X4AP0LÉ0N
» Ge{ourd*hui i$ avrjl t^ai^ à todgwood» Ile de Saiote-Hélène.
• Ceci e$i num testament ou acte de dernière voltfnté.
» u*" Je meurs dans la religion apostolique et romaine , dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans.
» 2.* Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que )'ai tant aimé.
» 3** J'ai toujours eu à me louer de ma trèschère épouse Marie-Louise ; je lui conserve jusqu'au dernier moment les plus tendres seatimens (B) ; je la prie de veiller pour garantir mon fils des embûches qui environnent encore son en-* £ince.
» 4 * Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu'il e^t né prince français, et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples .de i Europe. Il ne doit jamais combattre, ni
D£ NAPOLÉON. ïl^Ô
nuire eù aucune manière â la France ; 9 doit adopter ma devise : Toit pour le peuple français.
» 5/ Je meurs prématurément, assassiné par l'oligarchie anglaise et son sicme. Le peuple ang^û ne tardera pas à me venger.
» 6.° Les deux issues malheureuses des invasions de Frauce, lorsqu'elle avait encore taulde ressources , sont dues aux trahisons de Marmont , Augiereau, ïalleyirand et de la Fayette. Je leur pardonne : puisse la postérité française leur pardonner comme moi 1
» y.** Je remercie ma bonne et très-excellente mère, le cardinal , mes frères Joseph , Lucien , Jéntene, Pauiiné^, Caroline , Julie» Hortense, Catarineet Eugène, de l'intérêt qu'ils m'ont conservée Je pardonne à Louis le libelle qu'il a publié ,eA 1620 {C)f il est plein d'assertions fiiusses et de pièces falsifiées.
» 8/ Je désavoue le Manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous le titre de Maximes, Senter^tiff , etc. y que Ton s'est plu à publier depuis A lÉif. Ce ne sont pas U les règles qui ont dirigé ma \ie. J'ai fait arrêter et ju^er le duc d'Enghien, parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l'intérêt et à l'honneur du peuple français (D), Idrsqmle comte d'Artois enjtretenait de son aveu ( 1 ) soixante assassins à Paris. [ Dans de semblal>l€sckconstances,)'agiraiâencoredeméme (h), ]
(1) Il y a qudcpiefois certaines assertions si inconcevables, si absurdes, que les router ôer<iit partager le fkyniiln qui y est attaché»
l44 TÈ8TAUENI
» 1.* Je lègue â mon ûls les boîtes , ordres et autres obîets , tek que Fargeuterie , Ut de camp, armes, selles, éperons, vases de n^a chapelle , livres , linp^e qui a sfrvi à m on corps et à inoa usage, coiiiorménicnt i\ l'état annexé coté A. Je désire que ce faible legs lui soit cher, comme lui retraçant le souvenir d'un père dont Tunivers l'ont retiendra.
» 2/ Je lègue â lady Rolland , le camée antique que le pape Pie YI m'a donné é Tolentino (F).
» 5.* Je lègue au comte Montholon deux millions de francs, comme une preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu'il ma rendus depuis six ans et pour l'indemniser des pertes que son séjour de Sainte-Hélène lui a occasionnées.
» 4-* lègue au comte Bertrand cinq cents mille francs.
» S.** Je lègue à Marchand , mon premier valetde-chambre quatre cent mille francs. Les services qu'O m*a rendus sont ceux d*un ami. Je désve qu'il épouse une veuve , sœur ou illle d'un officier ou soldat de ma vieille garde.
» ô."" Idem à Saint-Denis , cent mille francs.
> 7.* Idem â Novarre (Noverras) , cent mille francs.
» d.** Idem à Pierron (1) , cent mille francs.
(1) Walter-Scott avait dit dans un de ses Appendices à la vie de Napoléon , tom. XYIII , p. cxlv : « U n'esl pas » possible de vérifier ce qui arriva à trois des domestiques, « Pierron » Aby et Archambaud. On croit cependant que
DB NAPOLÉON. ïl^b
i» 9/ Idetn à Archaiiibaud, viugt-cioq mille francs.
» lO." idem à Cunor (i), vingt-cinq mille francs.
9 II.* Idem à Chandelier, ^ingt-ciaq mille francs.
» 12/ Idem à 1 abbé Vignali, cent mille francs. Je désire qu'il bâtisse sa maison près de Ponte*-
Nuovo-di-Rostino.
» Idem au comte de Las-Cases, cent mille fiwiics.
. 9 i4** Idem au comte Lavalette, cent mille friipcs«
9 Idem au chirurgien en chef Larrey, cmt mille francs. C'est Thommc le plus vertueux qûé l'aie connu (G)^
mr^.T:idm m général Brayer, cebt mille francs.
9 ij.* Idem au général Lefèvre-Desnouettes , tÈÈKbmâke francs.
» Pierron fut renvoyé à la suite d^une querelle au sujet > d'une servante. Aby ( probablemeot) mourut, et un
» des Archambauds s'en fut én Amérique. »
M. Pierfon a it cl imé dans les journaux de France» par une lettre du i5 octobre 1827, contre ce qui le regarde dans ce passage. Il assure qu'il n'a point quitté Napoléon jusqu'à sou dernier moment, et que le 1." mai 1821 , quatre jours avant sa mort , il le fit appeler et lui demanda : t Que dit-ou de moi ? dit-on que je vais mourir ? etc . >
(1) Ce nomn^est ni Cursor, ni Corsot , comme il est écrit ailleurs, mais biou. Çour sot. M. Coursot est de Vmppi(ÇôteHl'Or}. ^ a.
l46 XESTAMENT
» i8.*/i/em au général Drouot , cent mille francs.
• 19/ Ji/tffft au général Cambronne, cent mille francs.
» 20." Idem aux enfans du général Mouton- DuYernet , cent mille francs.
» 21/ Idem aux enfans du brave Labédoyère, cent mille francs.
9 22.° Idem aux enfans du général Girard , tué à Ligny , cent mille francs.
» 25/ Idem aux enfans du général Cbartrand, cent mille francs,
» 24/ Idem aux enfans du vertueux général Travot, cent mille lianes.
» Idem au général Lallemant Tainé» cent mille francs*
» 26/ Idem au comte Réal , cent mille francs.
» 27.* Idem à Costa de fiastilica en Corse, cent mille francs.
» 28/ Idem au général Glausel, cent mille francs.
p 29. ° Idem au baron de Menneval , cent mille francs.
» 'ôQ," Idem à Amault, auteur de Marius, cent mille francs.
» 5 1,* Idem au colonel Marbot, cent mille francs. Je Tengage à coiUiiuier à écrire pour la défense de la gloire des armées françaises , et à en confondre les calomniateurs et les apostats.
» 32.* Idem au|;^aron Bignon, cent mille francs. Je l'engage à écrire l'histoire de la diplomatie française de 1792 à 181 5.
» 33.* Idem àPoggide Talaro, cent mille francs.
DE NAPOLÉON. ' l47
» 54/ Idem au chirurgien Emmery, cent mille
francs.
» 35.* Ces sommes sçroat prises sur les six millions que j'ai placés en partant de Paris en 181 5, et sur les intérêts à raison de cinq pour cent , depuis juillet 1 8 1 5. Les comptes en seront arrêtés avec le banquier, par les comtes Moullio- Ion, Bertrand et Marchand.
» 36** Tout ce que ce placement produira au-* delà de la somme de cinq millions six cent mille francs, dont il a été disposé ci-dessii s, sera distribué en gratiiicatious aux blessés de Waterloo , et aux officiers et soldats du bataillon de Tile d*Elbe , sur un état arrêté par Hontholon , Bertrand, Drouoty Cambronne et le chirui^ien Larrey.
> 57/ Ces legs, en cas de mort, seront payés aux TeuTes et enfans, et , au défaut de ceux-ci ,
rentreront dans la maââe.
» 1/ Mon domaine privé étant nia propriété, dont aucune loi française ne m'a privé, que je sache , le compte en sera demandé au baron de la Bouillerie , qui en est le trésorier ( 1) ; U doit
(1) Lorsque ce troisième paragraphe, relatif au rfomcîfitf
privé, parut dans une première copie du testament publiée à Londres en juilîet 182/1, par ie libraire Ridgeway, les Journaux iii-lais du 5 août suivant, qui donnaient de longs fra-niins de cette copie, se rr< rièreut sur ce troisième paragraphe ^ le Courier le regardait ou comme
l48 TESTAMENT
se monter â plus de deux cent millions de francs ,
savoir : i/ Le portefeuille contenant les économies que j'ai , pendant quatorze ans , laites sur ma liste civile, lesquelles se sont élevées à. plus de douze millions par an , si j'ai bonne knémoire ; u." le produit de ce porlefeuille ; 3.' les meubles de mes palais, tels qu ils étaient eu i8i4 : les palais de Ilome, JPlorence, Turin, y compris tous ces meubles • ont été achetés des deniers des revenus de la liste civile ; 4**' 1^ liq^ation de mes maisons du royaume d Italie, tels qu'argent, argentiBrie, bijou^, meubles , écuries : les comptes en seront donnés pàr le prince Eug^e et rintendant de la couronne Campagnoni., .
» Mapojléon. ,
(deuxième feuillet,)
» 9.' Je lègue mon domaine prive , xiioilié aux officiers et soldats qui restent de larmée française qui ont combattu depuis i79â à i8i5, pour la gloire et l'indépendance de la nation : la répar-
faux ou comme une preuve que Bonaparte avait perdu la tète ; puisque, dit-il, il devriit se rappeler quece loiuls qu'il regarde comme sa propriété , avait été compris dans les cessions pour lesquelles il exigeait des indemnités dans le traité de Fontainebleau.
Les niâmes journaux regardaient aussi quelques legs comme motivés sur des raisons at»8urdes; entre antres celui qui regarde un sous-oiBcier impliqué dans une , affaire contre le duc de Wellington. ( Voy. plus bas l'art. 5 du quatrième codiciiie» où io>ooo fr. soDt l^ués an sieur Canlillon.)
DE KÂFOLEON» l49
tition en sera faite au prorata des appointemens d'aclîvit(^; moitié aux villes et campagnes d'Alsace, de Lorraine , de Franche-Comté, de Bourgogne, de llle^e-France , de Champagne, de Forez, Dauphiné, qui auraient souffert par Tune ou l'autre invasion. 11 sera de cette somme prelt vc un million pour la ville de Brienne, et un million pour la TUle de Méry.
» j'institue les comtes Montfaolon, Bertrand et Marchand, mes exécuteurs testamentaires.
» Ce présent testament, tout écrit de ma propre maiD» est signé et scellé de mes armes»
A Napoléon. •
( jSeeau. Jl
• Etat A joint à mon testamenL 9,hùB§WQoàf lie Sainte^Hélène, ce iS avril iSai
» 1/ Les vases sacrés qui ont servi à ma chapelle à Longwood, «
» 2.* Je charge l'abbé Vignali (h) les garder et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans*
j, 1 Mes armes , savoir : mon épée , celle que
(i) Celle date ne se trouve point daus le icsfament rapporté par le comte Las-Cases à la suite de ia Réfutât ion ée lû reiÀtiàn du capitaine Maitiand, i8?7 , pp. 124— lOa , maii'èBfr est dans celui d'Aotomarchi , et dan» cekii de Walter-ScoU.
l5o TBSTAMENT
je portais à Austerlîtz, le sabre de Sobiesky (i)^ mon poignard, mon glaive <| mon couteau de'
chasse , mes deux paires de pistolets de Versailles.
» 2." Mon nécessaire d'or, celui qui m'a servi le matin d'Llm, d'Austerlilz , dléna, d Kylau, de Friedland , de i*ile de Lobau , de |a Hoskowa et de Montmirail. Sous ce point de vue , * je désire qu il soit précieux à mon fîls. (Le comte Bertrand en est dépositaire depuis 1 8i4* )
• 5/ Je charge le comte Bertrand de soigner et conserver ces objets , et de^es remettre à mon €ûs quand il aura seize ans.
> 1 Trois petites caisses d'acajou contenant ,
la première, trente-trois tabatières ou bonbonnières ; la deuxième , douze boîtes aux armes impériales, deux petites lunettes et quatre boîtes trouvées sur la table de Louis XVIII , aux Tuile* ries, le 20 mars 181 5 (H) ; la troisième, trois tahaiit i i s oriit cs de médailles d'argent à l'usage de l'empereur , et divers effets de toilette , conformément aux états numérotés I » II , lU.
» 2.^ Mon lit de camp, dont j*ai fait usage dans toutes mes campagrK s.
» 3.** Ma lunette de guerre.
>» 4**' Mon nécessaire de toilette, un de chacun de mes uniformes, une douzaine de chemises , et un objet complet de chacun de mes habille-
tO Tl y a ici erreur : ce sabre nVst point celui de Sobîrski , mais celui que rempt k ur portait à Aboukir* Cette erreur est réparée plus bas.
DE NAPOLÉON. l5t
mens, et généralement de tout ce qui 8«rt â ma
toilette,
» 5.' Mon lavabo.
» 6/ Une petite pendule qui . est dans ma chambre â coucher de Longwood (I),
» 7.' Mes deux montres et la chaîne de che- Y0ipL de l'impératrice.
9 8/ Je charge Marchand, mon premier yalet* deH:faambre , de garder ces objets , et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans.
lY.
'fi.'
» Mon médailler.
» Mon argenterie et ma porcelaine de Sèymik 9 dont j'ai fait usage â Sainte-Hélène. ( Etats Bcta)
» 5." Je charge le comte de Montholon de garder ces objets , et de les remettre à mon iils quand il aura seize ans.
» 1/ Mes trois selles et brides, mes éperons qui m'ont servi à Sainte-Hélène.
» 2.* Mes fusils de chasse au nombre de cinq.
9 3/ Je charge mon chasseur iSoverras de garder ces objets, et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.
YI.
9 1.* Quatre cents volumes choisis dans ma bibliothèque parmi ceux qui ont le plus servi à aion usage.
iSâ TESTAMENT
j> 2." J« charge Saint-Denîfl de les garder et de les remettre i mon Sh quand 0 aura seize ans*
t Napoléon,
Etat At
» 1/ Il ne sera vendu aucun des effets qui m'ont servi. Le surplus sera partagé entre mes exécuteurs testamentairés et mes frères.
» 2." iMaixhand conservera mes cheveux, et en fera faire un bracelet avec un petit cadenas en or , pour être envoyé à l'impératrice Marie- Louise , à ma mère et à chacun de mes frères , sœurs , neveux , hièces , au cardinal , et un plus çonsid érable pour mon fils,
» 5/ Marchand enverra une de mes paires de l^ucles à soulier en pr , au prince Joseph.
9 4«* Une petite paire de boucles en or à jarretière, an prince Lucien.
» 5.° Une boucle de çol en or, ^u prince Jérdme,
Etat A (i).
9 Inventaire de mu effets que Marchand gardera pour remettre à mon fiis,
> 1/ Mon nécessaire d^afgent, eelui qui est sur ma table , garni de tous ses ustensiles ,
rasoirs , etc.
» 2,*MonréveiUe-matin. C'est le réveiUe-^matta
()) Cet état-ci renferme plusieurs objeU déjà meaf,îouués dans les précédens.