‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 50 sur 91 · AM. PP. D · texte numérisé non relu

AM. PP. D

« iElia , Laelia, Crispis, ni homme, ni femme, nî

> androgyne, ni fille, ni garçon, ni vieille, ni chaste, » ni impudique, mais tout; laquelle est morte noD de » faim , ni par le glaive ^ ni par le poison 9 maïs par tout; » qui n*est ni au ciel » ni dans l'eatt , ni en terre , mais

> partout.

> Lucius Âgatho Priscius, qui n*est ni son mari 9 nî • son ami, ni son serviteur, ni triste» ni joyeux , nî pieu- ». rant , lui a dressé non un tombeau , ni une pyradoidet » ni un sépulcre , mais tout : il sait et ne sait pas ce qu*il

» lui a dressé.

» Voici un sépulcre qui n'en ferme avicim corps : voici » un corps qui n'a point de sépulcre; maisc^estun corps j» et un sépulcre tout ensemble. »

Qiu'l est le mot de cette énigme? Il n'est certainement pas facile à deviner; et je crois que M. L.... lui-même, qui en 180a a tant exercé la sagacité des CËdipes modernes par son gontsastb (i), présenté avec autant de

(ï) CeUe fameuse enig^me de M. L. . . . a fait assez Je brniL dans le temps pour que nom r«rpporUou& l'imtoire, telle i{uu ûuuj» la

8IN6VI.IÂRE8. 5l5

clarlt^ qne l'épîtaphe en question , y perdrait son lalin. Quoi qu'il en soit, Drexelins nous api^rend que Ifs uns prétendaient que cette épitaphe désignait iVsprit de i'iiomme; d'autres » l*eaa des nuées (n'a-t-ii pas voulu

doDnc la Riogi upiue des hommes viuans : <<l M. L. . . . , ancico ecclesiasli(pie , qui pendant le cours de la révoluûon a travaillé à difierena jonmatix , proposa pour prix en 1809 « im ttem|>Ia{re des ÛCni'ret de f^oitmrê^ pour celtd ^tâ deviaeraii uAe ém^woe de sa fitoeiu Cet •Tia fîit impiiiiié dna %om les joarasus , am' beaucoup d^éclat. To«a les désœuvrés .s^enoeenpèrent, e& pendant pliisieers mf>is II ne ftit^esiioB à Paris et dana toute la France que de cette aorte de défi^ proposé par M. L. . . . , sans que la inuiiificence de ce nouveau sphinx put être mise à Kepreuve, Forer àe. donner enfin lui-inr-me la clé de ce mystère impénélrahîe , il îa ût connaître dans une brocliure ( Cor— respondunce des (M-'dtpes on le Mot de Vèrdgjue^ i8o3,*rt 8.** de 63 pages) , qui tui vendue u un ^rand nouihre d^exemplairen. ]l y porte « 534? le nombre de lettres qui lui furent écrites (fraac de purt) à cette oooaaton \ ce qui fit oroire à quelques-uns des curieuA attrapés que le vrai mot de Ténigme était un jeu concerté avec Tadministra-' ti<m des postes. On y trouva le mot coHTaiSTfi, sur lequel M. L. . avait rassemblé un «^raiid nombre d^antithésee et d*oppositions forcées et qui n^étaient qu'une niystification ^ dont on chercha à se venger par des quolibets et des rébus qui ne valaient pas mieux que réuigme. Ou dî«l!Qgua ru-atmioins dan^ la foide des brocards que l'orgueil blessé dt .s ( )Kdipcs lit éciore en cette circouslance , uut: carricature représeutaui 1 auteur monté à rebours !>ur un une, et tenant au lieu de bride la queue rayonnante du quadrupède, avec cette inscription: ASINUS LÎJGET. De la bouche du personnage sortait une bande , portant cette phrase :

vers tiré de Fénigme même* Cette carricature avait elle-même donné lieu à rép^ramme que voici ;

« Aux jeux malin* du public on expo*»

■B SiM moaté.

Bien je voudrai- t rnnnîtrc la cauM, Mai» vaine meai je m'en «rais Uatui.

Pmm m nw MW ttu wpri( uMi wto f Toot friDchemont je dois le déclarer; Car f« ne puis vraiment me figurer Qu'il mU ici <}u«sltoa 4« coarium. n

Cette épigramme, avec son ton de bonhomie) n^était point mal acérée, Ainsi ^ntt cet innocent badiuage.

5l6 iPlTAPHEft

dire les nuages. dans leurs foin^ es fantastiques? ) ; ceux-ci y voyaient Niobé changée en ])ierre; enfin chacun a « donné suiunot, et la lumière est toujours sous le boisseau,

quoique Jean Xurius, de Bruges» et Richard Vilus Basînstochivs, )uriftGOiifluUe anglais, i^ous aient laissé des commentaires s^r cet iinportant morceau. Le livre die Basiustochiiu a été imprii|ié à Dordrecliity chez L. Be^wout, en 1618.

U serait bien, glorieux pour notre stède de pouvoir pé^ nétrer dans ee tombeau mystérieux de Bologne » et dire clairement : c*èst eèla. La cbose ne paratt malheureusement pas très>&Gile. I<*aî|teur, aurait-il entendu , par hasard, désigner , sous son fatras de contradictions, ce que le P. Masenius appelle *$arro^'« dans son poème allégorique ? Il est certain que la nature humaine, prise eu général, ( c'est ce que signifie Sarcotts ) , otïre bien des contrastes, mais il y aurait encore beaueoupàdiresup le tissu du voile dont l'auteur aurait enveloppé sa pensée; et ie crois sincèrement n'élre pas plus avnucé avec ma Sarcods quelç Hollandais Turius el TAngiais iiasiast^chius ne l'ont él<^ «.yec leur (K^xvmeoUUe^

JËPITAPflËS D'£GOUIS £T D£ LYON«.

(V«rsleXV.« siédeO

Voici encore deux epitaphesénigmaliques. De ces dent petites pièces, Tune existait dans la collégiale d'Ecouis

*(Eure ) ; elle est fort connue et a été citée par M. Alexandre Le Noir dans ses Observations sujr La peintufê verre :^

. in-Su° de %j p. , fig. La voici

Ci'gtt TtfnfiiBt, digit le pére,.

Ci-gtt la sœar, ci^t le frère, G^t la femme e( le narii Et ne sont que deux cocpe ici.

L'autre se lisait contre une muraille à Lyon , au-del^

de la porte dite Pttrte d*Halincourt, qui confine la ville

de ce c6té, au quarUci de Seiiu, iaubuurg sur la tiy^

SINGULIÈRES. 3l7

âroîtc de la Saône. Celle épitapiie de Lyon a un vers et un personnage de plus : elle se trouve dans un petit volume intitvilr : Réflexions sur les gravds hommes qui sont furris m plaisantant , nouvelle édition, aaL'nitutée d'épitaphes et autres pièces curieuses (par Bourreau Ueslandes). Amst., 1768,, petit ifi-il. Assez médiocre ouvrage. L'épi taphe en question y est p. si6. Bile a été aussi rapportée dans plusieurs autres ouvrages, particulièrement dans Lyon telgu'it était, ete.y par M. Aimé Guilloo. Lyon, 1807» <R-ift> p. 120.

Ci glt le fîls, ci-glt la mère, G-Hfît k fille avec le pére,

Cl^t la MMir, ci-^tt le frére^ ' ^ Cî^lt la femme et le nsrii £i ne aont que trois corpa icL

On voit que cette seconde épîtaphe est dans le même genre que la première. Cela donnerait à penser que cette pièce a été faite à plaisir , ou du moins que celle d^Ecouis est Toriginale y tandis que celle-ci ne serait qu'une nouvelle édition augmentée; car il n'est pas présumable que lUncesta effroyable qui fait le fonds de cette épîtaphe ait été commis deux fois* Rien de plus facile qu« de faire une troisième édition qui rendrait cette pièce encore plus compliquée, en y ajoutant un personnage et deux vers :

Ci-git le fils, ci-gil la mcrei G-g!t la fille avec le pére^ G-git la sttur, â-gti le frère ^ Ciglt la femme et le mari; G>gtt avec eux la grand*mére) Q-gli le petit-fils aussi; Et cependant ne sont qoe quatre corps icL

Nous avons donné rexplîcatîon de l'épitaphe de Lyon

dans nos Àmus&tnens phiiologiques. Dijon, Lagier, i8a4, //î-8.* de 5 18 p. Voyez p. 171. Cette explication peut également convenir aux deux autres; on fera seulement attention que la mère des deux époux ne figure pas dan» la première, qui est celle d'Ecouis, et qu'elle figure avec son petit-fils dans la troisièmei qui nous parait laite plaisir.

Puisqu'il est ici question d*nne énigme qui tient au

5l8 épITAPHES

dernier acte de la vie (une épitaphe ), nous nom permettrons d'en citer une autre qui tient aussi à un acte de la vie, mais à un acte tout opposé, c'est-à-dire à la natwance, ou plutôt à un baptême, cérémonie qui accompagne ordiDuirement la naissance. Ce baptême eut lieu, dit-on, à Birmingham eo iSa5 ; cOny vit figurer deux pères, deux grands-père», deux beaux-pères; deux mëresy deuxgrand'knères , deux belles-mères; deux beaux-frères, deiix belles-sœurs ; deux maris , dettx femmes; deux on* des , deux tantes. Comptez sur vos doigts , tous trouverez vingt-quatre personnes ; il est cependant très-certain qu'il n^y avait que quatre individus présens, et que le cidcul n'en est pas moins juste. »

Nous livrons ce problême à la sagacité du lecteur. Tl est encore un acte essentiel de la vie qui tient le milieu entre les deux précédens et qui n'est pas moins important, c'est le mariage. On en troiivr aussi cpii peuvent odrir quelque singularité. Far exemple^ en 1818, il s'est lait dans le comté de Lancastre, encore en Àn« gleterre , deux mariages qui ont produit une alliance sin« gulière. Un gentleman épousa une dame dont peu après le frère épousa la fille de son auiri^ née du premier Ut. Les deux couples vîn^t à avoir cliacuD un enfant, le premier une fille, Tautre un garçon. II amve par con- ' séquent que cette dame est à la fuis mère de «on ^re, sœur de sa fille, et grand'mère de son neveu; que sa petite* fille est nièce de sa sœur, tante de son cousin, el sœur de son oncle ; que le jeune homme est frère de ses' père et mère, fils de sa sœur, oncle de sa Icinrae, et frère de sa jiiùce ; que sa femme est sœur de ses père et mère, fille de sa sœur, nièce de son mari, et tante de sa sœur; que son fils est petit-fds de sa tante, la plus âgée de ces dames, et le cousin de la petite-fiHe, sa tante (1).

(i) Totis Us jonmaux ont âùBné «;«t(e mecdote en 1819, et tous Pont vépëiée en i8a6, comme il die venmt d*croir lieu dnis ceUtt année.

3INGULliRS«

ÉPITAPHE ]>*UN ABBÉ DE CLAIHYAUX (i).

(Vers le XV/ siècle).

Clarœ sunt miles , sed elarU valUbus abbas Clarior his ciarum nomen in orbe dédit,

Ckarus ëvU, cUaru» meritU ei eiarut honcrêg Ciarus ei ingénia, reiUgione magie

Mere ett eiara, cime elmrue eiarumqite eepulehrum^ CUeriue emitat epiritue antè Deim,

Page 1