DE CHARLEMAGNE
eslre nécessaire. Mais après son trespas , ou après que de sa propre volonté, il se seroit despoùîllé de toutes choses séculières et mondaines , ceste partie seroit subdivisée en quatre subdivisions , et Tune d'icelles seroit adjoustée aux sus dictes vingt et une paris , et Taulre prinse seroit divisée a ses fils et filles^ et a ses nepveux et niepces ( c'est plutôt pctils-fils et pelLtes-filles ) par une juste et raisonnable division.
> La troisiesme, selon la coustume des chrestiens, seroit employée à rcntrelenement des pauvres. . .
> La qualriosme pareillement seroit divisée et partie comme une auniosne a rentretenemcnt et nourriture des serviteurs et servantes du palais. * • ' ' '
> Et voulant qu'a cette portion de toute la somme quii, comme les autres, consistoit en argent et or , fust adjoincl et mis tout ce qui estoit de ter et de cuivre et d'autres métaux, avec les vases, ustensiles, armes et habillemens, et tous autres meubles fussent précieux et communs , faicts pour servir a divers usages , comme sont marmites, chaudières, couvertures, lodiers (couvrepieds) , chasliz, cuirs, mortiers, et tout ce qui se trouveroit ce jour la , tant en sa chambre qu'en sa garderobe et cuisine , afin que d'autant plus fussent grandes les divi^ sions et parts de ceste part, et que l'aumosne peut servir a d'autant plus de gens. '^'^ . ^ iï;^ «.i ^
» Quant a sa chapelle , c'est a dire le ministère de l'église , il ordonna que tout ce qu'il avait faict et assemblé , et ce qui lui estoit advenu par la succession de son pere demeurast entier et ne fust couppé en aucune division ny partage ; et s'il se trouvoit quelques vases ou livres, ou autres ornemens lesquels il apparut certainement n'avoir point esté donnés par lui a la chapelle , celuy qui les voudroit les acheptast , en donnant le prix de la j uslo estimation d'iceux. Semblablement il ordonna des livres desquels il en avoit un grand nombre en sa librairie , que ceux qui les voudroicnt avoir les achepteroient a
TBftTAMEIlT
juste et raisonaabie ^rix ; pt que l'argent qui en pre-. fieodroit woli donaé aux pauvres.
> Entre. auM^ d^oies, il aTmt Irob tables d'argeat. 6l 008 dTpr de belle [^andeur «et de grand prix; sur les*, quelles il ordonna, que l'une d'icelles qui estoit qua-> draiigulaire et en laquelle estoit gr.ivé<' ia description de la ville de Constantinople^ fust portée a Rome a la basili-' que de Sainct Pierre , entre autres dons qu'il y fist porter ; et que Taiitre qiii estoit ronde , en Ipuqaolle estoit gravée la forme de la rille de Rome , faal donnée a l'evesquo. de la TÎlle de RaTonne. Quant a la troîsiesme qui sur^ passoit les autres tant en prix qu'en excelleoce et beauté de l'ouvrage, laquelle estoit faipte eu ibrme de trois formes rondes ( o'est a dire de trois cercles entrelassés ) ausquelies estoit en grayeiue tves déliée et très délicate,, engr^vée la figure des trois parties de la tenre : et quant a une^iiutre qui estoit d'or, qu'on disoit estre la qua-r triesme , il ordonna que toutes deux seroîent mises , comme supplément 9 la troisiesme partie, qu'il avoii iroulu estre di?isée entre Jes héritiers et les aumosnespap^ luy ordonnée, Il ordonnit et iisi eeste constitution et jtestament derant ies. evesques, abJieap et eomtes, qui pour lors poufoiçnt eslie ayeç luy, pt dou^ hp noms, sgiyent.,... > ,
« Lesquelles choses (ajoute Ejrinhard) son fils Louys ac^îomplit incontinent ppres la mort de son diçt père. »
Voilà tout ce qui nous reste -du testamentide. Ciuiriemagne f U eût ^ j^liis ju^témmnjb sjê figinlifiid nous eût laissé quelques détails sur la valeur de ce qm-oe prinee. ^ laissé à chaque niélropple, ou au moins sur ce (fue phacune des trois grandes divisons de sa succession pouvait valoir. On aurait pu comparer la valeur du domaine privé dii priu^ k icette époque» avec Gel|e (lu même objet dan3 nos terop*,m<rferneSè
Nous n'avonj» point parié d'un autre testament que j^b^efn^^e fit en 806 , qu'il lut dans un parlefnent
assemblé à Thion ville , qui fut approuvé par les seigneurs et QDToyÀau pape qui le m^atu Par ce testament il partageait sesi états entre les trois princes ses enlâas , Cfaaries né en 779, Pépin néen 776» et Louis né en 778 ; les deux premiers étant morts avant leur père , l'un en 81 1 et l'autre en 810 , le testament ne put plus avoir son effet; et c'est sans doute après la mort de Charles en 81 1 „ que^Cliapleniagne se déterminai iaire le second testament que- nous avons rapporté», et dont les dispo* sitions» comme neus TàTons vu , sent ».selen Tusage du temps» aux trois quarts en fikveur des églises et des pauvres ^ et un quart eu iaveuc (kâ euianst. ' *
Du Hau t AN nous fournit sur le testament de Louis, succe^ur de Charlemagne ua mot qui trouve naturellement sa place ici.. Commençons par dire que ce prince connu sous le nom. de^ I^ouif-le-JDébonnaire» troisième fils de Charlemagne et d*Hild^pu?de , né en 778, fut d*abord roi d'Aquitaine à sa naissance, couronné à Rome trois ans après, en 781 » et associé h Tempire au mois d'août 81 S ; il succéda à son père en 8i4 > ^ut déposé et enfermé dans un- couvent à Sotssons en 853». remis en, liberté eit 854.». çt mourut le apt. juin 840.
« Louys le Débonnaire ( dît du- HaOlan }, roy et empereur, peu auparavant que mourir lisl sou testament et en présence de son iils Lothaire ( né en 796 , mort en 856 ) , iist apporter tous ses meubles pour veir ce qu*il vouloit laisser tant a ses en&ns que auxeglbes , aux pauvres et a ses serviteurs. Il donna a son dict fils Lo^ thaîre sa couronne royale et Fespée qu*il portott aux guerres, nommée l'espée Saiuct Pierre, a la charge qu'il honorcroit tant qu'il vivroit Judith , sa ( seconde) femme» marastre (belle-mere) du dict Lothaire» et qu'il
56o TESTAMENT
aimoroit Charles ( le Chauve ) son fils le plus jeune {né en 823 , mort en 877 ) , et le lairroit librement et paisiblement jouyr de la portion du royaume qu*il luy avoit donnée ainsi qu'il luy avoit promis. >
Du Haillaq ne donne aucun autre détail sur ce testament. • . • M