TESTAMENT DE M. LUTHER
Un fragmenl assez curieux du testament de Luther, cité en note, dans V Histoire de Charles^ Çuint (trad. de l'anglais de Robertson , par Suard, 1 abbé Roger et Le Tourneur, édition de 1771, 6 vol. in-12, tom. V, p. 124) , nous avait donné un vif désir de connaître le testament en entier et de le rapporter dans notre recueil; mais les démarches que nous avons faites pour nous le procurer, n'ont pas eu tout le succès que nous en espérions.
Le fragment en question est tiré du Commentarius historicus et apologeticus de Lutheranismo j etc. ydeVite-Louis SeckendorflF, Lipsiœ^ 1 692 , in-f. •, lib. m, p. 65 1. N'ayant pas cet ouvrage sous les yeux , nous nous sommes adressé à une personne très-obligeante , qui nous a procuré de Baie un extrait de SeckendorflF, mais cet extrait ne renferme malheureusement que le fragment avec quelques détails sur le testament , sans le texte entier. Désappointé de ce côté , nous avons eu recours au savant M. Van-Praet, qui nous a donné déjd tant de preuves de son extrême obligeance; il nous a fait l'amitié de nous répondre :
« SeckendorflF parle du testament de Luther » sans le rapporter;... mais j'apprends, par une » note dans la traduction hollandaise de l'histoire » de la réformation , que le testament se trouve en » entier dans le VIII.* volume des oeuvres de
DE LUTHEK. I97
» Luther, édition d'Altenhourg; que l'original, » en parchemin ^ était autrefpis entre les mains » de'Carpzovius, et que cet original signé par » Melanchton, CrucigerusetBugenhagenius(5^a w Pomeranm)^ différait en quelques endroits de » la copie hnprimée. Nous n'avons pas Tédition m d'Altenhourg , ni aucune autre où le testament » ait été imprimé. »
Désespérant de trouver l'édition de Luther d'Altenhourg ( elle n'est point indiquée dans le catalogue de Bunaw,. si fécond en ouvrages sur la réformation ) , nous sommes réduit à rapporter l'extrait de Seckendorff , qu'on a bien voulu nous envoyer de Baie ; cet extrait qui contient , comme nous l'avons dit, quelques détails sur le testament , en rapporte textuellement la fin , qui, nous n'en faisons aucun doute ^ en est bien certainement la partie la plus curieuse ;. on verra que le testateur n'y pèche pas par excès de modestie.
Voici comment s'exprime Seckendorff dans son commentaire, lib* III, sect, 56, § i55, p. 65 1:
« De TESTAMENia Lbtheri. Tcstatus est, ut exemplar, tam. VIII ^ Attend.^ fol. 846, relatum ostendit, anno 1642, die Euphemiae ( 16 septemhris) uxoris potissimùm gratiâ, cui testamentum perhibct prohitatis , fidelitatis et honestatis , et quod ah eà semper amatus et omnihua efficiis cultus sit ; nec fœcunditatem tacet , quod quinque liheros tum viventes ediderit. ( Ohservatum est ex litteris Pontani , post mortem Lutheri ad electorem scriptis, quod uxor Lutheri aaimum paulo elatiorem et imperiosum hahuisset
igS TESTAMENT
visa sit, et quod tenax în fie tu domestico , siimptuosa tamen fuerit in aedifîcia , imprimis in praedium illud Zeûsidorff quod ei in hâc dispositione sua dotali nomine Lutherus assignaverat. Sed tolerabiles illî naevi fuerunt, nec ab omnibus immunem eam judicavit ipse Lutherus , licèt eam
tenerè amaret ) Non tam condition em adjecit
iis quae uxori destinaverat , quàm (iduciam testatus est : quod uxor, si ad secunda vota transi ret ( id quod ipsius voluntati et divinae providentiae prorsus committit) , omnîa cum liberis dirisura sit. Liberos vero mavult à matre quàm banc ab illis dependere, exemplis se territum dicens, quàm inique saepè liberi tractent. Denique omissâ omni solemnitate legali confidere se ait, majorem fidem se mereri quàm notarium quemque.
« Notus sum, inquit, in cœlo, in terra et in » inferno, et auctoritatem ad hoc sufficientem » habeo, ut mîhi solo credatur, cùm Deus mihi, » homini Hcèt damnabili et niisero peccatori , ex » paternâ misericordiâ Evangelium filii sui cre- • diderit, dederitque ut in eo verax et fidelis » fuerim, ita ut multi in mundo illud per me » acceperint, et me pro doctore veritatis agno- » verint , spreto banno papae , Caesaris , regum , 9 principum et sacerdotum^ imo omnium daemo- » num odio : Quîdni igitur ad dispositionem » banc in re exiguâ suflficiat , si ad sit manus meae » testimonium et dici possit , haec scripsit D. Mar- » tinîis Lutherus , notarius Dei et testis Evangelii » ejus. »
» Addîtde tamen sunt subscriptiones Melanchtonis, Crucigeri et Pomerani, sed alio tempore.