‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 51 sur 96 · DE LUTHER. I · texte numérisé non relu

DE LUTHER. I

» Elector verô Saxoniae rogatus à vidua diplomate domino judica hoc anno ( i o april. ) dato , testamentum Lutheri conserva vit , jubens ut illud etsi solemnitates à legibus requisitae abessent^ validum haberetur et observaretur »

(Traduction. )

« Du TESTAMENT DE LuTHER. Gct actc , rapporté dans Tédition des œuvres de Luther, donnée à Altenbourg, tom. VIII , p. 846 , sous la date du 10 avril, fête de sainte Euphémie, 1642, a été fait par Luther , principalement en faveur de son épouse, dont il vante la probité, la fidélité et rhonnêteté, et parce qu'elle lui a toujours témoigné de raflfection et lui a rendu tous les services possibles. Il y parle aussi de sa fécondité, car elle lui a donné cinq enfans , tous vivans. ( On apprend par des lettres de Pontanus , écrites à rélecteur depuis la mort de Luther, que cette femme parait avoir été d'un caractère un peu fier et impérieux. Econome dans l'intérieur de sa maison, elle affectait de la somptuosité dans les bâtimens , particulièrement dans son domaine de ZçùsldorfT qui lui a été donné à titre de douaire dans le testament de son mari. Mais ces défauts étaient tolérables, et, Luther lui-même ne l'en jugea pas exempte, quoiqu'il l'aimât tendrement ) Dans les biens qu'il laisse à sa femme

par son testament , ce sont nioins des conditions qu'il lui impose, que des marques de confiance qu'il lui donne, par exemple, il dit que si elle se remarie ( ce sur quoi il s'eoi rapporte à sa volonté et à la divine Providence) , elle partagera

âOO TESTAMENT

tous ses biens avec ses enfans. Mais il aime mieux que ses enfans dépendent de leur mère plutôt que de la voir dépendre d'eux; car il a été, dit-il, indigné de plusieurs exemples d enfans qui souvent en ont agi de la manière la plus injuste à regard des auteurs de leurs jours. Enfin, s'abstenant de toute formalité légale pour son testament , il déclare qu'il croit bien mériter autant de confiance que quel notaire que ce soit.

» Je suis connu, dit-il, dans le ciel, sur la » terre et dans Fenfer : et cela m'autorise suf- » fisamment à penser que Ton peut s'en fier à » moi seul, puisque Dieu, quoique je ne sois > qu'un misérable pécheur condamnable , m'a , • dans sa miséricorde paternelle, confié FË vangile » de son fils , et m'a fait la grâce d'être sincère et » fidèle en le prêchant, de sorte que beaucoup, » dans ce monde. Font reçu par moi, et m'ont » reconnu pour le docteur de la vérité , moi qui » ai aJBFronté les proscriptions du pape, de l'em- » pereur, des rois, des princes et des prêtres, et » bien plus, la haine de tous les diables. Pouiv » quoi donc, dans une chose aussi minime que » ce testament, ne suffirait-il pas du témoignage » de ma main , et que Fon pût dire : Cela est » ÉCRIT PAR Martin Luther , ie notaire de Dieu

Page 1