DE MARGUERITE DE LORRAINE
» sa compagne, estre pères, protecteurs et bien- » facteurs eux et leurs successeurs, des dites » religieuses et couvent de sainte Claire d'Argen- » ten , comme leurs patrons et fondateurs a tou- » joursmay. Semblablement qu'ilz soient pères, » protecteurs et bienfacteurs des monastères de » sainte Elisabeth de Hongrie de Mortaigne, de
il fut fiancé avec Suzanne , fille unique et héritière de Pierre II de Bourbon; mais la duchesse de Bourbon, Anne de France , mère de la princesse , rompit cette alliance pour faire épouser à sa fille , Charles III, comte de Montpensier , plus connu sous le nom de connétable de Bourbon. Il lui en coûta cent mille livres pour raison du dédît, qu'elle paya volontiers au duc d'Alençon. Celuici épousa ensuite (le 3 octobre 1609), Marguerite de Valois, princesse accomplie,' que Ton surnommait la dixième Muse. C'était la célèbre Marguerite , sœur de François I.*'. Il s'çq fallait beaucoup que la figure et les talens du duc Charles répondissent au mérite de son épouse ; aussi n'eut-elle pour lui que du mépris. Cependant il montra du courage à la bataille de Marignan , les 1 5 et 14 septembre i5i5. En i52i , il commanda l'avantgarde de l'armée que le roi menait dans les Pays-Bas poiu* livrer bataille à l'empereur, campé sous Yalenciennes. Cette bataille n'eut pas lieu par la retraite précipitée de l'empereur. Mais à la funeste bataille de Pavie , le 24 février 1 525 , voyant la défaite de l'aile droite, le désordre du corps de bataille , et le roi prisonnier, le duc d'Alençon perdit la tête , s'enfuit et courut bride abattue jusqu'en France. Il se rendit à Lyon , où , sentant l'énormité de sa faute, il mourut de regret le mardi saint 11 avril i525. Son épouse Marguerite alla traiter en Espagne de la délivrance du roi : étant de retour sans avoir réussi, elle épousa en janvier 1527 (N. S.), Henri II, roi de Navarre. Elle mourut le 21 décembre i549j après avoir eu de Henri II > Jeanne d'Âlbret, mère de Henri lY.
» sainte Claire d'Alençon , de Ghasteau Gontier , » que j'ay fait construire et édifier durant ma » vuidilé ; aussi du convent de saint François de » la Flesche, enconimaucé par feu monsieur et » jouxte sa dévote intention par moi paracheyé; » et p;ir cettuy mon testament tant comme je suis » et de tout mon cœur ies leur recommande, en » les exortant et requérant que de cette présente » recommandation faite par leur mère en sa der- » nierevolunté, ilsayent pourladvenir mémoire » et bonne souvenance.
» Itcm^ je fays et eslys mes exécuteurs, mon » fils et ma belle fille , mon fils et ma fille de » Vendosme (1), maistre Jehan Brignon, con- » seiller du roi et premier président en la cour » de parlement de Normandie , chancelier d'Alen- » çon , mon confesseur maistre Jehan le Maignen, » maistre Jehan Gouevrot, docteur en médecine, » les maistres d'hoslelz Jehan de Laubrier, et » Jehan de Sefoye, maistre Guillaume Caignon » et René lambry mes secrétaires; ausquelz et » a chacun d'eux je prie affectueusement en » prendre la charge et accomplir mon testament » en diligence , et donne puissance aus dits exe- » cuteurs, et a chacun d'eux en l'absence des » autres, de procéder à l'exécution d'icelluy, et » ad se faire et accomplir , je oblige tous et » chacuns mes biens, meubles et immeubles
(1) Cette fille, nommée Françoise, avait d'abord été mariée en i5o5 , à François II , duc de Longue ville ; elle épousa eu secondes noces, le 18 mai i5i3, Charles de Bourbon duc de Vendôme.