IRLANDAIS
(Au XVni.* siècle.)
Un vieil avare irlandais, nommé Tolam, fit
(1) Ces deux éditions existent dans le cabinet de M, Amanton, à Dijon ; elles^ y sont avec la dissertation de Tabbé Bullet intitulée : Du festin du Roi-boit, Besançon, 1761^ , in-8.** de 17 pag. ; réimprimée dans la même ville? en 1808, grand in-8.% tiré à cinquante exemplaires. Une nouvelle édition a paru dans le Magasin encyclopédique , en 1810, avec des notes de M. Âmanton, qui Ta insérée de nouveau dans V Annuaire de la Càte-d^Or, 1827, in-12, avec des notes additionnelles : on a tiré de cette dernière édition , cent exemplaires à part.
son testament, où il inséra les dispositions suivantes :
t Je lègue à ma belle-sœur quatre vieux bas , que Ton trouvera sous mon lit, à droite.
» Itenij à mon neveu Taries , deux vieux autres bas.
» Item, au lieutenant John Stein, un bas bleu, avec mon manteau rouge.
» Item, à ma cousine , une vieille botte, avec une poche de flanelle rouge.
» Item, à Hannach, ma cruche ébrêchée.*
Après la mort du testateur, les légataires convoqués se réunirent au domicile mortuaire, et on leurdonna connaissance du testament. Chacun se prit à rire de la bizarrerie du testateur; et les légataires surtout haussèrent les épaules , en pensant que Tolam se moquait d'eux , de leur assigner des legs aussi ridicules. Tous allaient renoncer à la succession et sortir de la chambre , quand Hannach passant près de la cruche ébrèchée, lui donna un coup de pied par dédain ; ce qui acheva de la briser. Mais quel fut sa surprise et celle des légataires, quand on vit sortir des flancs ouverts du vieux pot de terre, une quantité de pièces d'or qui roulèrent sur le plancher. 11 est inutile de dire Fempressement avec lequel chaque héritier courut à son legs et s'en empara. La joie , l'admiration et toutes les plaisanteries usitées en pareil cas succédèrent promptement au mépris que Ton venait de faire des haillons mentionnés au testament, surtout lorsqu'on les trouva d'un poids qui prouvait que la quotité de la fortune du défunt égalait la singularité de ses dispositions.
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Puisqu'il est ici question d'endroits secrets où peuvent se trouver des fonds ignorés , et cependant alloués par un testament , nous rapporterons mi fait assez singulier, qui est à peu près du même genre, non pas pour la bizarrerie du testament, mais pour Fincertitudc de l'endroit où était déposée la somme léguée. Ce fait est beaucoup plus récent que le testament de Tolam.
En 1796, deux gentilhommes anglais furent nommés exécuteurs testamentaires d'un de leurs amis, qui avait disposé de sa fortune par un acte de dernière volonté. Mais quand ils confrontèrent l'inventaire des biens avec les dispositions du testament, ils s'aperçurent qu'il y aurait un déficit, et ils en furent d'autant plus surpris , que le tes- .tateur était un parfait honnête homme , très-exact et incapable d'avoir donné plus qu'il ne possédait. Ils font des recherches partout, et ils ne trouvent qu'un petit papier portant : Sept cents livres sterl. à prendre dans TilL Prenant à la lettre le mot Tillj qui signifie tiroir d'un comptoir, ils ne savent ce que cela signifie , puisque le testateur n'était pas commerçant; enfin n'oyant rien trouvé, ils distribuent les legs au prorata du déficit qui se trouvait dans les fonds. Ils avaient vendu la bibliothèque du défunt à un libraire de Londres, et le produit avait servi à acquitter une partie des legs.
Quand tout fut terminé, et même sept semaines après, le petit bout de papier portant l'inscription ci-dessus , leur revenant toujours à l'esprit , ils dirent entre eux , mais cette somme de 700 liv. sterl. (16,261 fr. ) qui est à prendre dans
Tilly ne se trouverait-elle pas par hasard en papier dans un des volumes de la bibliothèque? Peutêtre que le nom de Tauteur de Fou vrage commence par Till. Ils se rappellent y avoir vu les Sermons de Tillotson; ils courent chez le libraire et lui demandent s'il a encore ce volume ( in-foL). « Oui , répond-il, mais c'est bien par hasard; je Favais vendu et envoyé à une personne qui demeure en province; n'ayant pas été contentede l'exemplaire, elle me l'a renvoyé, il est fort à votre service. » On fait prix, et ces Messieurs emportent l'ouvrage. Arrivé au logis, on parcourt page par page le volume, et on y trouve en billets de banque la somme bien complète des 700 liv. sterl. Ces Messieurs s'empressèrent de remettre aux légataires le surplus de la portion qui leur revenait d'après l'intention du testateur.
TESTAMENT DE BAKHUYSEN.
Bakhuysen, né à Emdem en i63i , et mort à Amsterdam en 1 709 , était grand peintre , habile graveur et bon poëte^; il parait qu'il avait de la gaîté dans le caractère, et que cette gaîté ne l'abandonna pas même dans sa vieillesse, quoiqu'atteint d'une maladie longue et douloureuse. Sentant sa fin approcher , il fit acheter le nnieilleur vin que l'on put trouver, le fit mettre en bouteilles et le scella de son cachet. Ensuite il fit mettre dans une bourse autant de pièces d'or qu!il avait vécu d'années, c'est-à-dire, 78 ; puis
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il fit son testament, par lequel il invita ses amis à son enterrement .( la liste y était jointe ) , et il les pria de dépenser avec joie l'argent qu'il leur laissait, et de boire son vin d'aussi bon cœur qu'il le leur avait destiné. 11 avait sans doute fait préparer les bouteilles en question , conformément à un usage établi, dit-on, à Amsterdam, et qui consiste â présenter un verre de vin à ceux qui sont priés d'assister à un enterrement. Un autre peintre hollandais , nommé Martin Heimskerk , laissa par son testament une somme destinée à marier tous les ans une fille du village d'où il était ,,à condition que, le jour des noces, le marié et la mariée viendraient danser avec les conviés sur sa fosse. Cela s'est exécuté , dit-on , ponctuellement, tant que la foùdation a existé. C'est Gui Patin qui raconte cette anecdote, arrivée vers 1662.
TESTAMENT DE FENELON.
François de Salignac de la Mothe-Fénélon , naquit au château de Fénélon en Quercy, le 6 août i65i. Ses études furent une suite de progrès rapides, même dans les parties les plus difficiles; et dès sa plus tendre jeunesse, des inclinations heureuses, un caractère aimable, un naturel doux, joint à une grande vivacité d'esprit, présagèrent ses vertus et ses talens. En 1675, il entra dans les ordres sacrés ; en 1689, Louis XIV lui confia l'éducation de ses petits-
fils, les ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry. En 1693, îl est re^ à lacadémie française en place de Pelîsson ; il fut nommé en 1696 à Tarchevêché de Cambray. En 1697, il publia son Explication des Maximes des Saints^ 1 vol. in- 12 5 qui fut condamnée en 1699 par le pape Innocent XII, condamnation â laquelle Fénélon souscrivit sans réserve et sans restriction. Dès le mois d'août 1697, Louis XIV Tavait exilé dana son diocèse à Cambray. Il fait son testament le 5 mai 1705. Enfin il termine à CamWray, lé 7 janvier 1716, une carrière qui avait été un peu orageuse, mais qui ne lui a pas moins valu lestime et Fadmiration de son siècle et de la postérité, soit comme modèle de toutes les vertus cj^rétiennes , soit comme auteur d'ouvrages qui tiennent l'un des premiers rangs parmi les classiques français.
Le duc de Saint-Simon nous a laissé le portrait suivant de Fénélon. « C'était un grand homme, » maigre, bien fait , avec un grand nez, des yeux » dont le feu et l'esprit sortaient comme un tor- » rent , et une physionomie telle que je n'en ai » jamais vu qui y ressemblât, et qui ne pouvait » s'oublier quand on ne l'aurait vue qu'une fois. » Elle rassemblait tout, et les contraires ne s'y » combattaient point. Elle avait de la gravité et » de l'agrément, du sérieux et de la gaîté. Elle » sentait également le docteur, l'évêque et le » grand seigneur. Tout ce qui y surnageait, ainsi » que dans toute sa personne , c'était la finesse , » l'esprit, les grâces, la décence et surtout la » noblesse. Il fallait faire effort pour cesser de le
» regarder. Tousses portraits sont parlans , sans » toutefois avoir pu attraper la justesse de Thar- » monie qui frappait dans l'original , et la délica- » tesse de chaque caractère que ce visage rassem-
* biait. Ses manières y répondaient dans la même » proportion, avec une aisance qui en donnait
* aux autres , et cet air et ce bon goût qu'on ne » tient que de l'usage de la meilleure compagnie » et du grand monde , qui se trouvait répandu de » soi-même dans toutes ses conversations. »
Nous allons rapporter les dispositions les plus importantes du testament de Fénéloa, d'après M. de Bausset. « Elles montrent , dit ce respectable cardinal , toute son ame et tous ses principes. On y observe sa constante occupation à • justifier la pureté de ses intentions et à constater l'étendue de sa soumission sans bornes , au jugement prononcé contre son livre {des Maximes des Saints), Ce testament porte d'ailleurs un caractère de modestie et de simplicité qui fait encore mieux connaître l'ame de Fénélon, que tant d'ouvrages qui ont honoré sa mémoire. Ses réflexions sur la modestie qui doit accompagner les funérailles des évêques ; ses maximes sur l'emploi des biens ecclésiastiques ; la tendre aflection avec laquelle il s'exprime sur l'abbé de Langeron, et sur les amis vertueux qui préférèrent la gloire de partager ses malheurs et sa disgrâce , à tous les avantages de la fortune et de l'ambition , ajoutent je ne sais quelle onclîon à l'intérêt qu'inspirent toujours les dernières paroles des mourans.
C'est la voix de la religion, de la vertu et de l'amitié , qui se fait entendre du fond du tom-
beau pour parler à tous les cœurs sensibles et religieux. » Voici ce qu'il y a de plus remarquable dans le testament de Fénélon , fait neuf ans et demi ayant sa mort :
« Quoique ma santé soit en Fétat où elle est » d'ordinaire, je dois me préparer à la mort. » C'est dans cette vue que je fais et j'écris de ma » propre main le présent testament, révoquant » et annulant par celui-ci tout autre testament » antérieur.
» I. Je déclare que je veux mourir entre les » bras de l'église . catholique , apostolique et » romaine, ma mère. Dieu qui lit dans les cœurs » et qui me jugera , sait qu'il n'y a aucun mo- » ment de ma vie où je n'aie conservé pour elle » une soumission et une docilité de petit enfant , » et que je n'ai jamais eu aucune des erreurs » qu'on a voulu m'imputer. Quand j'écrivis le » livre intitulé Explication des Maximes des Saints^ » je ne songeais qu'à séparer les véritables ex- * périences des saints , approuvées de toute » l'église , d'avec les illusions des faux mystiques , » pour justifier les uns et pour rejeter les » autres. Je ne fis cet ouvrage que par le conseil » des personnes les plus opposées à l'illusion, » et je ne le fis imprimer qu'après qu'ils l'eu- » rent examiné. Comme cet ouvrage fut imprimé » en mon absence, on y mit les termes de trouble » involontaire y par rapport à Jésus-Christ, les- » quels n'étaient point dans le corps de mon » texte original, comme certains témoins ocu- ») laires d'un très-grand mérite l'ont certifié , et » qui avaient été mis à la marge, seulement
» pour marquer une petite addition , qu'on me » conseillait de faire en cet endroit-là, pour une » plus grande précaution* D'ailleurs , il me sem- » blait , sur l'avis des examinateurs , que les » correctifs inculqués dans toutes les pages de ce » petit livre, écartaient avec évidence tous les » sens faux ou dangereux. C'est suivant ces » correctifs que j*ai voulu soutenir et justifier » ce livre , pendant qu'il m'a été libre de le faire ; » mais )e n'ai jamais voulu favoriser aucune des » erreurs en question, ni flatter aucune per- » sonne que je connusse en être prévenue. Dès » que le pape Innocent Xll a eu condamné cet » ouvrage , j'ai adhéré à ce jugement du fond de * mon cœur et sans restriction , comme j'avais » promis de le faire. Depuis le moment de la » condamnation , je n'ai jamais dit un seul mot » pour justifier ce livre. Je n'ai songé à ceux » qui l'avaient attaqué que pour prier avec un » zèle sincère pour eux , et que pour demeurer » uni à eux dans la charité fraternelle.
» II. Je soumets à l'église universelle et au I» siège apostolique, tous les écrits que j'ai faits, » et je condamne tout ce qui pourrait m'avoir » échappé au-delà des véritables bornes ; mais » on ne doit m'attribuer aucun des écrits que » l'on pourrait -faire imprimer sous mon nom : » je ne reconnais que ceux qui auront été im- » primés par mes soins , et reconnus par moi » pendant ma vie. Les autres pourraient, ou » n'être pas de moi, ou m'être attribués sans » fondement , ou être mêlés avec d'autres écrits » étrangers, ou être altérés jpar des copistes. A
» Dieu ne plaise que je prenne ces précautions » par une vaille délicatesse pour ma personne. » Je crois seulement devoir au caractère épisco- * pal dont Dieu a permis que je fusse honoré , » qu'on ne m'impute aucune erreur contre la » foi , ni aucun ouvrage suspect. »
III. Cet article ne renferme que des legs et des récompenses à ses domestiques,
t IV. Je souhaite que mon enterrement se » fasse dans Téglise métropolitaine de Cambray, » en la manière la plus simple et avec le moins » de dépense qu'il se pourra. Ce n'est point un » discours modeste que je fais ici pour la forme ; » c'est que je crois que les fonds que l'on pourrait » employer à des funérailles moins simples , doi- » vent être réservés pour des usages plus utiles, et » que la modestie des funérailles des évêques doit » apprendre aux laïques à modérer les vaines » dépenses qu'on fait dans les leurs.
» V. Je nomme et constitue pour mon hérî- » tier universel, Léon de Baumont mon neveu, » fils d'une de mes sœurs , en qui j'ai reconnu » dès son enfance des sentimens dignes d'une » singulière amitié, et qui n'a j'amais cessé pen- » dant tant d'années, d'être pour moi comme » le meilleur des fils pour son père. Je ne lui » marque rien , et je laisse tout à sa dévotion , » parce que je suis persuadé qu'il fera , de concert » avec mes deux exécuteurs testamentaires, le » meilleur usage qu'il pourra de ce qu'il trou- » vera de liquide dans ma succession.
» VI. Je nomme pour exécuteur dû présent » testament , M. l'abbé de Ghanterac , mon
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9 parent , qui a été mon conseil dans ce diocèse , » qui m'a témoigné une amitié â toute épreuve , » et pour qui j ai une grande vénération. Je » dénommé aussi M. Tabbé de Langeron, ami » précieux, que Dieu m'a donné dès notre pre- » mière jeunesse , et qui m'a fait une des plus » grandes consolations de nàa vie. J'espère que » ces deux amis si chrétiens , ne refuseront pas » leurs soins et leurs conseils à mon héritier. » VIL Quoique j'aime tendrement ma famille, » et que je n'oublie pas le mauvais état de ses » afiaires, je rie crois pourtant pas devoir lui » laisser ma succession. Les biens ecclésiastiques > ne sont pas destinés aux besoins des familles , et 9 ils ne doivent point sortir des personnes atta-- » chées à l'église. J'espère que Dieu bénira les deux » neveux que j'ai élevés auprès de moi , et que » j'aime avec tendresse, à cause des principes de » probité et de religion dans lesquels ils me pa- » raissent s'affermir. »
Signé Fr. arghev. dçc de Cambrât.
Fait ▲ Cambrât, jle 5 biai i^oS.
Tel est le testament de Fénélon. La beauté et la candeur de son ame s'y peignent comme dans tous ses autres ouvrages ; cependant il y a quelque chose de plus touchant , surtout quand il parle de ceux qui l'ont attaqué ( il aurait pu dire persécuté ) au sujet de son livre condamné.
Nous aurions désiré faire précéder le testament de Fénélon , de celui de Bossuet ; car les noms de ces deux grands hommes sont aussi inséparables ( littérairement parlant ) , que ceux d'Ho-
mère et de Virgile, de Démosthène et de Cicéron, de Corneille et de Racine ; mais nous n'avons que peu de renseîgnemens sur les dernières dispositions de Bossuet. Nous savons seulement que le ^4 août 1 7o3 , cet illustre prélat ( qui depuis longtemps souffrait de la pierre ) , tomba dangereusement malade et même perdit connaissance. Le J27 août, souffrant un peu moins , il se confessa auprès de M. Hébert, curé de Versailles,qui, aussitôt après sa confession , écrivit son testament sous sa dictée. 11 y avait alors dans sa chambre labbé Ledieu, labbé Bossuet et M.
de Chazot ses neveux. Le testateur dit à Tabbé Ledieu : « Le monde fera bien des discours , mais ce qui aura été écrit demeurera. — Nous exécuterons. Monsieur, répliqua Tabbé Bossuet, tout ce que vous ordonnerez ; vous pouvez être en repos et vous fier à nous. Nous ne souffrirons pas que votre réputation reçoive la moindre atteinte (1). »
La maladie n'ayant fait qu'empirer pendant
(1) Ceci a rapport à quelques dettes qu'avait Bossuet. Au moment de sa mort, on affecta de répandre dans Paris et à la cour, qu'il laissait des dettes immenses. Selon les uns, c'était aoo,ooo liv., selon d'autres, 3oo, 400 et même 5oo,ooo liv. Rien n'était plus faux. La seule dette qu'il avait, était 18,000 liv. à mettre en fonds au profit de l'évéché de Meaux ; et pour l'acquitter , il avait destiné pareille somme à prendre sur les arrérages qui lui étaient dus de ses pensions. Le reste n'était rien , et l'abbé Bossuet légataire universel s'était chargé de tout. Cet abbé ayant parlé au roi pour justifier son oncle , le roi lui promit d'en parler devant toute la cour.
sept à huit mois, Bossuet mourut le samedi 12 avril 1704? à quatre heures et demie du matin. L'abbé de Saint-André lui ferma les yeux en disant: « Mon Dieu , que de lumières éteintes ! et quel » brillant flambeau de moins en votre église ! »
Le soir du jour même de sa mort (1), on ouvrit son testament. Voici tout ce qu'en dit M. de fiausset : « Par ce testament Bossuet demandait » à être enterré dans sa cathédrale, auprès de » l'autel , du eôté de l'épître , aux pieds de ses » deux prédécesseurs, et qu'on célébrât cinq » cents messes pour le repos de son ame , immé- » diatement après sa mort. » Le reste de son testament ne renfermait qu'une disposition générale , «par laquelle il instituait Tabbé Bossuet son » légataire universel, priant ses autres neveux » de l'avoir pour agréable. 11 le nommait égale- 1^ ment son exécuteur testamentaire , lui recom- » mandant d'avoir soin de ses domestiques et de » les récompenser à proportion de leurs services. »■
Voilà tout ce que nous connaissons du testament de Bossuet. Son corps fut présenté à l'église de Saint-Roch , le dimanche i3 avril , à huit heures du soir; et, le mercredi 16, il fut transféré
(1) Dans raprès-mîdî de ce four, on fît l'ouverture du corps en présence de Winslou. On y trouva une pierre grosse comme un œuf. Le vésicule du foie était pétrifîé , mais ce dernier accident était, ^lon Tournefort, absolument étranger à sa mort, qui ne devait être attribuée qu'à la présence et au volume de la pierre. Le corps fut trouvé entièrement sain dans toutes les autres parties ; et après avoir été embaumé ^ il fut déposé dans un cer«^ cueil de plomb..
3qo testament
à Meaux avec toute la pompe convenable. Le cortège funèbre s'arrêta à Claye, et on y célébra la messe. Aux approches de Meaux , un peuple immense accourut au-devant des précieux restes de son ancien pasteur. Au milieu du silence qui régnait parmi cette multitude triste et éplorée , on entendait des voix qui se répétaient mutuellement, dans ce langage simple et naïf qui est toujours Texpression du sentiment et de la vérité : C'est grand dommage qu'un si grand homme