.** juillet 181 5, en défalquant les paiemens dont vous avez été chargé en vertu d'ordre de moi.

» Je désire que la liquidation de votre compte soit arrêtée d'accord entre vous, le comte de Montholon , le comte Bertrand et le sieur Marchand ; et cette liquidation réglée, je vous donne, par la présente, déchaige entière et absolue de ladite somme (1).

(1) On verra par une lettre de M. Lafitte, rapportée plus bas y qne cette somme' de près de 6|000>ooo lr« se trouveia réduite à environ 3>i4dyOOofr.

Pièce de soie verte.

DE NAFOLÉON, 1^1

^ Je TOUS ai également remis une boite conte- Daat mou médailler : je voui prie de la remettre au comte de Moutholoa.

» Cette lettre notant à autre fin , je prie Dieu, Monsieur Lafltte , qii'il tous ait en Ba, sainte et digue garde.

» Napoléon.

B LQngwoo4> ile Sainte-Hélène» ce a5 avril i8ai.»

% Septième codicille,

» Monsieur le baron La Bouillerie, trésorier de mon domaine privé , je tous pried'en remettre le compte et le montant, après ma mort, au comte de Moniholon, que j ai chargé de Texécution de mou testament.

» Cette lettre n'étant à autre fin , je prie Dieu , Monsieur le baron La Bouillerîc , qu'il tous ait m àa saiule et digue garde,

,9 Napoléon.

» toag>jvoQ4> Ue Sainte-Uélèoe, ce a5 avril iSai. »

il Huiiième cadieille.

> Aujourd'hui 37 avril i8si.

» Malade de corps, mais sain d'esprit, j'ai écrit de ma propre main ce huitième codicille à mon testament.

» 1.* J'institue mes exécuteurs testamentaires Montholon , Bertrand pt Maroband , et Las-Cases PU son fils trésorier.

tj* VK8TAHBNT

prie ma bien-aimëe Marie-LoHtse de prendre à son service mon chirurgien Antomar-

chi, auquel je Kf^uc une pension pour sa vie durant de 6,000 (din mille francs) qu'elle lui .paiera.

» NAPOliON* a

Pour copie confbnne' t Paris » ce 1 a juin i8a3L

MONTHOLOJy.

Bertrand.

Makchand.

Telles sont les difiërentes pièces relatîve«^aur dispositions testamentaires et actes de dernière vcloMté de Napoléon. Nous les avons tirées d abord de diiiérens journaux, où elles n'étaient dans le principe que par fragmens et fort défigurées ( 1 ) ; ensuite des ouvrages suivans :

1.* Mémoires du docteur F. Antkomarcld ( médecin de JNapoléon à Sainte-Hélène ). ParU ^ i8a5, 2 voL iV8.* Y. tom. II, pp. i83— ai4.

(1) La première copie du testament la moins ineiacte et la moins incomplète qui ait paru, est celle qni a été publiée par le Kbràire Ridgewaj, à Londres» sur la fin de ioiUet iSa4* I«es journaux anglais du a août suivant en ont donné de longs fragmens , et ont révoqué en doute l'authenticité de quelques parties de cet acte ( voyei cîdessus le III.* paragraphe du testament, p. 147). Mais comme trois jours après, le 5 août, ledit acte fut présenté par le comte de Montholou au greffe du tribunal de Londres dit Doctors-Commons , et y fut enregistré 9 on ne douta plus de son authenticité.

M. O^Meara, que les Anglais muoauxàioaiUtiommci$r^

DE NAPOLÉOÎÏ.

2. ** Recueil de pièceê authentiques sur le captif de Sainîe^élène > €tc. Paru , iÔ25 » in-â.* de 4o4 pag. , â la fin.

3. ° Réfutation de la relatimi du capitaine- M aitiand, commandant le BelUrophon , touc liant rem» barquemm de Napoléon, etc. Paris, fiéchet, 1*827, broch. in-8.% pp. 124 — lôa. Le testament y est donné par le comte Las-Cases.

4. * f^ie de Napoléon Buonaparle ^ empereur des Français , précédée d*un tableau préliminaire de la révolution, par Walter^eotU Paris, Gosselin, 1827, iSvoL m*i2. V. tom. X\lll,aux Appendices:, pp. ccxviij — ccxliij. A la suite du testament est le Mémorandum des personnes composant la maison de Napoléon à Longtvoùd (1).

On a yu précédemment que le testament de Napoléon a été fait le i5 avril 1821 , et les huit codicilles du ^4 ^? même mois. Le testateur n'a pas beaucoup survécu à ces actes , puis-

9 donné > dans le Ccmplément du MémarUt d$ Smnte~Bé<* tène, 3.* édition, Paris > iSftS, HyiA, In-ia, T. tom. III» pp. — 937 » a donné» dis-ie» le tettament de Kapo* léoa et quelques codicilles» mais le tout très^acomplet. Le commencement du testament u y est point. On y trouve la lettre de M. Lafitte.

(1) Cet état comprend:

Le général et M.** Bertrand 1

Leurs cnfans 5

Le géuéral et M."* Moiitholon a

Leurs enfaus 3

Le général Gourgaud 1

Le comte La<;> Cases et son liis a

Le capitaine Prowtowsii... i

Paiioam

DB u miioii.

174 TE8TAHENT

qu'il est mort le samedi 5 mai suivant , à six heures moins dix minutes du soir, âgé de 5i ans 8 mois et 20 jours (L).

Toutes les personnes qui l'avaient accompagné, et qui se trouvaient encore à Sainte-Hélène ^ ainsi que celles qui étaient préposées à sa garde ,

Marchand, premier valet-de-chambre»

Saint-Denis» valet-de-chambre.

Chamiu. { Koverras , valet-de-chambre.

Santini , huissier.

Cipriâui^ maiUe d*hôtel.

Pierron , officier.

BoircHB* { Lepage , cuisinier.

Rousseau 9 arg^entier.

Ârchambaud aîné , pîqueur.

LiVBÉE. Archambaud cadet, piqueur.

Gentilinii valet de pied.

Nous n'avons pas cru devoir mentionner les officiers et domestiques anglais attachés à la maison de Bonaparte. La totalité des personnes qui étaient à Longwood, est de 55. Mais Iv général Gourgaud, M."" Monlholon et ses enfans, le comte Las-Cases et son fils , Prowtowski et Saotiui , retournèrent eu Europe à diver&es époques.

Cipriani y est mort.

L*abbé Bonavita, le chirurgien Antomarchi, Tabbé Vi|;nalîet deux cuisiniers furentenvoyés à Sainte-Hélène en 1819. L*abbé Bonavita retourna en Europe au mois de mars iSai.

. Nous remarquons 4ue Coursot, mentionné dans le testament, ne figure pas dans Tëtatci-^essus ; il n'est Êitt mention du général Gourgaud f ni dans le testament 5 ni dans les codicilles. Napoléon lui avait sans doute donné des marques de sa munificence , à son départ de Sainte- Hélène pour revenir en Europe . ^

DE MAPOLiON. 176

quittèrent l'île le 27 mai pour se rendre en Eu- Tope, M. Antomarchi racontant ce trajet, dit ( UMIki Hi>p^ 1^2 de 868 Mémoires) : t L' Afrique ' • étafc dépassée. Nous étions en Europe dans les » limites qu'avait indiquées Napoléon. Ses exé- » ^Hlf^a testamentaires prirent connaissance B di^'aes, dernières dispositions. Elles devaient » reslerdani^lecœurde ceux qu'elles intéressent; a mais FAngleterre, où I on fait profit de tout , » les a livrées pour un schelling. lilles sont pu- » hlkfÊmi )e pittis ^ns inconveDance les consi- > gner^iici. » ( Ën effet on trouve dans Vouvrage de M. Antomarchi une grande partie des pièces que nous avons rapportées, ) Ensuite il ajoute que- nfe^ vaisseau jeta Tancre dans la rade de Spithéad, le 3o Juillet, après 65 jours d'une pénible traversée.

Les journaux de Londres sous la date du lo dé^amb» 1621 , ont "annoncé l'article suivant : • ItiÊÊMmênt de Napoléon Bonaparte. — 11 vient » d être présenté , enregistré et déposé à la cour » des Prérogatives (1) du lord archevêque de » Cml^rbéry, sur l'attestation de M. Fox, no- ■P taÎM et procureur de la cour, une pièce dont » voici la traduction : Testament ds Nafoléoft. » Ceîourd'hui i4 ( c'est i5 ) avril, etc. » Suivent le Mument et trois codicilles, mais par extrait, et d-iitie knanière inexacte sur-plusieurs points ^ si , du moins , nous en jugeons par les journaux français qui ont donné une traduction faite sur ^û-i I — — .

(1) Preroi^nth* court. C'est une cour eccléfiiasiifj^ue «jui juge des causes testameutairef.

1^6 ÏESTAtfElIT

la traduction anglaise. Ces documens nous auraient été d'une bien faible ressource.

MM. de Montholon, Bertrand et Mafrcluurid, de retour en France , se sont reudm- chez lÉ.' La^ fitte en qualité d'e\( m utcurs testamentaires de ^^apuléon , et lui ont présenté la lettre du testa* leur du â5 avril 1621 (V. ci-devant p. 170}. M. Lafitte n'a pas cru devoir se dessaisir sur Je-champ des fonds dont il était dépositaire ( fonds d'ailleurs bien moins considérables que ne le porte le testament ) , sans une garantie qui lui assurât pleine libération; et il n'a pas trouvé la lettre de Bonaparte suffisante à cet égard. ProcèsTest intervenu.

Le février 1822, M. Lafitte a publié la lettre suivante, qui donne des éclaircissemens A ce sujet ;

« L'ancienne maison Perregaux, Lafitte et » comp. y dont je suis liquidateur , a un compte » â régler avec la succession de Napoléon Boua^ » parte. Ce compte donne lieu à une contesta* » tion soumise au tribunal de la Seine , et dont » plusieurs journaux ont parlé d une maniéré » plus ou moins inexacte. Jusqu'ici j'ai gardé 9 le silence , espérant que la publicité des débats » Judiciaires éclairerait sulîisamment l'opinion » publique. Mais aujourd'hui que le tribunal a » ordonné que cette affaire serait plaidée à huis- 9 clos , )e crob devoir en fieiire connaître le véri- » table objet. '

» Eu 181 5 , Napoléon Bonaparte , au moment 9 de quitter Paris pour se rendre dans TAméri- » que septentrionale , fit verser dans la caisse de

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