‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 28 sur 91 · ANGLAIS · texte numérisé non relu

ANGLAIS

ment abandonné d'après ses conseils; pesant mûrement et attentivement toutes ces considérations, j'ai légué et je lègue à ladite Elisabctli M ma femme , un scheliing.

Un mari lègue par testament à sa femme une somme de cinq cents guinées, mais die n'en

jouira, ajoute la clause, qu'après qu'elle sera morte , et cela, coutinue le testateur, iifiu qu elle ait de quoi se faire enterrer convenablement.

Un gentilhomme anglais , qui , depuis son enfance , était imbu d'un préjugé désavantageux contre les Irlandais, hérita, dans un âge assez avancé, d'une terre considérable dans le comté de Typpérary en Mande, mais sous la condition expresse qu'il l'habiterait. Malgré sou extrême répugnance, il résolut de s'y rendre et d'y établir son domicile. Après quelques années de séjour, il mourut, et ses Héritiers furent étrangement surpris, en ouvrant son testament, d'y trouver les dispositions suivantf s : « Je donne et lègue la somme annuelle de dix livres sterling pour être payée à perpétuité par ma succession ; laquelle somme , telle est nu volonté et mon plaisir, sera employée à acheter d'une certaine liqueur nommée vulgairement whkey; et il sera donné avis au public que telle liqueur doit être distribuée à certain nombre de particuliers. Irlandais seulement, lequel nombre ne sera pas au-dessous de vingt ; et ils s'assembleront sur le cimetière où je dois être enterré. Là on leur donnera à chacun

TKSTAMBICI

un bâton de bois de chêne et un cou teau^^t ainsi armés , le wiskey leur sera distribué par demi* phite â chacun, jusqu'à ce que le tout sent consommé, et je veux que cela ait lieu tous Jes ans, le 17 de mars ou le 10 d'octobre. Ma raison est que les habitans grossiers d'Irlande , chaque fois qu'ils s'assemblent , ne manquent que d'armes pour s'enïredétruire , et j'ai voulu prendre le moyen le plus efiicace pour les assembler, dans Fespérance qu'avec le temps ils dépeii plerout euxmêmes leur pays , qu'on pourra repeupler ensuite avec une race civilisée venue de l'Angleterre* »

Nous aTons déjà eu plusieurs fois occasion de

citer tirs tcstaiiiens où ccrlaiiics clauses renferment des témoignages -d'afTection envers un animal de prédilection, tel que chat, chien, etc. ; mais il était réservé à une vieille dame anglaise de ne pas s'en tenir à une seule espèce , et de constituer pour son béritière toute sa petite ménagerie domestique, permettant toutefois à sa fille , mère d'une nombreuse femiUe et peu fortunée, de succéder au dernier survivant de ces singuliers légataires. La clause de cet acte bizarre que les journaux ont rapportée en mars dernier ( 1828 ), est ainsi conçue :

« Je lègue à mon singe , mon cher et amusant Jockoo, pour en jouir sa vie durant, la somme de dix livres sterling ( environ â5o fr. ) , qui sera employée exclubivcuicnt à son entretien. Je lègue â mon fidèle chien Shock, et à mon bien* aimé chat ïib , cinq livres sterling de pension

ANGLAIS^. Ma$

anmieire à cbacim. £n cas de mort de Tun des-^ dit8 légataires, la rente à. lui faite passera sur la tête des deux survivans^,: et des deux au dernier , quel qu'il soit. Après le décès de toutes les par* ties y la somme à elles léguée appartiendra à ma

fille G , i qui |e donne cette préférence ,

entre tous mes enfans , â cause de sa nombreuse famille qu elle a taut de peine a nourrir et à élever..».

Un testament assez singulier pour exciter îà curiosité publique, est celui de M. Borkey, riche gentilhomme, mort le 5 mai iSoS» à Kinghts- Brige, près de Londres; Par ce testament, if a laissé une^ension de vingt-ci nqllv. sterl. â quatre de ses chiens. Ce particulier, d'une fôrtune aisée, était remarquable par Texcessif attachement qu'il avait pour cette espèce d'animaux. Quand on lui faisait remarquer qu'une partie de» somnics qu'il dépensait pour eux, serait mieux employée au souhigement de ses semblables, il répondait : « Les hommes ont~ attenté â mes jours; des chiens fidèles. me les ont conserves. » En effet dans un voyage qu'il fit en France et en Italie , M. Borkey, attaqué par des brigands , avait dû son salut à son chien. Quatre de ces animaux auxquels il a légué une pension alimentaire , descendent décelai qui lui a sauvé la vie. L'intendant de M. Berkey est chargé de- dépenser toute la somme léguée , et dé ne rien réserver pour lui-même. Le testateur est^ entré dans les détails les plus niiiuitîeux sur l'emploi de l'argent. Sentant sa fm approcher, M.. Berkey fit placer sur des fauteuils, aux deux côtés

Page 1