‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 31 sur 96 · DE CHARLES DE FRANCE. \2J · texte numérisé non relu

DE CHARLES DE FRANCE. \2J

» dront célébrer en les payant deuêment : fînal- » lement faut venir en nostre famille, que vul- » gairement on dit nostre maison; laquelle corn- » bien que mal ou bien nous Ta vons gouvernée ; « celuy seul le sait qui tout connoist. Toutefois , ». des bienfaicts, louange a Dieu, et des fautes » nous luy supplions et requerrons vray pardon » et mercy.

» Et quant au surplus , comme nous devons a » plusieurs plus que nous ne possédons, a celuy 1» qui quand et de ce pourra souvenir , faut re- » courir par quoy a iceluy que par droict d*he- » ritier nous doit succéder , nostre très redoubté » seigneur , monsieur le roy , comme avons dict • devant en Tonneur de la passion de nostre » Seigneur Jésus Christ, supplions tant comme » nous pouvons, et ce nonobstant autant que » nous pouvons charger sa conscience, qu'a tous » ceux a qui nous devons fasse payer nos debtes , » et nous descharger d'icelles, comme en luy » nous avons parfaicte fiance, et ainsy qu'il eust » voulu pour luy estre fait , si premier que nous » fust decedé. Outre plus benignement luy re- » querons qu'il luy plaise tous nos serviteurs » traicter humainement et iceux pourvoir d'offices » et bénéfices selon leur vacation, et les justement » et raisonnablement recompenser des bons ser- » vices qu'ils nous ont faicts. Et après si aucune- )r ment avons jamais offensé nostre dict très re- 9 doubté seigneur et très amé frère ( i ) , nous

«—— ■■ I ■ I ■■ ■ I I ^1 I I II I II 1 1 I — ^— ^— — ^i— ^^^ I ■ I — ^—

(i) Il Tavait assez grièvement offensé , en i465, en se réunissant à Charles de Bourgogne, comte de Charotais,

» luy requérons qu'il luy plaise nous pardonner , » car de nostre part, si oncques en quelques » manières il nous offensa, de très débonnaire » affection prions la divine majesté (i) qu'elle » luy pardonne, et de si bon coulage et bonne » volonté luy pardonnons; et au surplus pour » nostre ame, fasse faire monseigneur le roy,

• nostre dict héritier , tant de services qu'il verra 9 estre a faire ; et voulons qu'a ce faire procurent

• ceux que après monseigneur le roy nous or- » donnons , et par ce présent escrit nous decla- » rons et nommons exécuteurs de cetuy nostre » testament dernière volonté :

» C'est a sçavoir, révérend père en Dieu, nostre » bien amé et féal conseiller , Arthus de Montau- » ban, archevesque de Bourdeaux, Roland Coif-

fils de Phîlîppe-le-Bon duc de Bourgogne, à tous les autres princes et seigneurs qui se liguèrent et poursuivirent avec chaleur la guerre dite du bien public. Ces princes et seigneurs furent les ducs de Galabre, de Bourbon, de Bretagne, de Nemours, de Dunois, d'Armagnac, de Dammartin et le maréchal de Lohéac, avec d'autres seigneurs que Louis avait dépouillés de leurs emplois.

(i ) Une remarque à faire sur le mot majesté, qui n'était pas encore usité à la cour lors de la rédaction de ce testament , c'est que Louis XI est le premier roi de France auquel on ait donné ce titre, et certes^ nous n'avons pas eu de rois dont la tournure, les manières et le costume aient été moins majestueux. Il était d'une telle simplicité dans son costume que cela allait jusqu'à la malpropreté. Il est aussi le premier roi de France qui , dans les lettres apostoliques, ait eu le titre de très-chrétien, titre qui lui convenait à peu près autant que le précédent.

Page 1