‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 84 sur 96 · SOIT MORT · texte numérisé non relu

SOIT MORT

Jacques-Bénigne Bossuet était né à Dijon le 27 septembre 1627 ; il reçut Tordre dje prêtrise et le bonnet de docteur en i652 ; Févéché de Gondom lui fut conféré en 1669. Le roi, en 1670, le nomme précepteur du Dauphin ; il se démet de son évêché, et le foi lui donne le prieuré de Duplessis-Grimaux et labbaye de Saint-Lucien de Beauvais. 11 est reçu à l'académie française le 8 juin 1671, en place de M. Hay du Châtelet.

L'éducation du Dauphin étant finie en 1681 , le roi, pour récompenser Bossuet, le nomme à l'évêché de Meaux. En 1682 , il rédige la fameuse déclaration du clergé, dans l'assemblée des évêques qui eut lieu à Paris. Enfin il meurt le 12 avril 1704. Sa carrière a été de 76 ans 6 mois et 16 jours ; et jamais carrière n'a été plus pleine et plus glorieuse.

Tout le monde connaît le superbe tableau (1)

(1) Le Musée de Dijon est enrichi d'une copie de ce tableau , exécutée dans la dimension de l'original , par M, Carhillet fils, jeune peintre^ qui en a fait hommage à la ville de Dijon en i835.

DE FÉNÉLON. SQI

OÙ Rigaud, en 1702, a peint Bossuet en pied, dans rhabit de chœur d'hiver des chanoines de Meaux. La ressemblance est frappante. Rigaud fit lui-même graver ce portrait ( le buste seulement ) par Ëdelinck , sous le format in-4-* L'abbé Bossuet acheta en 1705 la planche de cette gravure pour le prix de 2S0 livres, qu'il paya à Rigaud, libraire, frère du peintre. 11 la destina à servir de frontispice aux Œuvres post^ humes de son oncle. Mais, plusieurs années après, il traita avec le fameux Drevet , qui se chargea de reproduire ce beau portrait dans toute sa magnificence. Il le grava en 1723 ( étant âgé de 26 ans). Bossuet y est représenté debout et en pied , dans son cabinet, comme dans le tableau. Cette belle gravure ( dont les points placés après le nom du peintre , indiquent chaque cent de tirage ) , est magnifique , et on la porte à un trèshaut prix , surtout pour les épreuves de premier tirage , c'est-à-dire sans les points. Une adroite supercherie les fait quelquefois disparaître ; c'est ce dont il faut se méfier. Une belle épreuve a été vendue 1 1 5 fr. à la vente du riche cabinet d'estampes de M. le comte Rigal , en 1817. Son prix serait beaucoup plus élevé aujourd'hui.

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