BOI DE FRANCE
Louis de France , Dauphin , fils de Louis XV , venait de mourir à l'âge de 4^ ans ( le 20 décembre 1760 ). Cet événement plongea la famille royale dans le plus grand deuil; et il parait, si l'on en juge par une pièce découverte au château des Tuileries , après la fatale journée du 10 août 1 792 , que le roi (Louis XV ) en éprouva une douleur extraordinaire , fit les réflexions les plus profondes , et se croyant à la veille de rejoindre son fils dans la tombe , consigna dans la pièce en question , tous les sentimens de piété et de résignation que ce fatal événement lui suggéra. Cette pièce est un testament qui, après le lo août, fut, comme nous l'avons dit, trouvé au château , dans le prie-dieu de Louis XVI. Il était enfermé dans une lettre à enveloppe avec cette suscription : Copie du testament du roi. Le cachet en
cire noire aux armes de France était resté intact, malgré l'ouverture du paquet. L'original était sans doute déposé entre les mains d'une des princesses sreurs du défunt, car le papier en question était une copie écrite de la main de Louis X\ 1. On verra par la date de ce testament, qu'il fut fait seize jours après la mort du Dauphin. Et iî parait que l'infortuné Louis X\ I l'avait souvent lu , car on retrouve dans son propre testament quelques phra^ qui ont beaucoup d'analogie avec des expressions employées dans celui de LouisXV. Aureste, celui-ci était alors animé des sentiraens de la plus vive piété, et l'on sait que son pctit-fds, son malheureux successeur, a été constamment animé des mêmes sentimens; il n'est donc pas surprenant qu'ils se soient rencontrés dans la manière de rendre quelques-unes de leurs pensées , ayant l'un et l'autre l'idée qu'ils allaient paraître devant Dieu. Voici le testament de Louis XV (i) :
« Au NOM DU PlcRE, DU FiLS ET DU SaINT-EsPRIT , AMEN.
^ Ce qui suit sont (sic) mes dernières volontés.
» Je remets mon ame à Dieu mon créateur , et le conjure d'avoir pitié d'un grand pécheur, soumis entièrement à sa sainte volonté et aux décisions de son église catholique, apostolique et romaine; je prie la sainte Vierge, tous les saints et particulièrement saint Louis , mon aïeul et mon patron , d'intercéder pour moi près de Jésus- Christ mon divin Sauveur et Rédempteur, pour que j'obtienne le pardon de mes péchés , l'ayant si souvent oflensé et si mal servi; je demande j)ardon h tous ceux que j'ai pu ofïeusor ou scandaliser, et les j)rie de me pardonner, et de prier Dieu pour mon ame.
ï> Je prie de tout mon cœur le Tout-puissant d'éclairer celui de mes petils-lils qui me succédera dans le gouvernement du royaume qui m'a été confié par la Pro-
(i) Cflui de Louis XVI est ci-dcvaiit, pp. /|5 — Go.