EPITAPHES D'ECOUIS ET DE LYON
(Vers le XV." siècle.)
Voici encore dcuxépitaphesénigmaliqiies. De ces deux petites pièces, l'une existait dans la collégiitle d'Ecouis ( Eure ) ; elle est fort connue et a été citée par M . Alexandre Le Noir dans ses Observations sur la peinture sur verre: in-8.° de 27 p. , fig. La voici :
Ci-gît l'eufaut, ci-gît le pére> Ci-gît la sœup, ci-gît le frère, Ci-gît la femme et le mari^ Et ne sont que deux corps ici.
L'autre se lisait contre une muraille à Lyon, au-delà de la porte dite Porte d'Halincourt, qui confine la ville de ce côté, au quartier de Serin, faubourg sur la rive
SINGULIÈRES. Zl'J
droite de la Saône. Cette épitaphe de Lyon a un vers et wn personnage de plus : elle se trouve dans un petit volume intitulé : Réflexions sur (es grands hommes qui sont morts en plaisantant , nouvelle édition, augmentée d'épitnptws et autres pièces curieuses (par Bourreau Desiandes). Amst., 1758, petit in-\i. Assez médiocre ouvrage. L'épitaphe en questiou y est p. 216. Elle a été aussi rapportée dans plusieurs au très ouvrages, particulièrement dans Lyon tel qu'il était, etc., par M. Aimé Guillon. Lyon, 1807, /«-12, p. 120.
Ci gît le fils, ci-gît la mère, Ci-gît la fille avec le père, Ci-gît la sœur, ci-gît le frère.
Ci-gît la femme et le mari \ Et ne sont que trois corps ici.
On voit que cette seconde épitaphe est dans le même genre que la première. Cela donnerait à penser que cette pièce a été faite à plaisir, ou du moins que celle d'Ecouis est l'originale , tandis que celle-ci ne serait qu'une nouvelle édition augmentée; car il n'est pas présumable que l'inceste effroyable qui fait le fonds de cette épitaphe ait été commis deux fois. Rien de plus facile que de faire une troisième édition qui rendrait cette pièce encore plus compliquée, en y ajoutant un personnage et deu.x vers :
Ci-gît le fils, ci-gît la mèrei Ci-gît la fille avec le père-, Ci-gît la sœur , ci-gît le frère \ Ci-gît la femme et le mari ^ Ci-gît avec eux la grand^mèrej Ci gît le petit— fils aussi; Et cependant ne sont que quatre corps ici.
Nous avons donné l'explication de l'épitaphe de Lyon dans nos Amusemens p kilo logiques. Dijon, Lagier, 1824, m-8.' de 5 18 p. Voyez p. 171. Cette explication peut également convenir aux deux autres; on fera seulement attention que la mère des deux époux ne figure pas dans la première, qui est celle d'Ecouis, et qu'elle figure avec son petit -fils dans la troisième, qui nous paraît faite à plaisir.
Puisqu'il est ici question d'une énigme qui tient au
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dernier acte de la vie ( une épitaphc ) , nous nous permettrons d'en citer une autre qui tient aussi à un acte de la vie, mais à un acte tout opposé, c'est-à-dire à la naissance, ou plutôt à un baptême, cérémonie qui accompagne ordinairenient la naissance. Ce baptême eut lieu, dit-on, à Birmingham en i825 :« On y vit figurer deux pères, deux grands-pères, deux beaux-pères ; deux mères, deuxgrand'mères , deux belles-mères; deux beaux-frères, deux belles-sœurs; deux maris , deux femmes; deux oncles, deux tantes. Comptez sur vos doigts , vous trouverez vingt-quatre personnes ; il est cependant très-certain qu'il n'y avait que quatre individus présens, et que le calcul n'en est pas moins juste. »
Nous livrons ce problême à la sagacité du lecteur.
11 est encore un acte essentiel de la vie qui tient le milieu entre les deux pi'écédens et qui n'est pas moins important, c'est le mariage. On en trouve aussi qui peuvent offrir quelque singularité. Par exemple, en 1818, il s'est fait dans le comté de Lancastre, encore en Angleterre , deux mariages qui ont produit une alliance singulière. Un gentleman épousa une dame dont pevi après le frère épousa la fille de son mari, née du premier lit, Les deux couples vinrent à avoir chacun un enfant, le premier une fille, l'autre un garçon. Il arrive par couséquent que cette dame est à la fois mère de son frère , sœur de sa fille , et grand'mère de son neveu ; que sa petite- fille est nièce de sa sœur, tante de son cousin, et sœur de son oncle; que le jeune homme est frère de ses père et mère, fils de sa sœur, oncle de sa femme, et frère de sa nièce ; que sa femme est sœur de .ses père et mère, fille de sa sœur, nièce de son mari, et tante de sa sœur; que son fils est petit-fils de sa tante, la plus làgée (Je ces dames, et le cousin de la petite-fille, sa tante (1).
(i) ïoiis les journaux onl donne celte anecdote en 1S19, et tous font repelce eu 182G, comme si elle venait d^ayoir lieu daus celte année.
SINGULIÈRES. 5l9
ni.
ÉPITAPHE D'UN ABBÉ DE CLAIRVAUX (i).
( Vers le XV/ siècle). •
Clarœ sunt valles, sed claris vallibus abbas Clarior his clarum nomen in orbe dédit.
Clarus avis, ctarus meritis et ciarus honore , Clarus et ingenio , relUgione magis
Mors est elara , cinis clarus clarumque sepulchrum ^ Clarius exultât spiritus anté Deum.