‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 68 sur 96 · TESTAMENT DE JUSTE-LIPSE · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE JUSTE-LIPSE

Né à Isch près Bruxelles, le 18 octobre i547, catholique a Rome , luthérien à léna , calviniste à Leyde, et enfin catholique à Louvain, Juste- Lipse fut d'une dévotion très-fervente à la sainte Vierge de Halle, ^ en l'honneur de laquelle il composa deux ouvrages en 1664. Il fit plus: par son testament, il lui consacra sa plume d'argent, et lui légua sa robe fourrée. Saumaise, Muret et d'autres lui font le reproche assez fondé , de s'emparer hardiment de ce qui lui convient dans les différens écrivains de son temps. Aussi disait-on que ce savant , qui donnait des robes fourrées à Notre- Dame de Halle , ne se faisait aucun scrupule de dépouiller les auteurs. Scaliger, Casaubon et lui , passaient pour les triumvirs de la république des lettres. H aimait à la folie les chiens et les tulipes. Son goût pour ces fleurs était tel qu'il disait préférer certains oignons de tulipe à des. lingots d'or. H est mort à Louvain le 2 2 mars 1 6o6.

Juste-Lipse n'est pas le seul qui eût légué sa plume à la vierge Marie; on connaît encore un Allemand qui a fait récemment un legs dans le même genre. C'est F.-L. Zacharie Werner, né protestant à Kœnisberg, le 18 novembre 1768, et qui est mort catho^que le 17 janvier 1823. H a laissé un long testament, dans lequel on remarque un article contenant le legs de sa plume d'argent à une image de la Vierge , très-vénérée en Autriche.

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Cette grande dévotion à Marie me rappelle répîtaphe d'un homme qui, aussi dévot que Juste-rLipse et Werner , se fit enferrer sûr je seuil d une église dédiée à la sainte Vierge , et ordonna que l'on inscrivît sur sa tombe :

NI DEDANS PAR RESPECT , NI DEHORS PAR AMOUfl.

TESTAMENT DE N. JIAPIN.

ïfiqoLAS Kapin, né à Fontenal-le-Comte, vers i54o, et mort à Poitiers le }5 février 1608, pendant le froid excessif du grand hiver de cette terrible année , a fait preuve dans son testament de cette humilité que nous avons déjà remarquée et que nous remarquerons encore chez plusieurs testateurs. Il ordonna que son corps fut porté depuis Poitiers jusques à Fontenai , sur un chariot couvert d'un drap noir, mais sans pompe, sans torches, et sai^s autre compagnie qu'un garçon, marchant devant, avec une cloche et une lanterne, riep de plus. Son cuisinier était nommé son exécuteur testamentaire.

Il parait que les esprits étaient encore aussi susceptibles qu'au temps de Budé (V. son article, p. 1 92) , puisqu'on avertit Rapin que cette clause de son testament, par laquelle il s'éloignedeFusage ordinaire des obsèques, pourrait lui faire tort auprès des fidèles. Notre poète , très-bon catholique, s'empressa de faire un codicille, dans leque) i| révoqua la clause de son testament relative à

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