INTRODUCTION
Il semble, à l'heure actuelle, que la césarienne soit proche de la perfection chirurgicale. En effet, le pronostic maternel est’ maintenant ramené à celui des opérations simples et bien réglées, appendicite ou hernie. Même dans les cas impurs, grâce à la pénicillothérapie, ce pronostic est encore très favorable.
Tout au contraire ‘est le, pronostic fœtal. Il re semble pas avoir évolué parallèlement au pronostic-maternel. Pour établir ce pronostic, nous nous sommes efforcés :
1°'De rechercher ce qu'étaient devenus les enfants nés par césarienne à la clinique Baudelocque, dans le service du professeur Lévy- Solal, en 1947;
2° De savoir de quoi étaient morts ces enfants.
Il s’agit là, en effet, d’un fait en apparence paradoxal, car les enfants nés par césarienne n'ont eu à subir qu'un minimum de traumatisme obstétrical.
Nous nous sommes donc demandé si cette importante mortalité ne pouvait pas être imputée à l’anesthésie employée, et nous avons établi cette statistique en fonction de l’'anesthésique utilisé. L’anesthésie générale peut, en effet, retentir sur le fœtus de deux façons : 1° en tant que toxique; 2° en tant qu'anesthésique. L’enfant naissant endormi, on est obligé de recourir à un cerlain nombre de manœuvres classiques pour le ranimer. Trop souvent nécessaires, elles sont particulièrement néfastes pour le fœtus. Elles l’exposent au traumatisme, au froid, à l'infection. Tous ces dangers ne sont pas sans retentissement ultérieur fâcheux pour le nouveuu-né.
Dans nos statistiques, nous avons seulement retenu les cas vértfiés par nous-même. C’est ainsi que sur les 116 césariennes pratiquées en 1947, 99 cas seuls ont répondu à notre appel.
Après l'historique de celle opération, nous ferons une rapide
étude physiologique des divers modes d’anesthéste employés pour la pratiquer. Grâce aux observations recueillies, nous exposerons la mortalité infantile à la naissance et dans les suites proches. Nous essayerons alors de choisir l’anesthésie qui offre le plus de sécurité pour la vie de l'enfant.