‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 5)Chapitre 27 sur 136 · VERTU · texte numérisé non relu

VERTU

» 2.* Dîx mille francs seront mis en rente pour donner un prix à celui qui découvrira les moyens de rendre quelque art mécanique moins malsain, au jugement de l'académie des sciences.

» 5." Dix mille francs seront mis en rente pour fonder un prix annuel, en faveur de celui qui aura trouvé dans l'année un moyen de perfectionnement de la science médicale et de l'art chirurgical , au jugement de la même académie.

» 4«* Dix mille francs seront mis en rente pour fonder un prix annuel en faveur du Français pauvre, qui aura fait l'action la plus vertueuse ( i ).

!> 5." Dix mille francs seront mis en rente pour fonder un prix annuel en faveur d'un Français qui aura composé et fait paraître le livre le plus utile aux mœurs : ces deux derniers prix seront distribués au jugement de l'académie française.

» 6.° Je laisse une somme de dix mille francs à chacun des hospices des départemens ( arrondissemens) de Paris , pour gratification et secours à donner aux pauvres qui en auront le plus de besoin, à leur sortie des hôpitaux. Comme il y a douze départemens ( arrondissemens ) , cette

(]) Ce legs qui, au premier coup-d'œil, séduit par la pureté de l'intenfion du testateur, n'a pas eu l'approbation générale : on a prétendu que la véritable vertu trouvait sa récompense en elle-même ; qu'elle ne devait ni ne pouvait se payer avec de l'or; et qu'à l'avenir il arrivera peut-être que de bonnes actions seront calculées sur le prix de M. de 31ontyou, etc.

disposition est un objet de cent vingt mille francs. » Je veux que les legs portés aux articles précédens, le dernier pour chacun des hôpitaux de Paris, soieutdoublés, trij)lésetmême quadruplés; en sorte qu'un legs de 10,000 f. soit porté à 40,000 fr. ; le doublement de tous ces legs précédant le triplement d'aucun d'eux; et le triplement de tous précédant h; quadruplement d'aucun d'eux. Cette progression pourra avoir lieu , si l'état de mes biens le permet , sans que la valeur réservée pourêtrele minimum dulegs universel (60,000 Ir. ) en reçoive atteinte. Ces legs seront accrus et....

( ici un mot illisible ) indéterminément tant que le permettra la réserve pour le legs universel.

» Toutes les sommes dont il est ainsi disposé, seront placées en rentes sur l'Etatdites inscriptions à cinq pour cent, et les arrérages serviront à l'exécution des dispositions contenues dans ces articles. »

Telles sont les parties les plus essentielles que nous avons recueillies du testament de M. de Montyon. Il nous reste maintenant à parler de ce qui a été lait pour son exécution.

Le roi, par une ordonnance du 29 juillet 1821 , a autorisé l'acceptation des legs portés dans le

Les légataires se sont assurés de l'importance des dispositions bienfaisantes du testateur en leur faveur; et l'on a bientôt su que sa succession serait très-considérable. Quoique son testament ne s'expliquât pas sur les parties dont sa fortune était composée, il tenait un si bel ordre dans ses aft'aires , qu'il a été facile de connaître la situation de son hérédité.

DE xM. DE M ON TV ON. l 29

Les établissemens publics et autres It'gataires ont fait les diligences nécessaires pour les rocouvreniens, et on a compté que, déduelion faile des legs individuels, ce qui restera aux liô[)itaux et aux académies ne sera pas fort au-dessous de cinq millions.

Le conseil général de l'administration des hospices de Paris, a ordonné que la mémoire de M. de Montyon serait consacrée par un marbre qui contiendrait l'expression de la reconnaissance de l'administration , et qui serait placé au lieu le plus apparent de la salle des concours.

L'académie française a aussi voulu témoigner sa reconnaissance à ce généreux bienfaiteur. M. Lacretelle jeune a été chargé de faire son éloge pour la séance publique de la Saint-Louis de 1821. Il s'est dignement acquitté de cette tâche agréable. Voici comment on parle de ce discours dans le compte qui a été rendu de cette séance ; « L'éloge de M. deMontyon, lu par M. Roger pour M. Lacretelle, a excité des applaudissemens unanimes et réitérés; c'était une justice rendue au style élégant et gracieux de l'auteur; mais il faut avouer, sans diminuer le mérite de M. Lacretelle, que le sujet était facile à traiter et naturellement plein de charmes. Ce tableau d'une vie entière consacrée à la bienfaisance la plus modeste et en même temps la plus étendue, s'alliait véritablement au caractère religieux et monarchique de la fête. »

1 v:>0 TESTAMENT

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