‹ Choix des Composés bismuthiques dans le Traitement de la SyphilisChapitre 5 sur 25 · INTERET DE L’ELIMINATION DU BISMUTH DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILES · texte numérisé non relu

INTERET DE L’ELIMINATION DU BISMUTH DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILES

Tous les sels présentés sont d’ailleurs accompagnés des résultats d’une expérimentation animale et humaine qui en vante les parfaites qualités.

Il n’était jusqu'alors que les sels solubles dont la toxicité avait paru trop élevée pour permettre leur emploi habituel.

Mais des auteurs récents considèrent — peut-être avec raison — que cette toxicité est toute relative : il suffit. d'employer des doses suffisamment faibles pour : ne pas observer d’accidents, l’action thérapeutique restant la même. |

L'’expérimentation sur la spirillose des poules serait même en faveur des composés solubles, quant à la rapidité d’action.

En somme, au double point de vue expérimental et clinique, tous les composés bismuthiques employés actuellement se valent à peu près. |

Cette action du bismuth, on la constate; on l’expli-

que mal.

Dalché et Villejean, Levaditi considèrent que, introduit dans l’organisme, le métal des composés bismuthés injectés peut contracter avec les matières protéiques une combinaison soluble dans un excès d’albumine. De cette façon, une absorption lente,

mais continue de bismuth peut se produire.

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Ce serait la forme organique active du bismuth, quelque soit la forme sous laquelle il ait été injecté.

Mais sous quelles influences le métal se libère-t-il du complexe injecté ? Pour quelles raisons se transforme-t-il en bismuth organique ? Combien de temps après l'introduction dans l’organisme, et avec quelle rapidité s'opère cette assimilation ?

On l’ignore presque complètement.

On sait que le bismuth se fixe dans la plupart des viscères : sous forme métallique ou organique ? On ne pourrait le dire.

On sait aussi qu'il s’élimine par plusieurs voies : le rein, les glandes salivaires, le tube digestif; on en a retrouvé également dans la bile et la sueur. Et cette élimination est, à vrai dire, le seul moyen de contrôle indirect de la transformation du bismuth dans l’économie.

C’est le seul témoin — avec la recherche directe dans le sang, qui n’est pas pratiquable couramment — de son passage dans la grande circulation.

L'étude du rythme de l'élimination permet de mesurer indirectement le rythme de l’inhibition de l’organisme par le produit injecté et de régler les injections de façon à obtenir l’imprégnation continue, tout en évitant l’aceumulation,

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ETAT ACTUEL DE LA QUESTION DE L’ELIMINATION URINAIRE DES SELS DE BISMUTH

Par le tube digestif, le bismuth s’élimine surtout au niveau du gros intestin — et selon Pautrier — à l’état d’indoxylsulfate. Par les glandes salivaires — et cette voie d'élimination est connue depuis les expériences de Dubinski — c’est à l’état de sulfocyanate que s’échapperait ce métal.

Enfin par la voie rénale, le bismuth apparaîtrait dans l’urine sous forme de phénylsulfate qui secondairement se change en sulfure de bismuth.

Quoiqu'il en soit, c’est l’urine seule qui permet pratiquement les examens en série nécessaires.

C’est pour cette raison — qu'après la plupart des précédents auteurs — nous l’avons utilisée à l’exclusion des autres véhicules d'élimination.

Si l’on recherche les résultats obtenus avant nous dans cette importante question, on constate qu’ils sont peu nombreux, souvent imprécis, et qu’ils se contredisent parfois.

Sans nous étendre sur les affirmations de Bergeret et de Mayencon qui, à l’aide d’un réactif sensible à 1/240.000, considèrent que le sous-nitrate de bismuth ingéré même en une seule.fois à la dose de 0 gr. 50 passe abondamment dans les urines dès le lendemain,

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nous voyons que récemment Bideaux, dans sa thèse, est déjà beaucoup’ moins affirmatif.

Il ne s'occupe que des phénomènes d'intoxication, mais conclut qu'il faut se trouver en présence de causes spéciales pour la provoquer : Doses massives de sous-nitrate, avec lésions du tube digestif et flore

microbienne spéciale.

Plus récemment encore, Georges Bernard dans sa thèse sur l’élimination par l’urine du sous-nitrate de bismuth absorbé par la bouche, donne les résultats suivants : Réaction douteuse après ingestion de 10 grammes de sous-nitrate en une fois. Réaction positive sept heures après ingestion de 50 grammes en une fois. Au cours d’une absorption régulière quotidienne de 3 grammes de sous-nitrate pendant 3 semaines, il aurait constaté le passage du bismuih dans l’urine du 4° jour après la première ingestion jusqu’au lendemain de la cessation de la série d’ingestions. IL. ajoute, lui aussi, que des conditions microbiennes spéciales paraissent influencer l'absorption par la muqueuse digestive:

Enfin M. Milian, en préconisant l'association bismuth-calomel comme antispécifique à prendre par voie buccale, considère le sous-nitrate comme antidiarrhéique et ajoute qu'il n’a jamais pu retrouver de bismuth dans l’urine après usage de ce médicament.

Mais ce sont les injections de sels bismuthés qui

ont surtout provoqué la recherche du métal dans l’urine.

Dalché et Villejean avaient déjà remarqué la teinte noirâtre que prenait quelquefois après leur émission les urines des malades au traitement bismuthé. - Cette teinte était un précipité qui se déposait au fond

du bocal.

Aubry trouve que le dépôt noirâtre était en réalité du sulfure de bismuth. Kt cette constatation l’amena à rechercher systématiquement le bismuth dans les urines d'apparence normale de plusieurs malades en ‘traitement. IL en trouva constamment.

Ce fut le point de départ de la recherche du bismuth aprè$ injection dont voici quelques résultats

MM. Jeanseline, Chevallier et Pomaret déclarent en 1922 à la Société de Dermatologie qu’ils n’ont pas trouvé de bismuth dans l’urine malgré 17 injections bi-quotidiennes de 0 gr. 10 d’un tartro-bismuthate de sodium et de potassium soluble.

Demelin, dans sa thèse, constate qu’il a mis en évidence le bismuth 18 heures après une injection intramusculaire de 0 gr. 20 de citrate de bismuth.

Bianquis, dans sa thèse, trouve que l'élimination après injection intra-veineuse d’un composé soluble (dérivé bismutho-benzoïque sulfité) atteint son maximum 3 à 4 heures après l’injection. Avec l’injection intra-musculaire, l'élimination commence vers la 2° heure, atteint son maximum vers la 12° heure et est encore nette le lendemain.

Spinetta relate que Milian et Cuny ont trouvé, 24 heures après injection d’un composé soluble (éther

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de bismuth en solution aqueuse), que lélimination atteint un 1/9 de la quantité de métal injectée.

Enfin, Pautrier constate que l’élimination urinaire d’un sel soluble (tartro-bismuthate de sodium et de potassium en milieu soufré) est régulière et commence au bout de 4 à 8 heures pour les injections intra-musculaires. Elle est très nette au bout de 2 h. pour les injections intra-veineuses.

Les composés insolubles paraissent avoir sur le sujet qui nous occupe une littérature assez pauvre.

Aubry, avons-nous dit, a trouvé constamment du bismuth dans les urines des malades examinés ; mais il n’a pas écrit la date d’apparition.

Fournier et Guénot à propos du tartro-bismuthate indiquent, après injection de 20 à 30 centigrammes de sel, une élimination apparaissant 18 à 20 heures après la piqûre.

Ils ont retrouvé du métal 25 à 30 jours après la dernière injection d’une série contenant 2 gr. à 2 gr.50 de bismuth. | PME

Demelin constate le bismuth dans l’urine 24 heures : :

après injection d’un composé insoluble,

Milian et Cuny considèrent qu'après 24 heures, 1/25° du métal est éliminé par l'urine.

En somme : recherches peu nombreuses et éparses..

Résultats qu’on ne saurait considérer comme suscepübles par eux-mêmes d’être généraux et définitifs.

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On pourrait ajouter aussi qu'ils s’accordent mal avec certains cas de stomatites graves apparus brutalement à la fin d’un traitement par injections de sels insolubles, ou même plusieurs jours àprès.

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