TESTAMENS ANGLAIS
de son lit, ses quatre chiens , reçul leurs dernières caresses, les leur rendit de sa main défaillante, et mottrut entre lefir» pattes. Par un article de son lesldinciit , il ordonne que les bustes de ses quatre chiens , nés de celui qui lui a sauvé la vie » soient sculptés aux quatre coins de son tombeau.
Le docteur Elli i hy est mort a Londres vers le mois de lévrier ; il était membre de la so* ciété des On a dit que toutes ses habitudes étaient empreintes d'originalité. Quelques clauses de son testament le donneraient à penser. Yoici les plus singulières :
« Je veux qu'immédiatement .après ma mort, mon corps soit porté à l'amphithéâtre anatomîque de la rue Aldersgatt , et disséqué par MM. Lawrance, Tyrrell et Wardrop, afin que la cause de ma maladie soit bien appréciée.
» Je lègue mon cœur à M. W.... , anatomiste , mes poumons à M. R.^.^., et ma cervelle à M. F.... f afin qu'ils les conservent en les préservant de la corruption , et ]e déclare que faute par ces derniers légataires d'exécuter fidèlement mes < ernières volontés à cet égard, je viendrai, s il est possible, les tourmenter jusqu'à ce qu'ils s'y soient conformés. »
La dernière clause n'a poiiil cHTrayé les légataires , car ou assure qu'ils ont renoncé à leurs legs.
TESTAMEM D UN AVOCAT.
Les journaux ont parlé d*un avocat de Colmar qui, vers 18:26, a légué 'ji^^ooo Ir. à l'Jiopital des fous. Cette clause n'a rien d extraordinaire, mais le motif eu est exprimé d*une manière piquante. «J'ai gagné, dit le . testateur , cette » sonuiie avec ceux qui passant leur vie à plai- » der ; ce n est donc qu'une restitution. » Si iién verés etc. ; cette plaisanterie n'est pas nouvelle.
TESTAMENT DE M. SARLOYÈSE.
On a annoncé dans les feuilles publiques, que
M. le lieutenant-général Fournicr-Sarlovèse, mort à Paris, en janvier 1827 , avait, par une clause de son testament, laissé une somme de vingt mille francs à la cavalerie française ; mais il en a réglé remploi de la mnnicre suivante : Fintérêt de ce capital placé sur l'état , sera réparti , chaque année , sur les trois plus anciens cavaliers présens sous les drapeaux.
Ce legs , qui sans doute est le premier de celte espèce, a quelque chose de particulier qui (ait impression. D'un côté on voit un digne officier qui cherche à fixer le plus longtemps possible, dans l'arme de la cavalerie, des soldats expérimentés. De Tautre on se figure la joie inattendue de trois braves militaires recevant inopinément
â3a TESTAMENT
' une sojiinin annuelle assez forte ( 553 fr. 55 c. ) , toute proportion gardée , comme récompense de. leurs longs seryices, et comme encouragement à les continuer , car sans doute ils y auront droit tant qu'ils ne quitteront pas leurs drapeaux.
TESTAMENT DE FR.-VliNC. LEBRALY,
HOTAIKB A GLBHKOKT.
Nous ne pouvons parler de ce testament que d'après le Spectateur des Tribfinaux , qui en donne • les clauses , sinon les plus essentielles, du moins les plus singulières. Nous regrettons qu'on n'ait point ajouté la date de cet acte qui présente une certaine originalité ; mais il ne doit pas être très-ancien, puisqu'O a été connu du public par suite d'une affaire portée en juillet ou aoAt 1827 , ))aid( vaut le tribunal civil de Eiom (Puyde-Dôme ). 11 paraît être l'œuvre d*un bon vieillard , con$eiUer du Roi ^ notaire avant la révolution , qui s'exprime ^vëc autant de simplicité et de naïveté que sa tête et sa santé affaiblies par Fâge et les infirmités le lui ont permis, ainsi que le prouve surtout la fin de son testament Mais « voyons cette pièce dans son entier :
« Ego , moi , François-Vincent Lebraly , ancien conseiller du Roi, notaire en la ville de Glermont , ai fait mon testament olog^raphe de la manière suivante :
» Je donne à M. le curé de la cathédrale nia paroisse, pour les frais de mon enterrement, à messe basse, la somme de cent francs, etc.
DE FB.-VINC« LSBKALT. 233
» Je lègue amz deux enfans de feu Gilbert de Lebraly mon neveu, du Heu de Chassergues, paroisse de Courtcix ( Cui rèze ) , la somme de deux mille francs , pour être partagée entre €ux par .égale portion, laquelle somme leur sera payée , ou pour eux à leur tuteur ou curateur , dans !e courant de Tannée d'aprts mon trépas , pour aider à fournir aux frais de leurs études dans un bon collège.
» Et pour me succéder dans Tuniversalité de mes autres biens mobiliers et immobiliers, je noinme et institue pour mon héritier général , François-Vincent Lebraly, mon petit-neyeu et
filleul , fils de , etc.
» De tous lesquels biens dont je mourrai saisi, }e lègae néanmoins la jouissance à J.-F. Lebraly père, jusqu'à la majorité de son fils, à la charge, 1.* de faire fidèle invcnlaire , etc. ; de ne rien épargner pour l'éducation et Imstruction de mon héritier, relativement aux sciences les plus utiles pour le bonheur de la vie ; pour cet effet lui donner des maîtres scientifiques , le placer dans de bons collèges , et lui rappeler cet adage :
Enfant , apprenez ilès votre bas â£;c Que science vaut mieux qu^hériugc \
Votre science tous nourrira^ Et Totre h^rita^e Yout manquera (i).
» £aiin je recommande à la générosité de
(i) Il y a bien trents ans que je n*ai lu les irieiix qua* trains de Pibrac, mais si celui-ci n*en fait pas partie , il est bien digne d'y figurer sous le rapport poétique , quoique le fonds soit très-vrai,
254 TESTAUENf, etc.
mon innocent héritier la persoaiie qui m'aura servi fidèlement dans ma dernière maladie.
» Je crois ne rien devoir , ni avoir jamais nni â personne : bien loin d'avoir été vindicatif envers mes innombrables ennemis, je leur ai rendu service, etc«
» Ainsi je n'ordonne point de prières ; d'ailleurs je présume qu'elles ne peuvent changer l(es décrets immuables de Dieu , mon créateur ( i ) , je me repose confidemment sur sa justice divine ; au reste les vols, les pillages, les maladies, les adversités m ont réduit dans une aili^use pé* nurie...» 11 m'est dû, mais mes débiteurs sont pauvres ou mauvais payeurs
» Depuis sept à huit ans ( à cause de ma faiblesse et tremblement), je n'avais point écrit ; il a fallu rappeler toutes mes forces presque éteintes pour crayoïuioi ces présentes, et employer une quinzaine de jours, à téte reposée, sans la pré« sence de la moindre personne ; ainsi je n'ai pu être induit ni suggéré. Tel est mon testament eL disposition de dernière volonté, que j'ai écrit et signé de ma main tremblante. »
Signé Lebrai^y.
(i) €ette phrase aurait une certaine tendance à l'héréHÎe; maïs le bon ancien conseiller du Roi ne paraît pas y mettre malice, et montra une trop belle ame dans tout le cours de ses dispositions testamentaires , pour qii^on soit tenté de chercher querelle à sa mémoire.