XXXI. Trente selles garnies de perles
Il est à remarquer que ceci n'est qu'un extrait de l'inventaire , où l'on n'a voulu indiquer que les objets les plus précieux. On y a passé sous silence les esclaves, les chevaux, les chameaux, les armures, etc. L'argent monnayé a été si considérable qu'on n'a pu en estimer la valeur, outre les articles ci-dessus de XVII à XXI. La majeure partie de ces trésors a été acquise pendant les guerres de la Porte contre l'Autriche, la Perse et Venise. Ne les a-t-on pas beaucoup exagérés?
Pour rentrer un peu dans notre sujet sans quitter l'Orient, disons un mot des dernières dispositions du célèbre Saladin, qui, né en 1 156, est mort en 1 1 gS , après avoir rempli l'Asie et l'Europe de son nom. Sultan d'Egypte, il conquit la Syrie, l'Arabie, la Perse, la Mésopotamie, et s'empara de Jérusalem (en 1 187 ). On peut juger par ses conquêtes de l'immensité de ses richesses ; cependant en mourant il prouva que personne ne
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connaissait plus que lui la vanité des grandeurs et des biens de ce monde. 11 ordonna d'abord, par son testament, que Ton distribuât des sommes considérables aux musulmans, aux juifs et aux chrétiens , pour que les prêtres des trois religions implorassent la miséricorde de Dieu pour lui; ensuite il prescrivit de porter au bout d'une pique la chemise ou la tunique qu'il aurait en mourant; qu'on la promenât dans tout le camp et à la tête de son armée, et que celui qui la porterait criât d'espace en espace : « Voici tout ce qui reste du » puissant empereur Saladin : de tous les états » qu'il a conquis, de toutes les provinces qu'il a » subjuguées, des trésors immenses, de toutes 9 les richesses qu'il a possédées , il ne lui est resté » en mourant que ce linceul. »
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NOTE
(A) Walter Scot, dans son roman à'*Ivanhoéy a peint . les juifs d'après nature dans le rôle d'Isaac d'York; et cet Isaac eût été homme à se faire traiter comme notre juif de Bristol. Un autre tableau des juifs se trouve dans un mémoire que le prince de Ligne a rédigé sur cette nation et dans lequel il indique les moyens de Ifi tirer de l'état d'abjection où elle est. Ce tableau nous a paru assez piquant, et quoique la citation soit un peu longue, nous l'insérerons ici pour faire diversion à la monotonie de nos testamens singuliers. Yoici le portrait que trace le prince de Ligne, des juifs qui tiennent le milieu entre les riches et les déguenillés de ce peuple tristement cosmopolite :
« Toujours suans à force de courir les places publiques, les cabarets pour y vendre; presque tous bossus, une
barbe rousse ou noire et toujours crasseuse ; teint livide, brèche-dents , nez long et de travers , le regard craintif et incertain; tète branlante; cheveux crépus, épouvantables ; genoux picotés de rouge et découverts ; pieds longs et en dedans, les yeux caves; menton long, effîlé; bas noirs troués et tombant sur leurs jambes desséchées; chapeau jaune à Avignon, manche jaune à Prague, bonnets de grenadier en Pologne, ailleurs bonnets de poil sous un grand vieux feutre percé et rabattu, ou petit chapeau pointu, la pointe en Taîr.... Voilà comme sont en Europe dix millions d'hébreux. Le degré d'avilissement où les gouvf^nemens les laissent, la pauvreté dont ils ne peuvent pasSurtir, leur mauvaise nourriture , le mauvais air de leurs synagogues et de leurs rues , perpétuent ces figures et ce costume; et on peut dire encore : Jacob genuit Isaac semblable à lui. Les enfans de Juda , qui ont plutôt Tair des enfans de Judas, ont certainement Tair réprouvé, et plein de foi pour les prophéties, je suis convaincu qu'ils doivent l'avoir; mais ils l'auraient moins si, outre qu'ils sont réprouvés de Dieu, ils ne l'étaient pas des pays mêmes où ils sont soufferts. C'est ce qui les rend trompeurs, peureux, menteurs et bas. Ces quatre sentimens marqués sur leurs figuresr, ne les embellissent pas. Ils ne sont ni voleurs, ni assassins, ni médians. Donnez-leur un élat ou un bon asile, et ils cesseront d'être ce que j'ai dit qu'ils sont b
Plus loin, M. le prince de Ligne ajoute : a Les juifs ont des espèces de vertus ; jamais ivres , toujours obéissans , exacts et prévenant les ordonnances , sujets fidèles aux souverains au milieu des révoltes , et jamais en colère; unis entre eux, quelquefois hospitaliers, et les riches aident leurs pauvres. Ils ne sont méchans qu'en Pologne , où , pour se venger des humiliations, ils abusent de l'autorité qu'on leur donne mal à propos dans les villages. Qu'ils soient heureux et considérés, ils seront bons. Comment peuvent-ils l'être avec leur habit et leur figure? On changerait celle-ci en changeant celui-là. »
Voici encore un passage qui a rapport aux juifs et qui nous conduit au portrait de leurs femmes:
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« C'est en qualité de persécutés qu'ils ont cet air paresseux qui les fait baguenauder dans une rue pour chercher une commission à faire , ou gagner six kreuzers en vendant quelque chose d'un paquet sale qu'ils portent sous le bras, encore après avoir fait cent révérences inutiles.
» Voyez 5 malgré cela , la beauté de leurs femmes et de leurs filles échappées à la misère ou couvertes de haillons. On croit être bon chrétien en disant : elles ont de beaux yeux , mais elles ont l'air )uif. C'est le genre de la beauté des Grecques , avec un peu plus de dureté peut-êtr^, et moins de cette charmante volupté moelleuse. Tovites ces figures orientales sont -«u-dessus de celles de notre triste et vulgaire occident , qui est ce qu'il y a de moins piquant. Cette dureté dans les yeux et les traits , tient à celle de leurs principes. Elles sont extrêmement sages et décentes , même au milieu des nations qui le sont le moins. Leur religion , leurs usages et la triste vie qu'elles mènent, les éloignent de la galanterie; de même que les préjugés sévères de leur législature, et surtout la manière de se coîfier sans montrer leurs cheveux , les préservent de la coquetterie. En a>t>on jamais rencontrées dans les lieux de débauche? On en voit , un carton à la main , avec des échantillons i entrer quelquefois dans une maison où le libertinage , même à prix d'argent , échoue devant leurs principes. Rendues à la société par la classe des citoyennes où leurs t^lens les placeraient, elles y seraient sans doute aussi agréables qu'utiles , vêtues avec grâce , comme les anciennes filles de Juda, que nous voyons dans les chœurs d'Athalie; elles se feraient chrétiennes, s'il le fallait, pour plaire aux chrétiens qui en seraient amoureux , et remonteraient toutes les races , au lieu d'abrutir et d'enlaidir la leur, t
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