DE P. PITHOU
Golbert , il compte parmi ses descendans M. Turgot, ministre d'Etat, M. Le Pelletier de Saint- Fargeau, et son frère M. Félix Le Pelletier de Saint- Fardeau. Si ces deux derniers eussent un peu mieux médité le testament de leur illustre aïeul, Fun aurait évité le fer assassin qui a tranché ses jours le 20 janvier 1793 , et l'autre ne serait pas en. exil. Quant à la branche Le Pelletier Rosambo, il, n'en reste qu un membre , qui est maintenant pair de France, et digne du sang d'où il est sorti.
\ £}evé à l'école du malheur, il a eu à pleurer dans uti seul jour son aïeul, le vertueux Malesherbes, âgé de 72 ans; son père, président à mortier du
, parlement de Paris, âgé de 46 ans ; sa mère, âgée d.e 56 ans*; sa sœur, âgée de 23 ans , et son beau- ^firère, M. de Châteaubriant l'ainé, âgé de 34 ans, tous.victimes de la révolution et périssant le même joor 22 avril 1794. Nous ne citerons qu'un trait de M« Le Pelletier de ^Rosambo,qui a survécu à tant de déplorables désastres. Pendant sa minorité,' les créanciers de sa. famille avaient été reitiboursés , par son tuteur, en assignats fort dépréciés. Devenu majeur, M. de Rosambo convoqua ces mêmes créanciers , et leur dit z^ « Mon tuteur a peut-être fait son devoir , je vais » rem|)lir le mien en vous indemnisant de toute » la perte que vous ave? éprouvée sur votre paie- » ment en assignats. » On assure qu'il s'agissait d'une somme de cent cinqijante mille francs. >: ;
TESTAMENT DE J. GOUAULT.
Ce Jean Gouault dont il est question danà le^ Mémoires sur les Troyens célèbres, par Grosley-,-» tom. I, p. 4^99 n'a d'autre célébrité que d'aicoir été riche et d avoir fait, le 17 juin 1602, un te»<tament assez singulier, en ce qu'il dispose d^ ses meubles et acquêts, pour être employés ^â perpétuité en œuvres pies, quoiqu'il eût ciir(| enfans; et notez que c'est parmi eux qu'il choi^J^ les exécuteurs testamentaires de cette disposition contraire à leurs intérêts , mais fondée sus .1^ mœurs du temps, où, au milieu du feu^d(^f guerres civiles , toutes les fortunes li'étaîent qiifi précaires. . .
La famille Gouault , très-ancienne dans la vill^ de Troyes, ou ellç avait occupé les postes les plus honorables , ne trouvant dans Vjs^^écution de|.. volontés de J0an Gouault, que des germea.de.
discorde , crut devoir transférer à l'Hôtel-Dieu les fonds et l'exécution du legs du testateur. Cette transmission se; fit en i633, s{jins tirer it conséquence, ainsi que le porte l'acte qui en fut passé ; c'est-a-dire , sans doute, sous la faculté de jrépéter les fonds du legs , s'il y échéait.
j. Voici un extrait du testament en quei|tiQn ; nous le rapporterons , tant à cause du style qi|'à cause de la singularité de la disposition.
« Au NOM DU Père , du Fils et du Sainct Esprit. » Je Jean Gouault , noble homme , bourgeois
DE ^EAN GOUAULT. 2'jS
(le Troyes, me connoissant hotnme mortel^ et incertain du temps ni comment, je supplie la très supefbenite Trinité, eTocj[uer moil ame a la itièilleure heure qu elle connoitra pour le salut et rédemption d'icelle^ et qu'il lui plaise me faire la grâce qu*a la fin de mes jours )e puisse recetoir tnon Dieu et Créateur , pour estre fortifié pour moïitet* en la montagne éternelle avec les bienheiureux esprits, etc. etc. etc.
» Et pour l'expérience que j'ai eu ci devant du peu de charité x(ui se trouve envers les pà«ifvne^ et voulant exécuter ce. que ma très chefë et bien aimée Marie Riboteau desiroit que nous ensetit'^ ble laissassions le tiers des moyens qu'il plaifoit a Dieu nous pi'eter pour slubvenirv^âux pauires , et^mos successeul's eh cas de nécessité , ayant été prévenu de la .mort sans faire testamient ni déclarer pai^.escrit cje sà volonté; i , .. r v
-» Je veux qu'après mon deces toud'Ies biacâ^ meubles- et acqucfts soient divisés en deux pàîrtft^, l'une 'délivrée aux enfans de mon preJiKtfee'i>lit) l'autre {noitié a mon fils Jean GouaidtJ^.eA;/^^ ^ » *Apred le deces de mon fils Jeaii|€[pimilk , sete ésleu mon fils Sebastien, ou 'âTe mes plus |>roches^ pouf gouverner les héritages et'.rçntés qui viendront de la donation que jélàis a'^elàn G<4ualuJt mon fils^ lequel ne pour0^ien tthdrg ni rengager; et celui qui sera êsleuMelivi?^^ '<:e iCevenu par^umosne^ ^mû qu'il verra' bon éstlîe, et préférera les descendants de moy a^ tous au-* très, s'ils eà ont afiaire; après, mes neveux et couséquemment mes parents selon leur degré; et si Ton eslit quelqu'un des descendans de moy
pour faire cette distribution , et qu'il en abu^ast , je prie mes autres parents le casser et décharger et en eslire un autre.
» Le douaire de ma dite femme s'estant esteint, retournera au fond de la dite aumosne pour Fenfler, etc. etc. etc.
Vient ensuite « Testât des rentes et héritages » appartenants aux dits legs dont se fait recepte » en i656. » Nous ne croyons pas devoir rapporter cet état, tout curieux qu'il paraîtrait, par la comparaison que Ton pourrait faire entre Testimation des biens au commencement du X.VU.'* siècle, et leur valeur actuelle. Mais ces détails seraient un peu longd , et d'ailleurs n'intéresseraient guère quç ceux qui habitent le pays où sont situés ces biens ; au surplus on le trouvera dans les Œuvres inédites de Grostçy, publiées par M. L.-M. Patris de Breuil', Paris, lâio, 3 vol. în-8,*, tom. I, pp. 4io — /^ist. Les deux premiers volumes rei^ferment des mémoires sur les Jroyens célèlires , et le troisième un fragment considérable delà rdatiôn <l'un voyage fait en Holknde par GÉrpsley, en 177a, Le tout est précédé d'un excellent dilscours préliminaire par M. Patris^de Breuil , et de l'extrait d'une dissçrtatioii curieuse de M* ' Herluison , sur les principaux grapds hommes que la Champagne a fournis àaa^s tçus fiés genres ; et cela pour combattre le vieil et insignifiant proverbe : Quatre^ingt'-dix^neufmou^ tons et un Champenois, etc.