XLI.*, doit trouver place ici. « Il parait (dit l'auteur
parlant des anciens prisonniers de guerre faits au Mexique ) , qu'au commencement de la conquête , on comptait au Mexique un grand nombre de ces prisonniers de guerre , que l'on traitait comme les esclaves du vainqueur. J'ai trouvé à ce sujet un passage très-remarquable dans le testament de Hernan Cortez , monument historique digne d'être arraché à l'oubli. Le grand capitaine qui , pendant le cours de ses victoires , surtout dans sa conduite perfide envers le malheureux Montezuma II , n'avait pas montré trop de délicatesse de conscience, se fit, vers la fin de sa carrière, des scrupules sur la légitimité des titres auxquels il possédait d'immenses biens au Mexique. Il ordonne h son fils de faire les recherches les plus soignées sur les tributs qu'avaient perçus les seigneurs mexicains qui avaient été propriétaires de son majorât avant l'arrivée des Mexicains à la \cra-Cruz. Il veut même que la valeur des tributs exigés en son noboL, et des impôts anciennement usités, soit restituée aux indigènes. En parlant des esclaves dans les XXXIX.* et XLI." articles de son testament, Cortez ajoute ces mots mémorables : <:< Comme il est resté douteux si en » bonne conscience un chrétien a pu se servir conmie » esclaves , des indigènes qui ont été faits prisonniers de 5 guerre, et comme jusqu'à ce jour on n'a pu tirer au » clair ce point important, j'ordonne h mon fils Don » Martin et à ceux de ses descendans qui posséderont
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3> mon majorât cl mes fiefs après lui , de prendre toutes » les informations possibles sur les droits que l'on peut 2> lé"-ilimpment exercer sur les prisonniers. Les naturels >> qui, après m'avoir payé des tributs, ont élé forcés à » des services personnels , doivent être dédommagés , si ï> dans la suite il était décidé qu'on ne pût pas demander 2> de corvées. » Ces décisions sur des questions aussi problématiques , continue M. de Humboldt , de qui devait-on les attendre , sinon du pape ou d'un concile? Avouons que trois siècles plus tard, malgré les lumières que répand une civilisation avancée , les riches propriétaires en Amérique ont , même en mourant , la conscience moins timorée. De nos jours ce sont les philosophes , et non les dévots, qui agitent la question s'il est permis d'avoir des esclaves , etc. etc. etc. ! » Tel est le passage de M. de Humboldt sur les articles XXXVIII— XLII du testament. Les suivans sont pour la plupart très-peu importans. Ce sont des legs faits à des parentes, à des domestiques, des arrangemens avec des débiteurs, etc. etc.
L'article LXII renferme la nomination des tuteurs que Cortez donne h son fils Martin, âgé seulement de 10 ans, ainsi qu'à ses autres enfans , jusqu'à ce qu'ils aient tous atteint l'âge de 2 5 ans. « Pour l'administra- 3' tion et la gestion des biens de mon fils Don Martin 2> (dit le testateur) , et pour la tutelle de mes filles lé- 2> gitimes Dona iMaria, Dona Catalina et Dona Juana, :? je nomme les très-illustres seigneurs don Juan Alonzo » de Gusman , duc de Médina ; don Pedro Alvarez Osorio, » marquis d'Astorga , et don Pedro de Arellano, comte » d'Aguillar, les conjurant de vouloir bien se charger » de cette tutelle et prendre soin de mes fils , qui sont » leur sang. En lc5 prenant sous leur protection , ils » s'acquitteront de ce qu'ils doivent à des seigneurs qui s> sont leurs plus pi'oches parens; ce sera une dette payée » à leur famille; et pour leur prouver ma reconnaissance,
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i^ au lieu de$ droits qu'ils devraient légitimement pers> cevoir sur les biens qui leur sont confiés , j'ordonne :» que taul qu'ils seront chargés de ce soin, on leur oflrc, 2> chaque année , 5o marcs d'argent que je les prie de 2> vouloir bien accepler.
» Jusqu'à ce qu'il ait atteint sa vingtième année, mon ï> fils et mon héritier recevra pour l'entretien de sa maison ^ et pour le sien, 12,000 ducats par an , et le reste de » mes revenus sera destiné pendant ce temps ii remplir 3> les engagemens pris dans ce testament
> LXIII. Enfin je laisse Don Martin, mon fils, et Dona s> Juana de Zuniga, ma femme, successeurs de mes états, ï héritiers de ma maison, et après eux les personnes » mentionnées dans l'institution de mon majorât , établi » avec l'autorisation de l'empereur et roi notre maître. ï>
LXIV. Dans ce dernier article , Gortez nomme pour ses exécuteurs testamentaires en Espagne , les très-illustres seigneurs duc de Modina Sidonia, marquis d'Astorga et comte ( niarquis ) d'Aguillar. ... Et pour ses exécuteurs testamentaires dans la Nouvelle-Espagne, la marquise Dona Juana Zuniga, son épouse; le seigneur évêque du Mexique , frère Juan de Sumarraga ; le père fi'ère Dominique de Vetanzos , de l'ordre de Santo Domingo , et le licencié Juan Allamirano, résidant tous à la Nouvelle- Espagne
« Fait à Séville, le onzième jour du mois d'octobre 2> de l'année 1 547 de la naissance de notre Sauveur Jésus- » Christ. » Le testateur ajoute encore un mot sur les 4000 ducats formant la dotation de l'hôpital , du collège et du monastère qu'il fonde par son testament. Puis il signe, après avoir dit : « Fait et confirmé les mêmes » j'our, mois et an. » Signé el makques del A'alle. Par ordre de sa seigneurie , comme témoin , signé le licencié Infante; par ordre de sa seigneurie, signé Melciior de MoxiCA. (Ce Melchor de Moxica était trésorier et secrétaire du testateur. )