‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 5)Chapitre 105 sur 136 · TESTAMENT DE MESSIRE VAILLANT DE GUELIZ · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE MESSIRE VAILLANT DE GUELIZ

ÉVÊQÏIE d'oRLÉANS.

Cet évêque ne jouit pas longtemps de son siège, car il en prit possession (par procureur ) le j4 janvier lôSy et mourut h Me un-sur-Loire le 1 5 septembre de la même année, âgé d'environ 70 ans. Il cultivait les belles-lettres et s'était attiré par là , dans son jeune âge , la protection de François I.*"^ il fit , à 70 ans, un poème latin que l'on trouve dans le DeUclœ poetarum gallorum; il y prédit l'horrible attentat commis deux ou trois ans après, sur Henri III , et les désordres qui suivirent ce forfait. Nous rapporterons le début de son testament, comme exemple du style du temps sous la plume d'un savant, et comme expression des sentimens d'un homme pieux , qui cependant désire que la postérité sache qu'il a cultivé les Muses :

« Mon Dieu, je te remercie très devolement du grand loisir qu'il t'a pieu me donner en ce mortel séjour, qui conduict a la mort et immortalité : toutes fois pour plus meurement en mon aage incliné le recognoistre , et nioy mesme aussi attendant la fruition do la promesse faictc a ceux qui espèrent l'abolition de leurs fautes, par l'effusion de ton précieux sang, laquelle je supplie très humblement les bons saincts et sainctes de paradis , le ramcntevoir a mon profict , de sorte que par mon decez et ta grâce je puisse cstre admis au lieu ordonné aux bien heureux , pour plus haut négliger les choses inférieures et de plus près contempler ta gloire et omnipotence.

» Cependant supporte, mon Dieu, le soing de mon humanité , de ne laisser mes choses et raisons domestiques troublées et confuses : a ce que mon ordonnance sur ma despouille et petites facultez , qui se trouveront après mon decez, puisse régler en paix et contentement

Page 1