CRITIQUE DES RESULTATS
A ces résultats, on peut objecter entre autres choses :
a) La technique fut insuffisante. Mais les manipulations faites comme nous l’avons décrit, nous ont permis d'éliminer les causes d’erreurs habituelles. Avant de faire des recherches en série nous nous sommes longuement essayés à leur mise au point.
Nous n’avons jamais trouvé d'erreurs dans nos examens témoins. |
Jamais les résultats des réactions en série sur les urines d’un même sujet ne nous ont paru illogiques.
Nous avons fait sur un même sujet la preuve de la grande différence d’élimination d’un sel soluble et d’un sel insoluble. Nous avons, en définitive, toujours fini par retrouver du bismuth après injection d’un sel quelconque.
b) L’élimination a pu se faire par une autre voie que le rein. Seule une lésion bilatérale à laquelle nous ne pouvons pas songer, permettrait de l’expliquer. Dans ce cas, d’ailleurs, l’élimination n’aurait aucune raison d’apparaître tardivement.
c) Quelques séries d'expériences, souvent une seule, ne peuvent pas, pour un sel donné, permettre
une conclusion d’ordre général. Sans doute, et nous ? » » \ n'avons pas celte prétention.
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Il n’en n’est pas moins vrai : qu’il existe une grosse
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différence d’élimination entre les sels solubles et tous les sels insolubles — même les moins stables — que nous avons employés. D’autre part, les résultats trouvés — ên admettant qu’ils ne soient pas la règle -— restent vrais pour certains cas; par conséquent leurs déductions thérapeutiques gardent leur valeur.
d} La sensibilité du réactif employé est insuffisante.
l'est possible qu’un procédé plus sensible permette un jour de trouver des éliminations infinitésimales.
Mais le réactif d’Aubry que nous avons employé a servi également à la plupart des recherches opérées z 4 À Le 4 avant les nôtres : la comparaison des résultats obtenus
n’en a que plus d’iñtérêt.
- C’est qu’en effet, ces résultats diffèrent très nettement. Si pour l’élimination des sels solubles, nous nous sommes bornés à préciser la rapidité et le rythme d'élimination;
Si pour l'élimination du bismuth après ingestion,
nous confirmons les recherches récentes:
Par contre, nos résultats sur l’élimination des sels insolubles nous paraissent très différents de ce que
nous avons lu jusqu'alors.
On s’accorde, en effet, à écrire que le métal des composés insolubles est décelable dans l’urine dès le lendemain de l'injection, quelquefois mème dès la 12° heure. Non seulement nous n’en avons. jamais trouvé si tôt mais nous pouvons dire : Les sels:
vs
CPI
insolubles peuvent ne s’éliminer d’une façon décelable dans l'urine que tardivement; quelquefois même après plusieurs injections d’une .quaniité totale de bismuth métal dépassant un gramme et il semble que la quantité injectée n’influence pas l’élimination.
Ces résultats contradictoires ne sont pas pour nous étonner : jusqu'alors, on considérait le bismuth comme décelable dans le liquide céphalo-rachidien au cours du traitement. à
MM. Jeanselme, Delalande et Terris, dans un travail récent, prouvent qu’ils n’en ont jamais trouvé, malgré des recherches très nombreuses.
DEDUCTIONS THERAPEUTIQUES
Bien entendu, nous n’apportons ici qu’une très modeste contribution à la mise au point de l’emploi du bismuth dans le traitement de la syphilis.
Il va sans dire que l’étude expérimentale, mais surtout les résultats cliniques et sérologiques obtenus jusqu'ici, justifient d’abord la marche à suivre dans les multiples aspects de la maladie.
Au seul point de vue de l'élimination par l'urine :
Les sels solubles, étant donnée leur toxicité, doivent être employés à dose plus faible que les sels insolubles (5 cgr. par exemple). Mais les injections devront être
rapprochées, sous peine — l'élimination étant très rapide — de n’administrer le médicament que par à-coups.
Les injections intra-veineuses devront être renouvelées tous les deux jours sans crainte d’accumulation et sans crainte, par là même, d'accidents toxiques graves, si les doses injectées sont faibles.
Les injections intra-musculaires pourront . être plus espacées et n'être faites que tous les quatre ou cinq jours. Les doses employées peuvent être le double des injections intra-veineuses.
Il ne faut pas oublier que les sels solubles ne «tiennent » pas; ils pourront être administrés pendant longtemps, mais devront être suivis d’injections de composés insolubles beaucoup plus stables.
QG
Les sels insolubles peuvent — avons-nous montré — ne s’éliminer que tardivement .Ce caractère remarquable de fixité les rend précieux pour les traitements de fond. D'autant plus que leur élimination pouvant persister pendant plusieurs semaines après la série d’injections permet un traitement espacé et facile.
Il semble même, d’après nos recherches, que les ‘injections peuvent être réduites à une par semaine et que la quantité de métal injectée hebdomadairement ne doive pas être trop élevée pour cela.
L’élimination tardive des sels insolubles est, en effet, un facteur d’accumulation. Elle explique parfaitement les cas observés des stomatites graves à la fin d’un traitement ou même plusieurs jours après.
L’idéal serait peut-être de faire des injections espacées : hebdomadaires, décadaires ou plus encore.
Nous voulons dire, en effet, que : la solubilisation des sels insolubles et par suite leur élimination paraissent dues à des causes inhérentes à l’organisme du malade, mais surtout à la stabilité du sel employé. L’accumulation par suite d’injections répétées ou de teneur élevée ne paraît pas augmenter la rapidité de transformation du bismuth et semble, au contraire, prédisposer aux accidents toxiques par suite d’une solubilisation soudaine et massive.
Ceci nous amène à parler du traitement d’attaque : par les sels insolubles,.
Des observations très nombreuses en vantent l’efficacité ; nous ne saurions les méconnaître.