‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 59 sur 91 · TESTAMENT P£ LIGON · texte numérisé non relu

TESTAMENT P£ LIGON

( 227 aas ayAoi J.-C* )

Lvcoif, fils d'Aslyanacte, naquit dans la Troade, Tan quatrième de la 119." olympiade — Soi ans avant J.-G. , et suecéda à Straton dans l'école ( con- Ibraiément au .testament de celui-ci l'an 971 av. J.-€* Né avec une forte constitution, il s'exerçait ' beaucoup; étant encore dans sa patrie, il combattit dans les jeux iliaques et dans les jeux de boules; aussi Antigoae dp Caryste dit qu'il avait Tair d^irn athlète , ayant les oreilles meurtries et le coips luisant. Cependant il était fort propre sur sa personne » et même donnait dans le luxe des habits. Eloquent et habile à conduire la jeunesse, il mettait une telle grfice dans ses discours, qu'on ajouta un G à son nom, lappelant Glycon, mot qui signifie douceur. Il écrivait moins bien qu'il parlait. 11 eut beaucoup de part à l'amitié d'Attale et d'Eumène, <{ui lui firent de riches présens. Il gouverna son école .pendant ^ Bm^et mourut 4gé

de 74 am, ta deuxième année de ia olym]piade — 997 ans ayant J.-€. Voiei son testament :

d En cas que je succombe à ma maladie , je dispose

> ainsi de mes biens : je lègue ce qui est dans ma » maison aux frères Astyanax et Lycon , à condition » qu'ils restitueront ce dont j'ai eu l'usage à Athènes» » et qucr }*ai emprunté ou pris à gage , et qu'ils fourni^ » ront aux dépenses de mes ^funérailles et de tout ce

> quMoits'yobsenrer. Jedonneà Ljoon cequim'appai^ :» tient dans la TÏile el h Egine , tant à cause de mon nom 9 qu'if porte, que parce qu'il a demeuré avec moi, » qu'il a toujours eu soin de me plaire ainsi qu'il 3 était juste, et qu'il m'a tenu lieu de iils.

> Je donne le jardin et l'endroit de la promenade » li mes amis Rulon» Callinus, Ariston, Amphîon, ^^-Lycon , Python , Aristomaque/Héraclius, Lycomède

> et Lycon mon neveu, qui choisiront ensemble celui 5 qu'ils croiront le plus capable de remplir nies fonc- » tions; et j'exhorte mes autres amis à concourir avec » eux à ce choix , tant par considération pour moi que » pour l'endroit même.

> Rulon et Gallinus aiiront soin de mes ftinérailles » et de fiiire brûler mon corps ; ils prendront garde qu'il » n'y ait en cela ni profusion ni lésinerîe.

> Lycon donnera les olives que j ai à Ëgîne, aux » jeunes gens pour s'oindre le corps » . afin que ma

> mémoire et celle de ceux qui m'ont porté du res- » pect , soient consacrées par une chose dont l'usage » soit litile.

» I! m'érigcra une statue ; Dîophante et Hi'.raclîde, ^ fils de Démétrius , verront avec lui dans <juei endroit » elle sera mieux placée.

:» Lycon rendra ce que je puis avoir emprunté depuis » son départ , en quoi Rulon ei Gallinus lui sont a4* » joints ; il paiera aussi ce qui regarde ines funérailles

> uBt les -solennités usitées; et il prendra ce qn'il &ul

DE LYGON.

> pour cela sûr ce que je lui laisse en commun avec

> «on frère. Il aura aussi toute considération pour les

» uiédecius Pasithéaiis et Midias , gens estimables , -» tant pour les suiub qu'ils ont pris de moi, que pour » leur art » et qui sont dignes d'un plus grand honneur

> encore.

> Je fiiis présent de deux coupes au fils de Callinus > » et de deux bifoux à sa femme , aussi bien que de

y deux tapis, Tun velu et i*autre ras, avec une lapisï série et deux de mes meilleurs oreillers , alin qu'on 9 voie que je me souviens d'eux.

> Quant à mes esclaves , voicî ce que j'ordonne : Dé- » métrius que )*ai «ffran^hi depuis longtemps , aura

> avec le prix de son rachat que je lui remets , cinq

> mines ( 45o fr. ) , un manteau et une robe , afin ^ qu'aprcb avoir beaucoup travaillé à mon service, y il ail une vie honorable. Je dispense pareillement

> Criton de Chalcédoine de robligaiion de racheter sa » liberté , et lui assigne quatre mines ( 56o fr. ) J'af- » franchis Micnis^ qui sera entretenu et instruit par » Lycon pendant six ans , à corfkpter de ce jour. Chœ- 5> rès aura aussi sa liberté ; non-seulement Lycon Ten-

> treliendra , mais il lui donnera deux mines ( 180 fr. ) ,

> et ceux de mes livres que j'ai communiqués au » public ; ceux qui n'ont pas été mis au jour seront » donnés à Callinus « qui aura soin de les publier. Je

> renvoie Syms libre ; )é lui donne Ménodora » et » s'il me doit quelque chose, je le lui remets et lui

> en fais présent. On donnera à Hilara cinq mines

> (4^0 k,), un tapis velu, deux oreillers, une tapisa série et un de mes lits à son choix. J'affranchis » aussi la mère de Micrus , Nœmon^ Dion » Tbéon »

> Euphranor et Hennias / ainsi qu*Agathon » celui-ci

> après deux ans de service. Mes porteurs Ophélion

> et Posidouius serviront encore quatre ans , après

> quoi ils seront libres* Enfin je laisse à, Démétrius ,

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> Criton et Sjrùs, à chacun lul lil et an habit au

2> choix de Lycon , pour récompense des bans services » que chacun d'eux m'a rendus*

» Lycon sera libre de m'cnterrer ici ou dans ma

> patrie » persuadé qu'il consultera aussi bien que

> moi-méme ce qui sera le plus honorable pour moi* » Et après qu'tl ^ura exécuté mes volontés , je le

> fiiis maître de tout ce que je lui laisse. >

Les témoins de ce testament furent Callinus, Hermionée , Ariston de Chio » et Euphron de Païane.

TËSTAMENT DE VIRGILE.

(^SSdeKome. — 30 aus avaai J.-C)

Lb plus beau génie du monde > Virgile , naquit à Andes»

aux ides d'octobre 684 de R. — le i5 octobre 70 av. J.-C. , sous le consulat de Licinius (Irai^sus et du grand Pompée. Son père s'appelait Maro, sa mère Maïa, et lui e>it le nom de Pub. Virgilius (^ou Vergilius ) Maro. A l'âge de 1 5 ans» il fit^ premières études à Crémone» et il y travailla trois ans; de là il fut envoyé à Mantoue» où il apprit la langue grecque et s'appliqua II la médecine et aux mathématiques. En 713, il fit sa picmici e églogue; en 717, il commença 8fs Ci''<)ro;îques; et en 738 » son £néide* il ne put mettre la dernière main à ce poème. Nous ne suivrons pas Virgile dans les différentes actions de sa vie » qui dViilleurs sont peu conmies; nous dirons seulement que» piir son caractère doux» accompagné d*une grande timidité, et par son beau talent, il sut gagner l'estime, la confiance et ramitlé de Mécène et d'Auguste» qui le comblèrent de faveurs et de biens. Il fut très-lié avec Horace , Varius » IHotius Tucca et iea autres beaujt génies de son tem^s.

On ne sait pas au Juste à combien montait la fortune de Virgile » mais elle était considérable* Ûa Tii estimée

DK YIBGILB. 34?

k SoOyOOO écus, qu'il recul à la cour d'Auguste et d ailleurs , pour prix de ses vers ( i ) ; mais Servius la porte encore plus haut, car» dans la vie de noire poëte , il le £iît possesseur d'an capital éqairalant à 1,93 7,42 4 entre un palais dont il était propriétaire à Rome. 11 faut dire ique dans ces tenips4à , Tor et Fargent étaient en abondance dans ctitte ville , puisque c'est là que se transportaient toutes les richesses du monde (9.). D'ailleurs Virgile eut plusieurs illustres bienfaiteurs outre Auguste, dont les iîbéralités furent sans bornes. Aussi tou« les parens du poète vécurent dans Topulence lorsqu,'il eut frit fortune. Mais H est temps d'arriver k son testament, qui fut dicté par le devoir et la reconnaissance.

On sait qu'il était allé à Athènes dans lo dessein d'y achever son Enéide. Malheureusement il y rencontra Auguste , et crut qu'il était de son devoir de le suivre jusqu'en Italie. Cependant pressé du désir de voir les curiosités de la Grèce, il n^ligea une indisposition qui le surprit à Mégare » et qui augmenta par Tagitation du vaisseau sur lequel il s'embarqua pour se rendre à Brindes. Arrivé là , il se trouva très-mal. Son premier soin iut de demander son portefeuille avec euipre&sement

(t) Il n^aurait pas fallu beaucoop de prëseiis comme celui que lui fit Octavie au sujet du fameux tu Marcellus eris. On preti ntl qu'après la lecture tîe ce passage, celte princesse revenue de ion cvanuubsemçnt , lui donna dix grauds sesterces pom cl aque vcrs^ or, comme M y en a une trentaine dans ce passage , et que le sesterce valait i peu prés aoo fr. , cela ferait 60,000 k. D'autres «ssureoit que Vii^;ile veçnt dH)eiiyie un vsm d*affg«iit dont le peids est incoann*

(a) Nom avons fait des it^cAercAc* ( eneore in^dkas) mrUêfw* fufiet pwtieiiUère» du Bmimu. On voit dans ce petit traité qoe la forlune de Sjrlla poavait aller à iSo^ooo^ooo fr.^ celle de Crassus à 34^080,000 fr.; ceUede Cio^cm^ le plus houncie «I le moins ricbede tous, à environ a5,ooo,ooo fr. ; celle de Senèquc à 60,000,000 fr. ; celle de Pallas etc. LesLucuUus, Vernk, et tant d';>iitre<;

dont nous étalons les fortunes, proiiveut <\\\c toutes les lichesses du monde étaient alors concentrées en Italie et particuliécemcnt àliome.

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pour brûîep TEnéide. On lo lui refusa. Alors il fit son testament, que nou» n*avons pas textuciicmeiity. mais dont on connaît les principales dispositions.

Par l'une des pramièrM » il ordonne de brûler son poëme,. comme étant incorrect et impar&tt » vr um ikbp «ERBATAH iHPBRTBCT/iMQUE. Mâîs Tucca ot Varus , ses amis, cliarii;('>j, de rcxccuhoQ de cette clause barbare, lui liront ob>prvcr qu<i jamais Auguste n'y consrnl irait. Alors ii leur légua ses manuscrits » mais sous la, condition o\ presse que venant h lea publier, s'il ne pouvait le lairje hii-même ib n*j chang;ea8ient rien et laissaaaent même les vers qui sont imparlaîta (i). Emu Yako ac

STIfUL TVCCM SCRIPTÀ SVB BA COHniClOIlE (stc) LEGAVIT, QVID EDERENT QVOD A Sli BDîTVM KOlV ESSET , VfiBSVS £TIAM IMPEUFECTOS, SI QVI ERANT , RELIÎSQVERE.^ T.

Il ordonna ensuite que sa dépouille mortelle (ut tran»^ portée à Naples; voltit btiam *BiyA ossA. Nbapolim

TBAliSPERKI*

Enfin » il dispose de sa fortune de la manière symnte: il fiiit un nommé Valerius Proculus , son frère utérin , héritier pour la moitié , Auguste pour un quart , Mécène pour un douzième, et il donne le reste à Varui> (et nooi Yalerius, comme porte le texte latin), et à Tucca t Hbbbubs FBCiT BX DiiiiniA pabtb Valebivii PadcuiHH

FBATBBV EX ALIO PATEE : BX OBABTA AvGVSTUM : BX. BVODBCIMA MOBCBIVATEV : EX BELIOVIS YALBEIVH (VaBVh)

jsT Plotilm Tuccam , qui ejus J^ueidfim post obuam jussa. CctsarLs emendaoerunt ^ etc.

(i) Uu oratoriea, DomiQe Pierrc-Joâ. Duvaciiei de beauoe, u'a eu aumu ëgafd i U clame da tMtaniat d« Virgile-, il «st mi qn*fl ik*^uil ni un Vanu, m im Tooea. 0-a*«t aurnstf à coBi|iIéi«r toot les yeis imparlaki de PEnâde. On Uonvera oa haidi travaiL dana las

PotfjiMfade cet oraiorien^ «$aZi?Mim, ie64« gr« pp. at^— fti9>

Mous y Toyons qu^il y a 55 vers inoomplaii dans l*Eaâde, et qva

Tauteur he»(inois en a fait plus de 300^ prëstataot sonveiii le mêiii»

vers avec plusieurs variantes^ pen propres mî^lHenreusemenl à remplir les l»canes de r^ueide» Pluûeurs avaient déjà fait lewéme cesai»

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