‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 83 sur 91 · DE J. UND£&WOOD · texte numérisé non relu

DE J. UND£&WOOD

diolani, Giusti, 111-4." Il est divisé en trois parties : la première coinjucud la suite compiute des éditions qui ont été données des œuvres poétiquea de Pétrarque depuis l'aimée 1470 jusqu'à nos jours; la seconde réunit toutes les traductions latines, françaises, espngnoles» allemandes et anglaises, qui ont été publiées de ses poésies, tous les commentaires qui en ont été ddunés, et toutes les publications qui ont éié faites sur la vie de Pétrarque; la troisième se cojAffose d'une collection d'anciens et précieux manoscm sur vélfn ou papier, avec des miniatures relatives auxpoilsies du même auteur. Le Rot de France, Charles X, vient de &ire l'acqui» sitîon de cette curieuse collection; on la place dans Tua des cabinets delà bibliothèque particulière du Roî et du conseil d'état. Nous nous sommes un peu étendu sur cet article concernant Pétrarque, parce que nous avons déjà rapporté plusieurs clauses de son testament. Y. tom» I.**, pp. 56*-65.

TESXAMEM DU DUCLOb, ( )

CniRL£s DucLos, l'un des écrivains distingués du XYIIL* siècle, naquit à Dinan ( Bretagne ) le 12 février 1704* Son nom de iàmiiie est Pinot. A deux ans et demi il perdit son père ; sa mère « veuve à quarante^ un ans , femme à caractère , ayant eu dÎK enfiins , ne se remaria pas et vécut plus de cent ans* Duclos destiné au barreau , mena d'abord à Péris une vie très-dissipée; puis se livrant aux lettres qu'il piéiéra à l'étude des lois, il se répandit dans le monde et se fit connaître avantageusement par des productions littétuires, historiques et savantes, où brillent l'esprit, l'originalité et une hardiesse m^urée , du moins dans ce qui a paru de son vivant. Duclos fat recherché des ^ands et même eut

l'estime particulière de Louis XY (i). Il fut reçu à Taca* déinie française le s6 lanvier 1 746 , et il avait déjà été

adopté par celle des' iiiscriplions depuis lySg. Le roi le nomuia en 1760 historiographe de France, à la place de Voltaire, qui avait renoncé à ce titre en se retirant à Berlin » mats qui en conserva le traitement ( 2000 liv.) jusqu'à sa mort. Ainsi Duclos n'eut que Thonorifique de celte place , c'est-à-dire le droit d*ua logement dans les maisons royales, l'entrée à toutes les fêtes publiques, elc. Mais il parait que cela ne Tempêcha pas d'amasser uneibrlune assez considérable pour un liomuic de lettres : car il laissa eu mourant 360*000 liv. , dont

5o,ooo furent trouvées en or. dans son secrétaire, il fit son testament trois ans ayant de mourir. Cette pièce a quelques clauses qui lui donnent des droits à figurer dans notre ouvrage. Elle fera connaître encore plus parlicuiièremcnL le caractère de Duclos. Le voici eu eutier:

€ Ait nom du PkRE , du Fils, r/r du SAiNT-E'iPRiT.

> Je donne et lègue douze cents livres de rente viagère à ma nièce M."* de la Soualaye.

» Je donne et lègue à Brusseile, qui me sert aTec zèle et amitié depuis plus dé vingt ans, six cents livres de rente viagère , qui sera continuée à sa femme» si elle luifeiii\il; déplus, ili UN ( ( dIs livres une ibis payées pour leur deuil , et au niari loiile nia garde-robe, mon linge de corps et les draps. Toutes ces rentes viagères seront

(1) On a toujours prétendu , et 10U Auger Tassnre dans sa bdla édition de DvcUw, Paris ^ Cotnet^ 1806, 10 vol. in-S.**, queLonîs XV dit. après SToîr In les Considéra^n* sur les moeurs : « G^cst

r«)uviaj(e iruii honnête homme. » Msîs PaHssot, dans ses Mémoires delà littérature ^{ait honneur de ce mot à Voltaire, qui, dit- il. Te lui a écrit. Qui sait si Voltaire ne Ta pas dit d'après Louis XV ? Tout If" innmlc ratlribuail à ce prince avant la rcvélniiou de Pnliss<-1 ; un tel bt uii icpaudu dau& le pubUc n'^a pas pu avoir lieu sans ^ucl^u» foudemc&U

DE DCCLOS.

pflyées chaque année d'avance , à commencer du jour de mon décès.

> J*aui;inenlc d*^ conl livres la rente viagère de pareille somme, que je lais à Guillcniette qui a servi uia mère: ainsi sa peusion sera désormais de deux cents livres.

» Je donne et le^ue à M."* Olympe Quinault» dix mille livres une fois payées.

» Je donne et lègue trois mille livres aux pauvres de la paroisse Saint-Sauveur de Dinan , lesquelles seront remises au recteur; et j'excepte des pauvres les inendians valides , à qui je ne donne rien , et à qui l'on xiû doit que du travail.

1 Je lègue douze cents livres à mon curé pour m^en» terrer comme il voudra»

» Je donne un diamant de cent louis à mon confrère

M. d'Alenibert.

!P Je donne h M. du Tarlre de Bourdonné mon tableau de Boucher et tous autres tableaux et estampes qui sont chez moi, s*il les veut. Je donne h Tacafiémîe mon buste du roi en bronze, et je la prie de me donner pour successeur an homme de lettres»

j> Mes dettes acquittées , s'il s'en trouve, et le présent testament entî<'»rement rempli et exécuté, je lègue le surplus des biens qii<.' je posséderai h mon déet'^'S , h M. Nouai, mon neveu, et à sou défaut el niouraut sans enfans, je lui substitue ma sœur. M.*"*. Michel.

> Si mes héritiers, ou légataires, ou aucun d\Bux, contestaient en tout ou partie les dispositions de mon présent testament , d'i jour que la contestation sera formée , je veux que de plein droit toutes les dispositions iaites en &veur des conleslaus soient nulles , les révoquant en ce cas expressément; et je donne et lègue à Fhdpital de Paris , toujours en cas oîi il serait contrevenu à ma volonté, les mêmes droits qu'auraient eus celui » celle X ou ceuit qui auraient contestée

454 ÏSSTAUENt

> Je pn> M. Abeille d'être mon exécuteur testamentaire . et d'accepter un diamant de cent louis»

> C'est pour qu*oa satisfasse le plus promptement que &ire se pourra à mes différens legs , et pour me précautionner contre les accidens de la fortune , que j'ai p^ardé chez moi une somme assez considérable ( 5o,ooo ii*. )

9 Paris, le i5 décembre 1 769.

1 Signé Piif OT DuGLOS.

> La rente de douze cents livres viagères que je laisse Il ma nièce , sera continuée à son mari , s'il survit li sa

fi nàiiie ; ainsi cette rente via^ore porte sur les deux têtes. Je ratifie tous les articles du présent testament. . > Paris, le lâ mai 1771*

> Signé PiROT D11GI.OS. >

Le testateur n'a pas beaucoup survécu à ce codicille. La mort de sa laère , les désagrémens qu'éprouva le fameux La Chalotais son ami, la dissolution des parlemens, consommée en 1 77 1 , répandirent de l'amertume sur ses derniers momens* Aussitôt après avoir frit le codicille qui suit son testament, il se rendit à Dînan et y resta jusqn*aucommencementde 177s. UrevtntàPàris; mais trois mois s'étaient à peine écoulés qu'il tomba malade, et mourut le 26 mars de cette même année 1772, âgé de iù^ ans.

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